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Les métamorphoses du musée Guimet

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 02/02/2001  |  CultureRénovationArchitectureParisFrance

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Construits en 1889, les bâtiments du Musée national des arts asiatiques - Guimet (Paris) ont rouvert leurs portes au public le 20 janvier, après trois années de travaux intensifs de rénovation.

«Chacune des vitrines que nous avons dessinées est un abrégé du musée : il s'agit à la fois de montrer, de protéger, de valoriser et de mettre en lumière l'objet le plus modeste », souligne Bruno Gaudin, architecte, avec Henri Gaudin, de la rénovation du musée Guimet. Altérés par des interventions successives, les bâtiments édifiés à la fin du XIXe siècle ne permettaient plus aux quarante-cinq mille oeuvres que comptent les collections d'être exposées ni conservées dans de bonnes conditions. Annoncée fin 1993, la rénovation des lieux aura nécessité trois années d'études et trois autres années de travaux.« Nous souhaitions libérer l'espace intérieur pour dégager les oeuvres de leur gangue, rendre au bâtiment sa lisibilité et offrir l'hospitalité aux visiteurs », affirme Bruno Gaudin. Plus lyrique, Henri Gaudin désirait, quant à lui, « inventer des résonances visuelles entre les collections, attraper des points de vue, ouvrir des trémies, allonger des perspectives, gagner des hauteurs et sortir de l'enfermement des planchers ». Vaste programme... Pour y parvenir, les architectes ont décloisonné les collections pour les articuler, selon une logique géographique, au long d'un circuit fluide et cohérent. L'accueil, autrefois limité à la rotonde, s'ouvre désormais sur une bibliothèque et une librairie. L'escalier latéral aveugle, créé dans les années 70, a laissé place à un escalier monumental, « colonne vertébrale » de l'édifice, qui donne au visiteur une compréhension immédiate du bâtiment. Implantée de part et d'autre du patio central, la double volée symétrique se déploie pour distribuer les salles : accueil, expositions permanentes du rez-de-chaussée, et des premier et deuxième étages, administration au troisième, expositions temporaires et auditorium (282 places) en rez-de-jardin. Omniprésence de la lumièreAu coeur du musée, enserré par les deux ailes du bâtiment et coiffé d'une verrière, le patio dévolu aux collections khmères baigne dans la lumière zénithale. Vers cette nef converge, éclairé depuis les façades et en second jour par l'entremise de baies intérieures, l'ensemble des collections ordonnées selon « des constellations et des alliances ». Les anciennes galeries d'exposition, encombrées et obscures, ont laissé place à des espaces fluides, inondés de lumière naturelle. Etale ou ponctuelle, la lumière est en effet désormais omniprésente, toujours « corrigée » : tamisée par des velums ou occultée par des panneaux mobiles. Au final, la rénovation aura permis d'augmenter la surface utile du musée de 2 500 m2. La création des deux niveaux en sous-sol a libéré l'espace des anciennes réserves reconverties en salles d'expositions temporaires. L'ancienne bibliothèque, également restaurée, accueillera des expositions de peintures, de calligraphies ou de textiles jamais montrés auparavant. Reprises en sous-oeuvreLancés en juin 1997, les travaux se sont déroulés en deux tranches. La plus importante (vingt-six mois) a été consacrée au gros oeuvre : démolition de l'existant, création de l'escalier principal et des niveaux en sous-sol (30 000 t de déblais à évacuer), reprise en sous-oeuvre. Cette dernière opération a notamment conduit au coulage de poutres en béton haute performance de faibles portées (5 à 6 m), surdimensionnées (80 à 120 cm de hauteur) afin d'éviter les fissurations en superstructure dues à des flèches trop importantes. Une quarantaine de poteaux (de 9 m de haut) ont également été réalisés. Chacun d'eux supporte jusqu'à 500 t et repose, en fond de puits, sur une semelle de 1,20 m de hauteur. La seconde phase a été dévolue à l'installation des lots techniques (électricité, climatisation, ascenseurs et monte-charge, etc.) ainsi qu'à l'aménagement intérieur des espaces publics (salles muséales, bibliothèque, librairie, auditorium, archives) et des locaux professionnels (bureaux, laboratoires, ateliers). Côté matériaux, la pierre grise (polie, sablée ou bouchardée) rivalise, sous des plafonds en staff, avec le bois d'ipé et de jatoba. Fiche techniqueMaîtrise d'ouvrage : ministère de la Culture et de la Communication, Direction des musées de France, Service national des travaux. Maîtrise d'oeuvre : Henri et Bruno Gaudin, architectes; OTH Bâtiments, BET OPC; L'Observatoire, éclairagiste; Thérèse Troïka, graphisme et signalétique; Apave, bureau de contrôle ; Cossec et Cicad Consultants, coordination SPS; MCCO, programmateur. Entreprises : CMS, désamiantage ; Chantiers modernes, gros oeuvre, démolition et charpente métallique; GTMH, courants forts et faibles; Industrielle de chauffage, CVC plomberie; Otis, ascenseurs; MDF agencement, menuiseries bois; Bernard SA, serrurerie et menuiseries métal; DBS/Trouvé, cloisons et faux plafonds; Grif, sols. Surface totale utile : 10 236 m2 (avant), 12 709 m2 (après). Coût : 53,36 millions d'euros (350 millions de francs), dont 6,1 millions financés grâce au mécénat. PHOTO :1. Le double escalier monumental se déploie de part et d'autre du patio central pour desservir l'ensemble des salles du bâtiment.2. « Des milliers de dessins », c'est ce qu'il aura fallu pour concevoir chaque niche, chaque socle, chaque vitrine du parcours muséographique réinventé par Henri et Bruno Gaudin.3. L e patio dévolu aux collections khmères, coiffé d'une verrière qui a remplacé les anciens pavés de verre, fédère l'ensemble des galeries latérales.4. Artificielle ou - surtout - naturelle, la lumière est désormais omniprésente, toujours corrigée par des velums ou des panneaux, de manière à pouvoir exposer les collections les plus fragiles. PRECISION PARUE DANS LE MONITEUR N°5079 DU 30/03/2001 P.67 : le lot "cloisons, faux plafonds , staff et peintures" des parties publiques du Musée National des Arts asiatiques Guimet a été réalisé par le groupe d'entreprises Staff Espace Volume/Ile de France Platerie/Giacalone.

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