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Les ménages pauvres et modestes accèdent à la propriété… au prix d’un très fort endettement

LF |  le 05/06/2012  |  France entièreParis

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L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes) publie une étude sur l'accession à la propriété des ménages pauvres et modestes. Contre toute attente, l’étude montre que les ménages pauvres et modestes accèdent à la propriété de manière relativement importante, comparativement au taux d'accès des autres catégories d'accédants. Explications.

L’étude sur l'accession à la propriété des ménages pauvres et modestes réalisée par Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université Paris-Ouest, pour l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes) relève que les ménages pauvres (premier décile de revenus disponible) et modestes (2ème et 3ème déciles) "accèdent à la propriété de manière relativement importante, comparativement au taux d'accès des autres catégories d'accédants". Cela s’explique par les caractéristiques des logements achetés et par les politiques de soutien public mises en œuvre depuis le début des années 1990.

Sur les 700 000 accessions réalisées en 2010, plus des deux tiers l’étaient au bénéfice de primo-accédants (515 000). Et en dépit de la hausse des prix de l’immobilier, l’accession à la propriété des ménages pauvres et modestes s’est établie à un niveau moyen de 113 000 unités depuis la fin des années 1990, dont 31 000 pour les seuls ménages pauvres, « sans aucune tendance récessive notable ».

« L’effet PTZ »

L’accession à la propriété des ménages modestes est évidemment largement influencée par le nombre de prêts à taux zéro (PTZ) accordés. Cela se voit particulièrement bien depuis 2005, puisque le nombre d’accédants modestes s’est redressé sous l’effet de la réforme du PTZ (ouverture à l’ancien sans travaux) et de l’actualisation des plafonds de ressources du prêt à l’accession sociale. En 2008 et 2009, les ménages pauvres et modestes représentaient ainsi environ 20% du total de l’accession (25,6% des accédants dans le neuf en 2010 et 18,1% dans l’ancien).

Cela étant dit, l’effort consenti par ces ménages reste très élevé malgré les dispositifs d’aides. Le coût relatif de l’acquisition est en effet bien plus élevé pour les ménages pauvres et modestes : 6,9 années de revenus contre 5,2 pour les ménages moyens et aisés. Et leur taux d’apport plus important : 19% pour les premiers contre 23% pour les seconds. Avec des durées d’emprunt plus longues (deux années de plus qu’en 2002). Le taux d’effort atteignait ainsi 37% en 2010 contre 31% pour les autres catégories de ménages.

Les caractéristiques sociodémographiques des accédants et des logements

Les ménages pauvres et modestes qui achètent un logement ont en moyenne des familles de 3,4 personnes (à comparer à 2,4 personnes pour les ménages moyens et aisés). Il existe peu de différences d’âge des accédants selon leur niveau de revenus. En revanche, les ouvriers et les employés sont sur-représentés parmi les ménages pauvres et modestes (67,4% des accédants en 2010).

L’étude montre que les logements acquis par les ménages pauvres et modestes ressemblent à ceux des accédants moyens et aisés en termes de nombre de pièces mais sont un peu plus grands. La différence entre les deux types de populations n’est en revanche guère significative sur le type de bien acheté, maison individuelle ou appartement. Pour autant, le choix du lieu et du type de communes est fortement affecté par le niveau de contraintes budgétaires des ménages : ainsi, 0,2% des ménages pauvres et modestes ont acheté à Paris (6,4% dans l’agglomération parisienne) en 2010, contre 3,6% des ménages moyens et aidés (20,8% dans l’agglomération parisienne). Ils achètent donc plus fréquemment dans des villes de moins de 20 000 habitants et dans des communes rurales. En fait, note l’étude, « c’est lorsque les marchés sont peu convoités que les logements sont restés abordables et que le parc locatif social est moins présent qu’ailleurs que l’accession des ménages pauvres et modestes est la plus importante. C’est le cas de l’Auvergne, de la Bourgogne, de la Champagne-Ardenne, de la Franche-Comté et de la Picardie ».

Voir http://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/ONPES_Lettre3.pdf

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