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Les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne désarment pas
Un appel a été lancé pour de nouvelles actions dans les prochains jours. - © © Acipa

Les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne désarment pas

Jean-Philippe Defawe (Bureau de Nantes du Moniteur) |  le 11/01/2016  |  Notre-Dame-des-LandesLoire-AtlantiqueBâtimentERP

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Après le succès de la manifestation de samedi sur le périphérique nantais, les opposants au projet de transfert de l’aéroport de Nantes annoncent de nouvelles actions, au risque d’exaspérer davantage les Nantais.

Le comptage du nombre de manifestants est souvent un bon indicateur du degré d’incompréhension entre les organisateurs et les pouvoirs publics. Ainsi, la dernière action des anti-aéroport aurait rassemblé 20 000 personnes selon l’Acipa, la principale association d’opposants, tandis que la police en dénombrait… 7 200. «Réussir à rassembler plus de 20 000 personnes et plus de 450 tracteurs en à peine 10 jours, en plein état d’urgence, est la démonstration de la très grande mobilisation et de la détermination de tous les opposants au projet d’aéroport» s’est félicité le collectif d’agriculteurs Copain 44.

Une chose est sûre, le blocage du périphérique nantais a rassemblé au moins autant de personnes que lors de la dernière grande manifestation du 22 février 2014. Mais alors que ce rassemblement avait donné lieu à des dégradations et à des affrontements avec les forces de l’ordre, l’ambiance était à la fête ce samedi. «C’était incroyable, tout le monde avait le sourire» témoigne un manifestant.

A l’image du temps virant à l’orage, l’ambiance s’est toutefois tendue en fin de soirée et la police a dû intervenir pour déloger une centaine d’irréductibles. «La garantie donnée par les organisateurs de quitter le périphérique en fin d’après-midi n’a pas été respectée», a regretté le préfet de Loire-Atlantique dans un communiqué.

Les manifestants réclamaient l’abandon de ce projet contesté, mais aussi des procédures juridiques visant à expulser des habitants et paysans «historiques». Onze familles, anciens propriétaires ou locataires de maisons rétrocédées à Aéroports du Grand Ouest (AGO), et quatre exploitants agricoles qui ont refusé de vendre leurs terres à l’amiable, sont en effet assignés mercredi à 11h devant le juge de l’expropriation du tribunal de grande instance (TGI) de Nantes statuant en référé (procédure d’urgence). Les partisans du projet tiennent toutefois à rappeler que 244 autres familles qui vivaient sur le site ont accepté de partir à l’amiable, depuis 2008, date de déclaration d’utilité publique du projet.

Rappelons que l’annonce de la reprise des travaux le 30 octobre dernier, s’est traduite notamment par le paiement des indemnités d’expropriation. Selon le Code de l’expropriation, une fois ce règlement effectué, les détenteurs sont alors tenus de quitter les lieux dans le délai d’un mois, et s’ils refusent, l’expulsion des occupants peut être envisagée.

Blocage et exaspération

Ainsi, pour le collectif Copain 44, «l’heure tourne. Et puisque le gouvernement reste sourd face à la contestation populaire, nous n’avons d’autres choix que de poursuivre des actions de blocage» indique-t-il dans un communiqué.

Un appel à opérations escargot a donc été lancé pour mardi 12 janvier à 7h30 pile sur le périphérique de Nantes et partout ailleurs. Le mode d’emploi est donné au militant sur les réseaux sociaux: «se regrouper par 4 à 6 voitures (ou plus), s’insérer sur la rocade un peu auparavant l’action, par l’entrée de leur choix et positionner côte à côte afin d’occuper l’ensemble des voies et commencer à ralentir progressivement à 7h30».

Pour beaucoup de Nantais, l’exaspération monte. Bruno Retailleau, le nouveau président LR de la région Pays de la Loire l’a bien compris et a demandé l’évacuation immédiate de la ZAD. «Je sens monter une grande exaspération, des riverains de Notre-Dame-des-Landes qui sont les victimes quotidiennes des zadistes, mais pas seulement» a-t-il indiqué dans un communiqué. «Notre-Dame-des-Landes, c’est le symbole des blocages français qui font progresser le chômage et la défiance dans la parole publique» a-t-il ajouté.

Chez les socialistes qui n’ont pas su clarifier leur position sur ce dossier lors des dernières élections régionales, l’absence d’échéance électorale libère la parole. Philippe Grosvalet, le président PS du département de Loire-Atlantique, a d’ailleurs demandé par courrier à François Hollande le «démarrage des travaux dès février 2016».

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