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Les parcs à thèmes redémarrent

NORA HACHACHE |  le 30/07/1999  |  Collectivités localesTourismeFrance ParisEurope

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-Considérés par les collectivités comme des locomotives du développement, les projets de parcs à thèmes foisonnent. -Bien présents sur les aquariums, les privés se positionnent sur des investissements de plus grande ampleur.

Un parc de loisirs consacré au vin vient d'être inauguré à Londres, ce mois-ci. La vague des parcs d'attractions privés déferle sur l'Espagne avec la réalisation de Terra Mitica (Bénidorm, 3 milliards de francs, financé à 33 % par la région de Valence, ouverture en 2000) et Port Aventura (Madrid, 1,1 milliard de francs, financé par Time Warner, ouverture en 2002). Les projets de parcs à thèmes surfent sur les hauts et les bas de l'économie. En France aussi, ils foisonnent. Mais combien arriveront à la maturité d'un Futuroscope ?

Dans l'Hexagone, les collectivités locales, affectées par le syndrome du Futuroscope (1), portent de gros projets. Mais foin des personnages avec un gros nez ou de grandes oreilles ! Elles préfèrent des concepts qui donnent une certaine image de leur région. Emmanuel Mongon, du bureau d'études Imaginvest (Paris), explique : « Un parc à thèmes est un équipement structurel qui se justifie par rapport à une nécessité de développement local et à un territoire. Les élus se disent : faisons du ludique à partir de notre patrimoine et de notre savoir-faire pour attirer des touristes, mais aussi des entreprises. » D'ailleurs certaines collectivités qui voient arriver toutes sortes de projets se montrent très sélectives. Ainsi Nadège Genevoix, responsable de mission à la direction des affaires économiques et internationales du Grand Lyon, raconte : « Depuis trois ans, nous sommes sans cesse sollicités, surtout par des investisseurs anglo-saxons qui cherchent des terrains de 5 à 20 ha pour l'implantation de parcs à thèmes qui n'ont rien à voir avec notre tradition et notre savoir-faire. Et nous avons peur que n'importe quoi se fasse n'importe où. » Ce qui a amené la communauté urbaine en 1997 à demander à Ernst & Young de réaliser une étude préalable à un schéma directeur des loisirs marchands. Cette dernière a été rendue en janvier 1998. « Désormais, tous les projets proposés par des investisseurs sont passés à la moulinette. Nous avons par exemple refusé plusieurs aquariums », déclare Nadège Genevoix. En revanche, à Mérignac, le parc sur le ciel, porté par Bouygues, bénéficie du soutien de la communauté urbaine de Bordeaux. Ses concepteurs, qui insistent sur son aspect très ludique, veulent aussi profiter de l'essor du tourisme industriel et créer une vitrine technologique de l'aéronautique et de l'espace. Ils s'appuient sur des industries, des écoles et un savoir-faire local.

Mais c'est en Alsace que se situe un des projets les plus ambitieux (600 millions de francs d'investissement initial, 1,6 milliard de francs sur quinze ans) présentant une très grande crédibilité. Il s'agit du Bioscope. Ce parc d'attractions sur le thème de la vie et de la santé est porté par le Symbio, un syndicat mixte composé de la région et des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.

Vers un mélange des genres entre musée et parc

Beaucoup de porteurs de projet sont attentifs à la méthode employée par le Symbio et à l'attitude des investisseurs privés. Pour ceux qui envisagent un partenariat privé/public, le montage financier est vécu comme un test dont ils pourront tirer une analyse pour le leur propre opération...

Pour l'heure, parmi les quatre groupes autorisés à déposer une candidature à la réalisation du Bioscope, deux seulement l'ont fait : Fougerolle/Eiffage et Sodeteg/ Thomson CSF, Vivendi/Parc Astérix et Suez-Lyonnaise ayant déclaré forfait. Cependant, le groupe Suez-Lyonnaise est toujours intéressé par une participation au projet.

