En direct

Les logements neufs ne sont pas forcément les moins énergivores
Etiquette énergétique selon la date de construction - © © Source : CGDD

Les logements neufs ne sont pas forcément les moins énergivores

Andréas Petit |  le 11/07/2014  |  SantéEnergieImmobilier

Les logements représentent 30 % de la consommation finale d’énergie en France, soit autant que le secteur des transports, révèle une étude du Commissariat général au développement durable (CGDD). Gisement d’économies d’énergie énorme, le gouvernement avait fixé l’objectif de 500 000 logements rénovés par an. Le Commissariat général au développement durable (CGDD) s’est servi des diagnostics de performance énergétique (DPE) pour établir une photographie de l’état du logement en France.

Seules 14 % des résidences principales en France sont classées dans la catégorie « performantes », c’est-à-dire qu’elles présentent une étiquette énergétique A, B, ou C, et consomment moins de 151 kWhEP/m2/an. Plus de la moitié des autres logements présentent une étiquette énergétique moyenne (D ou E), soit une consommation comprise entre 151 et 330 kWhEP/m2/an, et près d’un tiers ont une étiquette énergétique mauvaise (F ou G), avec une consommation qui crève le plafond.

Ces chiffres sont issus d’un rapport du ministère de l’Énergie publié en juillet et qui porte sur l’année 2012. Il serait logique de penser qu’avec 60 % du parc de logement datant d’avant la toute première réglementation thermique, en 1974, les logements les plus énergivores seraient les plus anciens.

C’est en partie vrai seulement. Certes, l’apparition puis le renforcement des différentes réglementations thermiques font que plus aucun logement n’est construit en classe F ou G au profit des classes B à E. À partir de 2001, un peu moins de la moitié des logements construits sont de classe B ou C, contre moins de 10 % avant 1975. La classe A, qui correspond aux exigences de la RT 2012, reste exceptionnelle avant son application, et est encore peu répandue en raison du recul important des constructions de logements neufs depuis 2009.

2 logements sur 3 construits après 2006 ont une étiquette entre D et F

Néanmoins, hormis la RT 2012, aucune réglementation n’a imposé de seuil maximal de consommation : il y a bien eu une amélioration globale des logements, mais un certain nombre est passé entre les mailles. À cela il faut ajouter un manque d’entretien et un déficit de rénovation, qui font que les deux tiers des logements construits après 2006 affichent une étiquette énergétique moyenne ou mauvaise (entre D et F), soit des chiffres équivalents aux logements construits entre 1990 et 2006, qui ont aussi plus de chances d’avoir été rénovés. L’absence de seuil maximal de consommation des réglementations thermiques précédentes explique l’absence de linéarité entre date de construction et consommation d’énergie.

La localisation géographique du logement est plus souvent déterminante : sur l’arc méditerranéen, la zone H3, 25 % des logements ont un étique énergétique performante (A, B ou C), contre 19 % dans la zone H2 qui englobe l’ouest du pays, et seulement 9,2 % pour la zone H3 qui couvre la partie la plus froide de la France, au Nord et à l’Est. L’explication est très simple : les besoins de chauffage sont bien moins importants au Sud et augmentent eu fur et à mesure que l’on remonte vers le Nord et l’Est. Une autre caractéristique discriminante pour l’efficacité énergétique du logement est le statut de l’occupant. Les logements occupés par leurs propriétaires sont comparables à ceux du parc locatif, en majorité compris entre les étiquettes B à E. Par contre, les locations du parc privé sont bien moins performantes, avec les trois quarts qui affichent une étiquette entre E et G.

3,5 travaux proposés en moyenne pour une maison individuelle

Le rapport du ministère a compilé les travaux proposés lors de la réalisation d’un DPE censés améliorer l’efficacité énergétique des logements. Il en ressort qu’en moyenne il est proposé 3,5 travaux pour les maisons individuelles, 3,4 pour les appartements dotés d’un chauffage collectif et de 3,1 pour les appartements avec chauffage individuel. Ce nombre décroit avec la date de construction des logements : de 4 pour ceux d’avant 1974, à moins de 2 pour ceux après 2006. La liste des travaux préconisés par les diagnostiqueurs est très concentrée : 10 mesures sont présentes dans 75 % des cas, notamment l’installation d’un programmeur, le remplacement du ballon d’eau chaude, ou le remplacement des vitrages pour les maisons anciennes. L’effort moyen d’investissement recommandé dans les DPE atteint en moyenne 7 000 euros, avec une économie annuelle estimée à 690 €, avec une différence qui varie du simple au double selon la date de construction : les logements datant d’avant 1974 nécessitent un investissement de 8 500 € en moyenne, contre 4 600 € pour ceux construits après.

Commentaires

Les logements neufs ne sont pas forcément les moins énergivores

Votre e-mail ne sera pas publié

Librairie du Moniteur

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Amélioration et renforcement des sols - AMSOL - Tomes 1 et 2

Amélioration et renforcement des sols - AMSOL - Tomes 1 et 2

Prix : 0.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur