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Les nominés pour le meilleur rôle du bâtiment d’architecte sont…
Mathieu Amalric dans "L'Amour est un crime parfait". - © © Jérôme Prebois

Les nominés pour le meilleur rôle du bâtiment d’architecte sont…

Marie-Douce Albert |  le 15/01/2014  |  Oscar NiemeyerArchitectureInternationalEuropeParis

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Pour tourner « L’Amour est un crime parfait », sorti en salle le 15 janvier 2014, les frères Larrieu ont posé leur caméra au Rolex Learning Center que l’agence Sanaa a livré en 2010 à Lausanne (Suisse). Ce n'est pas la première fois qu’un bâtiment décroche un rôle, mais l’architecture est une star parfois si discrète qu’il faut avoir l’œil.

Depuis le 15 janvier, on peut se ruer en salles pour voir Mathieu Amalric en personnage trouble… Et le Rolex Learning Center en modèle de limpidité. Dans le film « L’Amour est un crime parfait » de Jean-Marie et Arnaud Larrieu, réalisé d’après un roman de Philippe Djian, les personnages évoluent en effet dans la bibliothèque universitaire livrée en 2010 par l’agence japonaise Sanaa sur le campus de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse).

Si l’on fait exception d’un court-métrage de Wim Wenders, c’est le premier grand rôle décroché par le bâtiment au cinéma. Et les frères Larrieu, avides de transparence, ne l’ont pas choisi par hasard. « Quand on n’a pas de fenêtres dans un plan d’intérieur, cela nous terrorise ! », expliquent-ils dans le dossier de presse du film. Et d’ajouter que l’édifice « est la quasi incarnation architecturale du cerveau de Marc [le personnage joué par Mathieu Amalric], avec ses trous, ses ouvertures, ses pentes et ses points de fuite… » A visionner la bande-annonce, on se dit que l’édifice est tout de même moins tordu que ce professeur de littérature.

Bien sûr, ce n’est pas la première fois que l’architecture contemporaine a des velléités de carrière hollywoodienne. Au 7e Art, elle doit même parfois un peu… beaucoup de sa notoriété. Quelle honte y a-t-il à dire qu’on a pour la première fois fantasmé sur Brasilia en regardant Belmondo courir comme un dératé, dans « L’Homme de Rio » de Philippe de Broca ? (Pour revoir cette séquence mythique, cliquer ici.) Et que sans « Le Mépris » de Godard, on ne saurait peut-être rien de la Villa Malaparte, conçue par Adalberto Libera sur l’île de Capri.

Mais depuis, parce qu’on a beaucoup lu le Moniteur ou beaucoup traîné ses guêtres dans des bâtiments aux peintures à peine sèches, on a l’œil bien plus exercé. En une seconde et 24 images tout au plus, nous voilà capables de détecter l’œuvre de tel ou tel architecte. Ainsi il a suffi de fenêtres zébrées de grands croisillons pour savoir que, dans « Match Point » de Woody Allen, en 2005, Chris (Jonathan Rhys-Meyers) travaille dans la tour Swiss-Re de Londres, plus connue sous le nom de « cornichon », de Norman Foster.

Paris et pas Berlin

Quant à la directrice psychorigide d’ « une » fondation d’art, interprétée par Isabelle Huppert dans « Mon pire cauchemar » (2011, réalisé par Anne Fontaine), on se rend vite compte qu’elle règne sur la Fondation Cartier, construite par Jean Nouvel sur le boulevard Raspail à Paris. C’était facile, pourra-t-on objecter. Ces bâtiments sont devenus si célèbres...

Moins évident ? En 2008, François Cluzet est, dans le « Paris » de Cédric Klapisch, un architecte qui visite son chantier. Il s’agit alors de laboratoires que François Chochon et Laurent Pierre sont en train de construire dans la ZAC Paris-Rive pour l’université Paris-Descartes.

Parfois le jeu se corse tant les bâtiments, bons acteurs, jouent assez bien à ce qu’ils ne sont pas. Le cocktail au Bundestag dans « Quai d’Orsay » de Bertrand Tavernier, en 2013? Il a été tourné dans le foyer du grand auditorium de la Bibliothèque nationale de France. C’est donc Paris et pas Berlin, Perrault et pas Foster.

Le PCF à contre-emploi

Quant au Centre national de la Danse de Pantin (Seine-Saint-Denis), achevé par Jacques Kalisz en 1973 puis transformé par les architectes Antoinette Robain et Claire Guieysse en 2004, il a été trois ans plus tard l’agence de pub du psychédélique « 99 francs » de Jan Kounen, avec ses « créas » déjantés sillonnant les rampes du grand atrium sur des chariots à deux roues.

Puis en 2010, il jouait les bureaux d’une chaîne de télévision dans « Il reste du jambon ? », d’Anne Depetrini et prochainement il sera un centre de formation à Orléans pour le film d’Anne Le Ny, « On a failli être amies ». En même temps, on ne pouvait pas en attendre moins à l’écran d’un édifice qui, à la ville, avait été à ses débuts un sinistre centre administratif.

Dans la liste des nominés pour le meilleur acteur en béton, il n’y a guère que le siège du Parti communiste français d’Oscar Niemeyer qui puisse rivaliser. Sa coupole a abrité une armée de dactylos dans l’adaptation de « L’Ecume des jours » de Michel Gondry (2013). Et l’année précédente, Jean-Pierre Bacri y a tenu séminaire dans « Cherchez Hortense » de Pascal Bonitzer. C’est à ses moquettes murales et à ses murs en béton banché qu’on le reconnaissait.

Le PCF est même doué pour le contre-emploi. Dans la comédie de David Charhon « De l’autre côté du Périph’ » (2012), il est le siège d’une organisation patronale. Rien que pour ça, on est content d’avoir vu le film.

L’architecte, ce héros

Les sondages le disent (parfois), l’architecte est la profession la plus sexy. Il n’en faut guère plus pour en faire le personnage idéal pour vivre moult péripéties sur grand écran. Et d’ailleurs, le bâtisseur se voit bien plus souvent attribuer le premier rôle pour sa belle prestance et son statut social que pour le travail qu’il abat derrière sa planche à dessins et/ou ordinateur. Il n’en fallait pas plus pour que la Cité de l’architecture et du patrimoine se focalise sur la représentation de l’homme de l’art, à l’occasion de son premier cycle Archiciné. Au rythme d’une séance mensuelle, les projections, animées par Thierry Paquot, philosophe de l’urbain, sont suivies d’un échange avec un architecte. Entrée libre mais inscription obligatoire.

Au programme des prochaines soirées :

- Le 4 février à 19 h : « L’Homme d’à côté, le voisin que le Corbusier n’avait pas prévu », film argentin de Mariano Cohn et Gaston Duprat, 2009. Architecte invité : Henri Ciriani.

- Le 4 mars à 19 h : « My Architect, a son’s journey », documentaire américain de Nathaniel Kahn, 2003. Architecte invité : Christian Devillers.

- Le 1er avril à 19 h : « Les Sables mouvants », film français de Paul Carpita (1996). Architecte invitée : Corinne Vezzoni.

Pour plus d'informations : www.citechaillot.fr

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