Le Bioscope représente l'exemple type des projets émergents qui tournent davantage autour du culturel et scientifique ludique que de l'attraction pure. « Des lieux où l'on invente la pédagogie de demain. Il faut qu'un instituteur puisse y emmener ses élèves », assure Philippe Moisset, directeur de l'Agence française d'ingénierie touristique qui a épaulé l'équipe du Symbio. Pour certains, cette tendance garantit la pérennité de l'équipement, mais elle entretient une confusion entre parc à thèmes et musée. On parle, par exemple, pour le projet de parc aéronautique d'Arvor, d'un parc muséo-ludique. Mais faut-il vraiment établir des catégories et ne pas simplement parler d'équipements de loisirs ? Emmanuel Mongon, consultant qui travaille beaucoup à l'international, estime que la tendance est au mélange des genres. Il affirme que c'est ce qui s'est dégagé de la dernière réunion du Tile (Trends in Leisure and Entertainment), qui réunit ceux qui comptent dans le monde du loisir. « Il faudra tirer profit de l'expérience de chacun, du musée au parc à thèmes », assure-t-il.

Pour sa part, Hervé Coulaud, chargé de mission du réseau des villes, qui travaille sur le Textilium (centre d'information sur le textile, usage et innovations) - projet du district de Roanne -, insiste sur la différence : « Les parcs à thèmes situés hors des centres-villes, avec un développement hôtelier intégré, répondent à une démarche particulière. Ils diffèrent des équipements de loisirs comme le Textilium qui s'intègrent dans une politique urbaine et répondent à une volonté de dynamiser les centres-villes, avec parfois un geste architectural. » Le Textilium s'apparente au Nouvel équipement culturel (NEC) construit à Rennes (architecte : Christian de Portzamparc), qui regroupe musée de Bretagne et centre culturel scientifique et technique, à la Cité des sciences de Paris, à l'aménagement de la friche Bouchayer à Grenoble (au stade de préétude), ou encore au projet sur la science et la société de Lyon.

Appels à candidatures en direction d'investisseurs privés

Si la science a la vedette, outre les aquariums qui poussent comme des mégacomplexes, les thèmes de l'environnement et du végétal sont également à l'honneur à Tours, Angers, Calais ou Bordeaux. Quant à l'aéronautique, il n'est pas en reste avec les projets d'Avord, près de Bourges, de Blagnac ou de Mérignac. Sans compter l'ambition du musée de l'Aviation du Bourget d'exposer les fleurons de sa collection au Grand Palais.

Mais l'imagination étant au pouvoir pour des projets souvent à l'initiative d'associations, rien n'interdit de parier sur une diversité des attractions. L'essentiel étant que le concept ne soit ni pauvre ni étroit, afin de permettre des variantes et des rebondissements nécessaires au renouvellement de l'attractivité.

Entre 1999 et 2000, plusieurs collectivités lanceront des appels à candidatures en direction d'investisseurs privés. Ceux-ci s'assurant notamment la gestion de l'équipement, et les collectivités amenant généralement leur contribution par l'aménagement d'infrastructures. Il y a, d'après les professionnels du secteur, encore de la place pour de nombreux parcs d'attractions. Cependant, à un certain niveau d'ambition et pour un investissement de plusieurs centaines de millions de francs, il vaut mieux se positionner parmi les premiers pour le lancement d'un concept et assurer son financement. En France, les faillites des années 80 marquent encore les esprits et ont échaudé investisseurs et financiers.

« Il y a quinze ans, les projets retombaient comme des soufflés », rappelle Jean-Michel Oberto, patron du cabinet JMO (Toulouse et Aix-en-Provence) et ancien directeur de la Cité de l'espace à Toulouse. Il affirme : « Même si de grands espoirs sont fondés, il convient de donner les bons niveaux de fréquentation et de bien phraser les projets. Le rôle du consultant demeure primordial. Nous devons être professionnels et responsables, et ne pas hésiter à revoir à la baisse un projet, voire à déclarer son infaisabilité. »

(1) Le département de la Vienne a investi pour sa réalisation 1,5 milliard de francs.

D'après le cabinet de consultants Ernst & Young, l'investissement initial nécessaire à la construction d'un parc en France se situerait à 1000 francs par visiteur pour un grand parc ;

100 à 400 francs pour les parcs régionaux

TABLEAU : PALMARES DES PARCS DE LOISIRS en nombre de visiteurs

Source : Observatoire national du tourisme

On recense une dizaine de grands parcs à thèmes de dimension nationale, une cinquantaine de petits parcs de dimension régionale et une dizaine de parcs aquatiques.

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