Les producteurs de biocides en campagne réglementaire
Nicolas Marquet, directeur général de l'Union pour la protection des jardins et de l'espace public, craint une pénurie de produits de première nécessité dans la lutte contre les nuisibles. - © Laurent Miguet

Les producteurs de biocides en campagne réglementaire

Laurent Miguet |  le 07/10/2019  |  France entièreJardins

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EV2-Application de produits phytosanitaires
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Les barrières réglementaires qui encadreront la commercialisation des biocides poussent l’Union pour la protection des jardins et des espaces publics à tirer une sonnette d’alarme : « L’accompagnement des jardiniers nécessite un temps de réflexion sans dogmatisme », plaide son directeur général Nicolas Marquet.

Avec la publication prochaine des décrets d’application de l’article 76 de la loi issue des Etats généraux de l’alimentation (Egalim), l’Union pour la protection des jardins et des espaces publics (UPJ) craint un troisième choc juridico-économique en trois ans. Certes, les biocides, visés par ces textes, ne connaîtront pas le sort des produits phytosanitaires, vecteurs des deux précédents épisodes, en 2017 et 2019, années de leur interdiction d’abord dans les espaces publics, puis dans les jardins des particuliers.

Gare aux pénuries !

Mais selon l’UPJ, l’inaccessibilité en libre-service, associée à l’interdiction des ristournes et rabais ainsi qu’à l’obligation de solliciter les conseils d’un professionnel, risque de dissuader les distributeurs de pérenniser une offre de produits indispensables à la lutte contre les nuisibles.
Forte de 26 adhérents qui totalisent 203,3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018, l’organisation prend les français à témoin, à partir d’un sondage réalisé en septembre par Toluna auprès d’un échantillon de 1056 personnes représentatives, selon la méthode des quotas : 48 % des sondés expriment leur inquiétude face à un risque d’interdiction de fait.
« Faudra-t-il faire 30 km pour accéder à des produits de première nécessité ? », interroge Nicolas Marquet. Le directeur général appelle à « l’intégration de la dimension accessibilité » dans les textes à venir.

Conjoncture en berne

Une conjoncture dégradée par le contexte réglementaire pousse la profession à engager la bataille : avant intégration des résultats de ses deux nouveaux adhérents, l’UPJ accuse le choc d’une diminution de 9,2 %  du chiffre d’affaires cumulé de ses membres en 2018. Les jardins dominent l’activité à hauteur de 84 %, devant les espaces publics et l’hygiène professionnelle.
Seuls les paillages et supports de culture tirent leur épingle du jeu à + 4 %, alors que les produits phytosanitaires s’effondrent, à – 25 %, tandis que les engrais et biocides se tassent à – 5%. « Mais cette évolution vers le minéral réduit la contribution des jardins à la lutte contre l’effet de serre », souligne Nicolas Marquet.

Marché parallèle

Le bilan dressé par l’UPJ pointe des impasses dans l’offre, notamment pour la dévitalisation des souches et la lutte contre le doryphore, mais aussi le développement de marchés parallèles qui amènent des « bombes écologiques » à exploser dans les jardins avec leur charge de gros sel, de vinaigre ou de soude.
Revigorée par une gouvernance plus collégiale autour du nouveau président Lionel Orcel, le syndicat entend profiter de l’engouement médiatique autour de l’agriculture : « On ne laissera jamais les agriculteurs sans solutions. Mais qu’en est-il des jardiniers ? » A cette question, Nicolas Marquet ajoute une alerte : « Les jardins peuvent aussi contaminer les zones agricoles.

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