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Les producteurs de granulats aquitains s’inquiètent du nouveau terminal portuaire d’importation
Les flux interrégionaux d'approvisionnement en granulats dans le Sud-Ouest - © © Unicem Aquitaine

Les producteurs de granulats aquitains s’inquiètent du nouveau terminal portuaire d’importation

Bertrand Escolin (Bureau Sud-Ouest du Moniteur) |  le 03/07/2014  |  SantéTechniqueEnvironnementGirondeFrance entière

Quelques jours après l’annonce du début des travaux du futur terminal d’importation de granulats de Grattequina, en rive gauche de la Garonne, en aval de Bordeaux, l’Unicem Aquitaine se mobilise avec un message fort : importer des granulats lointains via ce nouveau terminal est un non-sens économique et écologique.

Patrice Gazzarin, président de l’Unicem Aquitaine, explique le point de départ de cette vive réaction des producteurs aquitains de granulats : le Grand Port de Bordeaux a communiqué récemment sur le démarrage du chantier du 7ème terminal portuaire destiné à accueillir notamment des granulats en provenance d’Ecosse et de Norvège. Un investissement de 13,7 millions d’euros, largement financé par les collectivités locales.  "C’est une fausse bonne idée !", affirme Patrice Gazzarin, qui explique "Que le Port veuille développer du chiffre d’affaires, cela se comprend. Mais il faut aussi alerter les pouvoirs publics locaux sur ce soutien paradoxal : ces importations lointaines ne s’inscrivent pas dans la logique de circuit court, ni de la production locale. Faire venir des matériaux pondéreux de l’Ecosse et de la Norvège c’est non-sens écologique. C’est également grave à très court terme du point de vue de l’emploi aquitain. L’activité des entreprises de production de granulats, représentent 3500 emplois directs en aquitaine et 20 000 emplois directs et indirects, dans les transports, la maintenance, la restauration. C’est aussi un non-sens en consommation de carburant de faire venir des granulats de si loin : les importations représentent neuf fois plus de consommation d’énergie fossile que les carrières locales ! ».

Difficultés d'accès à la ressource


Dans un communiqué, l’Unicem Aquitaine précise cette position : « Le soutien financier conséquent apporté par l’Etat, le conseil régional, le conseil général de la Gironde et la communauté urbaine de Bordeaux témoigne d’un double constat :
- Un constat enfin partagé par les acteurs publics sur les difficultés croissantes que rencontrent les industriels pour accéder aux ressources locales et approvisionner dans des conditions satisfaisantes les chantiers locaux, décidés par ces mêmes collectivités.

- Un constat d’échec sur la capacité de ces mêmes acteurs à prévoir dans leurs plans et programmes (documents d’urbanisme, schéma d’infrastructures et de transport, schéma de carrières …) les conditions d’un approvisionnement durable de nos territoires, alors même que les ressources sont disponibles localement.
Conclusion : « sur le plan économique, les exportateurs étrangers se sont alignés sur les prix de marché, mais si on détruit la ressource locale, alors ils seront seuls , et la région Aquitaine sera captive de ce schéma d’approvisionnement. »
Et l’Unicem de s’inquiéter non seulement pour l’activité actuelle mais sur son avenir : les nouvelles carrières sont de plus en plus rares.

« Le syndrome du NIMBY (not in my backyard) se généralise, malgré toutes les actions que nous menons, poursuit Patrice Gazzarin, notamment au regard des enjeux environnementaux. Nous sommes confrontés à une crainte sur l’avenir de notre activité, car les élus locaux peuvent censurer tout dossier grâce au PLU s’il ne prévoit pas cette activité industrielle sur la commune. C’est une solution de facilité pour le maire rural, confronté à sa population qui ne comprend pas pourquoi une petite commune subirait des nuisances au profit de matériaux pour l’agglomération bordelaise. »

L’avenir est sombre

« Aujourd’hui sur la Gironde il y a un gros déficit de matériaux. Depuis 5 ans, quand on analyse des dossiers qui ont débouché sur une nouvelle autorisation de carrières, on observe nettement l’effondrement de nos réserves, car on puise sur nos stocks, qui ne sont pas réalimentés par de nouvelles ouvertures. La réalimentation des stocks de gisement est de l’ordre de 2,5 millions de tonnes par an, alors qu’ on en produit 6 millions de tonnes et qu’on en consomme 9 millions par an. Depuis 5 ans, on puise dans nos stocks tous les ans à raison de 2,5 millions de tonnes par an. Et la production locale va s’éteindre. Au profit des importations. »
D’où ce cri d’alarme auprès des élus locaux : « On ne sent pas notamment le conseil général et le conseil régional prendre la bonne mesure de l’enjeu. Si on peut comprendre les réticences des petits élus ruraux, il est invraisemblable que les élus régionaux et départementaux ne s’occupent pas des projets d’intérêt général. Même s’ils sont également des élus locaux... ».

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