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Les potentiels de l’ingenierie

Propos recueillis par Catherine Séron-Pierre |  le 01/10/2008  |  EnergieArchitectureTechnique

Benjamin Cimerman, ingénieur, directeur de RFR Eléments, bureau d’études en physique et maîtrise d’œuvre environnementale, livre ici son point de vue sur les questions énergétiques dans les projets d’architecture, la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, et les perspectives qu’elle entraîne.

Le développement durable est désormais un objectif incontournable dans tous les projets d’architecture et de construction. Quelle est votre position en tant qu’ingénieur ?

Benjamin Cimerman : La bataille du développement durable est engagée par les architectes qui commencent à se réapproprier cette notion. Je soutiens cette démarche. Néanmoins j’y vois un risque potentiel, car dire que le développement durable n’est pas qu’une appropriation technique du bâtiment par des calculs et des normes peut aussi faire perdurer le flou des grandes déclarations.

Quel est selon vous, le véritable impact du Grenelle de l’environnement ?

Le Grenelle de l’environnement a eu un effet d’annonce, mais sur le terrain, on traîne toujours la RT 2005. Il représente une avancée mais comporte un objectif de bâtiments à énergie positive en 2020 dont je ne suis pas convaincu de l’intérêt. Il faut concevoir des bâtiments à basse consommation, c’est évident. Quant aux constructions à énergie positive, en dehors de quelques expérimentations, je ne vois pas pourquoi inscrire cela comme une évidence. Je pense qu’on a raté un épisode, il y a une discussion qui n’a pas eu lieu. Pour ma part, j’essaie de faire « des bâtiments à énergie pas trop négative ».

En ce qui concerne la basse consommation, il faut noter que pour le tertiaire, la RT 2005 – 50 % reste dans une logique. Le bâtiment est comparé à un bâtiment de référence, donc l’impact est neutre sur l’architecture et le plan masse ; mais pour le logement, le label BBC requiert 50 kW/h/m2/an, on est donc là dans des valeurs absolues, ce qui est très différent dans l’esprit.

La problématique énergétique est réelle. Il y a souvent du flou du côté des commanditaires publics et des instabilités liées au politique. Ainsi, le plan Climat de la Ville de Paris reste vague sur les spécificités du calcul. Doit-on calculer en énergie finale ou énergie primaire ? Comment le chauffage urbain est-il à prendre en compte ?

Notons que l’architecture bioclimatique qui est une approche basée sur des systèmes passifs, prend le contre-pied de ce qui est mis en avant aujourd’hui avec des technologies qui représentent un marché énorme, générateur de profits.

Quel rôles jouent les [...]

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