Les Nordistes de Recygroup au chevet du port de Beyrouth
Les silos du port, éventrés par l’explosion d’août 2020. - © Recygroup

Les Nordistes de Recygroup au chevet du port de Beyrouth

Julie Dumez |  le 15/10/2021  |  Moyen-OrientRecyclageRéemploi des matériauxExplosion à BeyrouthReconstruction à Beyrouth

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Forts de leur savoir-faire en matière d’économie circulaire dans le secteur du bâtiment, trois patrons de PME du Nord se sont unis pour recycler les décombres du port libanais. Un peu plus d’un an après l’explosion, ils peuvent déjà se féliciter d’avoir pu mener à bien une première étape de caractérisation des déchets et gravats, couplée à la mise en place de premières boucles de recyclage.

Août 2020. Une explosion terrasse le port de Beyrouth. La capitale libanaise croule sous des milliers de tonnes de gravats. Un an après la catastrophe, le pays du cèdre, exsangue et instable politiquement, peut toutefois compter sur l’aide d’un trio de patrons nordistes.

Animé par des attaches de cœur, Vianney Mercherz, dirigeant de Newmat (plafonds tendus) à Noyelles-lès-Seclin (Nord), se mobilise. Avec Christophe Deboffe, patron de Néo-Eco (expert de l’économie circulaire et notamment de la réutilisation du béton issu de déconstruction pour en refaire des bétons) à Hallennes-lez-Haubourdin (Nord) et Jeremy Coudrais, pilote de Recynov (tri et traitement des déchets du BTP) à Haubourdin (Nord), il monte une « task force » pour nettoyer le port tout en récupérant au maximum les matériaux présents pour les réutiliser. Ensemble, ils mettent leur savoir-faire en matière d’export et d’économie circulaire en commun et créent Recygroup International.

 

Caractériser puis valoriser

 

En six mois, après de multiples voyages et rencontres avec les plus hautes autorités locales, ils signent avec l’Etat français une mission au titre de l’aide internationale. Première étape : pour déblayer efficacement et éviter d’envoyer en décharge, il faut d’abord caractériser précisément les restes.

Car pour penser réemploi, il faut au préalable « définir des écoproduits normés avec suivis mécaniques et environnementaux. Nous avons déjà répertorié, 10 000 à 15 000 tonnes de métaux liés aux bâtiments, 20 000 à 25 000 tonnes de minéraux et quelque 50 000 tonnes de débris mélangés et entre 6 et 700 véhicules hors d’usage. Elles vont demander une attention particulière en raison de matières dangereuses comme l’amiante », détaille Christophe Deboffe.

Beyrouth, un an après l'explosion d'août 2020
Beyrouth, un an après l'explosion d'août 2020 - © Recygroup
Quelque 700 carcasses de voitures jonchent le port. © Recygroup

Une ligne de tri permet déjà de sortir un remblai qui pourra servir au moment de la reconstruction. De même, les bétons des silos à déconstruire pourront trouver une seconde vie sur place. A l’intérieur, entre 20 000 et 25 000 tonnes de grains. Dans le cadre d’un second contrat, elles trouveront bientôt une seconde vie et seront fléchées vers trois destinations : compost agricole, méthanisation ou briquettes de chauffage pour répondre aux besoins de la population à l’approche de l’hiver.

Une boucle locale qui tient à cœur de Christophe Deboffe : « Nous avons l’expertise des process. Mais lorsque nous arrivons sur un chantier, nous essayons de comprendre le terrain. La customisation en fonction du territoire est vitale ». De même, Recygroup n’a pas hésité à s’adosser à Man Enterprise comme partenaire local ou encore à solliciter les expertises de l’université américaine de Beyrouth et de celles de Balamand. De quoi jouer le jeu du transfert de compétences et créer une véritable chaîne de valeur locale.

Beyrouth, un an après l'explosion d'août 2020
Beyrouth, un an après l'explosion d'août 2020 - © Recygroup
Pour sécuriser le port, les opérations de tri des décombres ont rapidement débuté après l’explosion. © Recygroup

 

Cap sur le Moyen-Orient

 

Christophe Deboffe espère désormais aller encore plus loin dans le nettoyage du port. Recygroup échange en effet avec une entreprise allemande pour accélérer via une joint-venture.

« On essaye aussi de démontrer que deux entreprises européennes unies peuvent apporter des solutions avec du transfert de technologie », se réjouit le Nordiste. Qui envisage avec Recygroup de s’implanter un peu plus dans cette région du globe pour exporter leur savoir-faire en matière de gestion des déchets liés au bâtiment et aux travaux publics. « On est en train de discuter pour porter durablement au Moyen-Orient la démarche d’économie circulaire », dévoile celui qui loue « une expérience extraordinaire pour les équipes qui s’occupent de ce projet ».

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