En direct

Les premiers effets de la F-Gas

Mathieu Dejeu |  le 27/10/2017  |  RéglementationTechniqueBâtimentInternationalFrance entière

Climatisation -

La réglementation européenne contraint les constructeurs à changer de fluides frigorigènes.

Dans les travées d'Interclima+Elec, l'œil du visiteur rencontrera peut-être des pancartes couvertes de slogans ésotériques tels que « climatiseur au R-32 » ou « pompe à chaleur au R-1234-ze ». Ces compléments en « R-XX » indiquent le fluide frigorigène qui circule dans l'équipement. Leur apparition témoigne des conséquences de la réglementation européenne sur les gaz à effet de serre fluorés (F-Gas) révisée. Les quotas fixés par cette dernière poussent l'industrie chimique à limiter la production de R-410A et de R-134A, les hydrofluorocarbures (HFC) préférés des constructeurs de machines thermiques pour le chauffage et la climatisation.

Flambée des prix. Depuis son entrée en vigueur en janvier 2015, le mécanisme est resté peu contraignant. Mais il le deviendra en 2018, et les tarifs des deux fluides s'envolent. En juillet dernier, le prix moyen du R-134A avait augmenté de 250 % par rapport à 2014. « Cette augmentation constitue un vrai problème, analyse Eric Bataille, secrétaire adjoint de l'Association française pour la pompe à chaleur (Afpac). Il y aura des répercussions sur les coûts de production. Cette montée des prix risque de rebuter les acheteurs, alors même que les pompes à chaleur contribuent efficacement aux objectifs de la transition énergétique. Dans ce contexte, le projet d'une taxe française sur les HFC nous inquiète. » Confrontés à cette situation inédite, les fabricants réfléchissent à de nouveaux produits qui contiennent des fluides moins affectés par la réglementation. Ainsi, Panasonic (stand 2-D84) a lancé en avril 2016 une nouvelle gamme de pompes à chaleur (PAC) réversibles au R-32 pour le résidentiel. « Ces produits sont déjà commercialisés depuis quatre ans au Japon, précise David Bioche, responsable marketing de la filiale française du groupe. Aujourd'hui, nous proposons des modèles en mono et multisplit au même prix que nos systèmes au R-410A. » Le fabricant met en avant un gain de rendement compris entre 5 et 10 % par rapport au R-410A, ainsi qu'une diminution de 20 % de la masse de fluide dans le système. « En 2016, les produits au R-32 représentaient 10 % de nos ventes dans le résidentiel. Nous espérons atteindre 30 % à la fin de l'année », indique David Bioche. Le nouveau fluide a cependant le défaut d'être légèrement inflammable, un statut qui empêche encore son installation dans les établissements recevant du public.

Le R-32 reste interdit dans les établissements recevant du public.

La France à la traîne. Les équipements de grandes puissances ont eux aussi entamé leur mue. Carrier (stand 2-C61) a par exemple lancé sa gamme Aquaforce Puretec, une série de PAC et de climatiseurs à vis qui recourent au R-1234-ze, une hydrofluoro-léfine (HFO) peu concernée par la F-Gas. Les puissances s'échelonnent de 270 à 1 320 kW. « Néanmoins, dans les pays comme la France où les HFC ne sont pas interdits, le marché n'a pas encore basculé, observe Didier Genois, responsable de la recherche et développement pour l'Europe de Carrier. A ce jour, les groupes frigorifiques au HFO constituent environ 10 % de nos ventes européennes dans cette catégorie. » Pourtant, cette technologie ouvre au fabricant les portes des nouveaux secteurs. « Ces PAC peuvent générer de l'eau à 85 °C, souligne Didier Genois. La possibilité d'atteindre ces températures intéresse les gestionnaires de réseau de chaleur et les industriels. » Carrier poursuivra sa politique avec la commercialisation en 2018 de machines centrifuges au HFO qui dépasseront les 1,5 MW.

PHOTO - 9632_607899_k2_k1_1471063.jpg
PHOTO - 9632_607899_k2_k1_1471063.jpg - © CADZIPLO / SKYLAB
Chauffage - La préfa débarque dans les chaufferies

Alors que la préfabrication devient une pratique courante dans le gros œuvre, elle reste embryonnaire dans les secteurs de l'électricité et du génie climatique. Terris Energy (stand 1-D96), jeune filiale du constructeur Yahtec, innove en appliquant cette méthode au chauffage. Elle présentera sa chaufferie en kit T-Easy au salon Interclima+Elec. Tous les éléments, du circulateur à la régulation en passant par le ballon d'eau chaude, prennent la forme de modules pré-assemblés. « Leur liaison ne nécessite pas de soudure, juste du serrage. L'armoire électrique comprend seulement deux câbles à raccorder », précise Antoine Cohignac, responsable du développement stratégique de Terris Energy. Des chaudières gaz à condensation de 125 kW fournissent la chaleur. Elles peuvent être associées en cascade jusqu'à une puissance de 750 kW.

PHOTO - 9632_607899_k4_k3_1471084.jpg
PHOTO - 9632_607899_k4_k3_1471084.jpg - © TERRIS ENERGY

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Date de parution : 12/2018

Voir

Code des juridictions financières

Code des juridictions financières

Date de parution : 12/2018

Voir

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

Date de parution : 12/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur