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Les plâtriers offensifs malgré la crise
Philippe CAILLOL, Président de l'UMPI - © Claude ALMODOVAR/LE MONITEUR

Les plâtriers offensifs malgré la crise

AXELLE SAADA |  le 13/10/2010  |  EntreprisesParisFrance Technique

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Nouveaux marchés -

Grâce notamment au Grenelle de l’environnement, des opportunités se créent pour les entreprises du plâtre et de l’isolation. Autant de marchés à saisir malgré un contexte économique morose.

Performance énergétique, accessibilité, perméabilité à l’air : c’est sur ces trois thèmes majeurs que se tiendront les prochaines rencontres de l’Union des métiers du plâtre et de l’isolation (UMPI-FFB) le 14 octobre à Paris. « Nous voulons faire de cette réunion un lieu d’échanges autour de ces bouleversements que connaît notre profession depuis quelques années, souligne Philippe Caillol, président de l’UMPI-FFB. L’objectif étant de s’enrichir des expériences des uns et des autres, des échecs comme des bonnes pratiques. »

A partir d’une notion commune de « confort global », recouvrant les fonctions thermique et acoustique, chaque entreprise de plâtrerie a, en effet, avancé à son rythme.

Le BBC en ligne de mire

Portées par la réglementation, nombreuses sont celles qui se sont déjà intéressées au marché du bâtiment basse consommation (BBC), à l’instar de Bernard Fernandez, président de l’entreprise Garonne plâtre et faux plafond (GPFP, 20 personnes, Frouzins), qu’il a créée en janvier 2006. « Je commence à faire du BBC en promotion immobilière, explique-t-il. J’ai déjà réalisé deux villas BBC, et j’en ai sept autres en commande. » Pour Bernard Fernandez comme pour nombre d’entrepreneurs, le BBC ne remet pas en questions leur métier, mais leur impose de travailler de façon plus rigoureuse, avec des produits différents, des personnels mieux formés, et de se soumettre à des contrôles plus pointus. Pour autant, les questions demeurent quant au rôle du plâtrier dans ce travail sur la perméabilité à l’air des bâtiments : chaque lot doit-il gérer son étanchéité, ou appartient-il au plâtrier d’étendre son champ de compétences ? « On nous demande de plus en plus de renforcer l’étanchéité au niveau de la menuiserie », tempête un plâtrier plaquiste pour qui il appartient à « chaque corps de métier de gérer son étanchéité ».
Les entreprises suivent également de près les nouvelles réglementations en matière d’accessibilité et de sécurité incendie, qui leur amènent des marchés de façon récurrente, depuis quelque temps déjà. « En plâtrerie, nous sommes capables de répondre sur ce type de marché, en nous référant aux règles de l’art », indique un entrepreneur.
Ces nouveaux marchés aident-ils les entreprises à passer la crise ? En partie seulement : « Une diversification, à elle seule, ne saurait suffire, explique le président de l’UMPI. Les entreprises qui s’en sortent aujourd’hui le mieux sont celles qui ont su à la fois trouver des réponses sur leur activité traditionnelle, et développer des activités nouvelles. »

Tour de France de la « maison isolée »

Le 14 octobre est dévoilée « la maison isolée ». Il s’agit d’un bungalow transformé qui permettra de réaliser des tests de perméabilité in situ et de présenter les techniques d’isolation performantes. Destiné également au grand public, le bungalow sillonnera ensuite toute la France au rythme d’une ville par semaine.

3 questions à Philippe Caillol, Président de l'UMPI/FFB

- Comment les plâtriers vivent-ils la crise ?

Les entreprises souffrent actuellement. Les plus fragiles sont, logiquement, les plus jeunes, celles qui n’ont connu que les « vaches grasses » des années 2000. Leur spécialité joue également : les entreprises exclusivement centrées sur le logement neuf ont rencontré beaucoup de difficultés. Certaines entreprises se sont alors tournées en urgence sur des marchés du non-résidentiel qu’elles ne maîtrisaient pas. Et ont pratiqué, comme d’autres, des niveaux de prix irréalistes et dangereux.

- La situation s’améliore-t-elle ?

Nous constatons effectivement une amélioration du niveau général des carnets de commande, mais avec des risques de prix bradés, ce qui est inquiétant. D’où la nécessité d’appréhender les nouveaux marchés de la performance énergétique, par exemple, comme une opportunité et non comme une contrainte.

- Où en êtes-vous par rapport à ce « défi énergétique » ?

Nous nous sommes mobilisés dès 2007 pour promouvoir ce nouveau marché. Mais, à l’époque, le volume de travaux des entreprises - 4 milliards - était déjà considérable et l’enjeu semblait insurmontable. Avec la crise, les entreprises s’y sont peu à peu intéressées, ont suivi les formations Feebat. Aujourd’hui, nous voyons des entreprises opter pour des « bi-lots », intégrant la ventilation à leur chiffre d’affaires. D’autres ont fait le choix des bouquets de travaux, en travaillant avec des partenaires en co- ou sous-traitance. D’autres enfin ont monté des structures avec plusieurs entreprises associées. La volonté des dirigeants est ici déterminante.

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