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Les produits en phase aqueuse difficiles d'emploi

pascale leroy-paulay |  le 28/03/1997  |  Produits et matérielsHygièneSecond œuvreImmobilier

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Sommaire du dossier

  1. Les produits en phase aqueuse difficiles d'emploi
  2. Fascicule pour les techniques non courantes
  3. Revêtements réticulables : concilier souplesse et moindre encrassement
  4. Une peinture chauffante
  5. Rénovation lourde pour une façade dégradée
  6. Durabilité des hydrofuges : expériences française et allemande
  7. Des murs « respirants » grâce aux systèmes à base de siloxane
  8. Une reprise sous conditions !
  9. Une peinture pour PVC sans précouche
  10. La photographie aérienne inspire des peintures à effets de matières
  11. Révolution en douceur pour les peintures
  12. Les industriels de la peinture au défi de l'environnement
  13. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Système en phase aqueuse pour création d'effets
  14. ENDUITS ET PEINTURES DE FACADES Peinture silicate pour anciens fonds minéraux ou organiques
  15. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Peinture acrylique intérieure mate pochée
  16. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Revêtement en huit couleurs tachetées
  17. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Peinture de fond et finition pour locaux humides
  18. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Peinture acrylique mate recouvrable dans la journée
  19. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Enduit naturel à teinter décollable
  20. PREPARATION DES MURS Enduit de rebouchage en poudre à séchage rapide
  21. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Peintures glycérophtaliques en 1 600 teintes
  22. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Lasures satinées incolores ou teintées
  23. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Système décoratif en vingt teintes nuancées
  24. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Lasure opaque pour sols et murs extérieurs en bois
  25. PREPARATION DES MURS Décapant pour bois et métaux peints
  26. ENDUITS ET PEINTURES DE FACADES Système d'imperméabilité de façade classé M1
  27. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Sous-couche à la teinte à fort pouvoir opacifiant
  28. ENDUITS ET PEINTURES DE FACADES Revêtement semi-épais D3 mat velouté
  29. OUTILLAGE Pompe à piston pour application de produits à haute viscosité
  30. PEINTURES, LASURES ET VERNIS Revêtement décoratif poli et ciré

-La maîtrise des composants chimiques ne permet pas toujours d'offrir des performances acceptables. -Les peintures dites « siloxaniques » sont les seules à associer une excellente respirabilité du support avec une imperméabilité extérieure. -La pliolite reste la plus utilisée pour les revêtements de façade car les odeurs de solvants ne limitent pas son usage.

Avec un marché accusé de « retardataire » sur les tendances écologiques et des performances techniques en pleine évolution, la polémique bat son plein sur le choix entre les peintures à l'eau et celles en phase solvant. Difficile de changer les habitudes des applicateurs lorsque les peintures en phase aqueuse possèdent encore des limitations d'emploi.

Ainsi, de nombreux fabricants admettent que la plus grande limitation tient aux conditions d'application. « Pour les façades, ces peintures sont généralement inutilisables en période de gel », précise Roger Kiffer, responsable de la recherche chez Sigma Coatings. Lorsqu'il fait trop chaud, le temps de reprise, dit « temps ouvert », devient trop court, moins de dix minutes pour des peintures entièrement à l'eau. « Les formulations s'enrichissent alors de 0,5 à 15 % de solvants alcooliques lourds, comme le propylène glycol », précise un ingénieur du groupe Lafarge.

Sur les supports poreux ou friables, la peinture à l'eau offre une moins bonne accroche que l'équivalent en solvant. La solution consiste à traiter la façade avec une couche primaire, elle-même en phase solvant ! « Les recherches s'axent sur la mise au point de primaires en phase aqueuse », mentionne alors Roger Kiffer. Sur les supports sains, les fabricants recommandent d'apposer une première couche diluée de 5 à 15 %, qui joue le rôle d'accrochage, avant d'appliquer la seconde couche sans dilution. Le développement en cours vers des émulsions très fines devrait améliorer l'accrochage.

Se pose aussi la question de la durabilité de la peinture. « Globalement, la durabilité est satisfaisante, sauf sur les produits de bas de gamme », mentionne Robert Copé, responsable du service matériaux au CSTB. Ainsi, l'ajout de liants de réticulation sensibles aux ultraviolets permet de prévenir le faïençage.

Des solutions avec les dérivés de silicone

Plus récemment, des réticulants fonctionnant par oxydoréduction ont permis d'améliorer la polymérisation en surface pour diminuer la porosité de la peinture. Toutefois, ces peintures n'offrent pas toujours les qualités d'adhérence recherchées par les applicateurs, et présentent rarement l'aspect très mat recherché pour les façades.

L'évolution des peintures à l'eau passe probablement par les dérivés de silicone avec les peintures dites « siloxaniques ». De formulation complexe, elles semblent néanmoins apporter les atouts déterminants recherchés pour les peintures à l'eau. Ainsi, elles ne posent pas de problème de compatibilité avec les supports à base de silice, et offrent une grande facilité de mise en oeuvre. Leur effet répulsif envers l'eau évite l'encrassement à l'usage. « Ces produits sont les seuls à associer une excellente respirabilité par rapport au support avec une imperméabilité extérieure », précise Guy Monnier, responsable du développement des peintures décoratives chez Rhône-Poulenc.

La longévité de ces produits doit être allongée grâce à la diminution des salissures. La base minérale de ces peintures permet d'obtenir des aspects mats, très appréciés pour la restauration de monuments historiques. Mais, ces produits subissent des contraintes dues aux conditions météorologiques. Et ils coûtent 30 à 50 % plus cher que les peintures traditionnelles. « Compte tenu des coûts de main-d'oeuvre et d'échafaudage, l'effet se limite à une augmentation de 10 % sur le traitement du chantier », précise Roger Kiffer, de Sigma Coatings.

Malgré tout, la pliolite reste la plus utilisée pour les revêtements de façade. Les odeurs de solvants ne limitent pas leur usage comme c'est le cas pour les peintures intérieures. Tant que la législation n'obligera pas à utiliser les peintures à l'eau, les applicateurs risquent de conserver leurs habitudes. En témoigne le faible succès rencontré par la mise en place des normes NF Environnement de l'Afnor.

Des habitudes d'usage

« Les consommateurs regardent le prix, et l'impact de cette norme est faible aujourd'hui », constate Robert Rhome, responsable de laboratoire d'Akzo Nobel. En outre, la norme NF Environnement ne s'applique qu'aux produits grands publics. « Nous commençons à analyser les critères à prendre en compte pour les peintures professionnelles, comme la durabilité », précise Patricia Proia, ingénieur responsable de la marque NF à l'Afnor.

Le succès des peintures à l'eau reste donc un défi à relever. D'autant que des tests de laboratoire auraient révélé des émissions de COV (composés organiques volatils) parfois plus importants pour certaines peintures acryliques aqueuses par rapport à l'équivalent en résine glycérophtalique. Ces résultats restent à confirmer compte tenu des méthodes de calculs parfois divergentes d'un laboratoire à l'autre.

PHOTO : Les peintures en phase aqueuse ont encore contre elle@ des contraintes d'utilisation, notamment météorologiques et leurs prix.

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