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Les jeunes des centres "défense, 2ème chance" s'insèrent dans le BTP

Defawe Philippe |  le 07/12/2007  |  ImmobilierEntreprisesBas-Rhin

Ce dispositif d’insertion innovant fait des émules dans le BTP, mais ce partenariat demande du temps et des efforts pour les professionnels, mais le retour sur investissement est réel.

Créé en 2005 par le gouvernement pour mener à l’emploi des jeunes en difficulté âgés de 18 à 21 ans, le dispositif piloté par l’Etablissement public d’insertion de la Défense (EPIDe) trouve sa place dans le BTP. A la suite des conventions de partenariat signées au niveau national en 2006 pour organiser l’accueil et la professionnalisation de ces jeunes, les fédérations locales du bâtiment et des travaux publics ont commencé des actions de sensibilisation auprès de leurs adhérents. Plus ou moins abouties selon les régions, elles se sont concrétisées par des propositions de stages de découverte en entreprises. Sur les 91% de jeunes insérés à ce jour par l’EPIDe, 21% ont obtenu un contrat de travail dans le BTP.
Recrutés sur la base du volontariat à l’issue de la journée d’appel et de préparation à la défense, ces filles et garçons, sans diplôme et sans emploi, s’engagent à vivre en internat, à porter une tenue identique et à suivre un programme pédagogique dispensé à ce jour dans 22 centres "défense, 2ème chance".

D’une durée de six mois à deux ans, il comprend l’éducation civique, l’apprentissage des fondamentaux scolaires, une formation pré professionnelle et des activités sportives. Inscrit dans son environnement, le centre "défense, 2ème chance" doit fonctionner avec les acteurs locaux de l’emploi. Après avoir identifié le BTP comme un des secteurs en tension, l’équipe du centre de Doullens (Somme) a ainsi invité la FFB locale pour présenter son fonctionnement aux entreprises. Cela a conduit Arnaud Boinet, dirigeant de Boinet BTP Sarl à Lambercourt (Somme), à proposer une rencontre sportive. "Cette première approche m’a permis de juger les jeunes. Mais je ne me serais pas lancé seul. Je suis passé par une société d’intérim locale, partisane du dispositif, pour recruter deux jeunes formés à la maçonnerie dans le cadre d’un contrat de professionnalisation", explique-t-il.
La direction des ressources humaines de Colas Nord-Picardie est allée plus vite (voir encadré). Elle a pris contact avec le centre de Doullens dès l’arrivée des premières recrues en 2006. Ensemble, ils ont établi une méthodologie pour faire connaître les métiers et évalué la motivation des jeunes via notamment des tests d’aptitude dans le cadre de la plate-forme de l’ANPE. Ce contact local a conduit à la signature d’une convention entre le siège et l’EPIDe, puis au développement d’actions dans d’autres filiales. Chez Vinci et Eiffage, la démarche a été similaire. Aujourd’hui, deux conventions sont en cours de finalisation avec Bouygues et Razel.

Les entreprises qui ont expérimenté le dispositif sont toutes unanimes. Elles ont besoin de recruter, mais elles n’ont pas le temps d’insérer socialement un jeune éprouvé par la vie. "Le dispositif de sociabilisation de l’EPIDe constitue un chaînon manquant dans l’intégration de ces publics. Passer d’une non-activité à une activité régulière n’est pas évident. Par son système de vie réglée, l’EPIDe réhabitue aux règles de la communauté. Surtout, avant de présenter un jeune à une entreprise, ses chargés d’insertion vérifient scrupuleusement le projet professionnel et les motivations", déclare Pierre Labaudinière, directeur adjoint de la formation chez Vinci construction France, qui a contribué à l’embauche de deux grutières, une secrétaire et trois aides coffreurs. "Notre objectif n’est pas de garder un jeune le plus longtemps possible. Il ne s’agit pas non plus de l’adresser trop tôt à une entreprise et de courir le risque d’échouer dans l’insertion professionnelle et de compromettre le partenariat. Le sur-mesure est essentiel pour préparer le jeune au niveau du savoir, du comportement et de la motivation", renchérit Didier Hirsch, directeur du centre de Doullens. L’action des équipes pédagogiques va jusqu’à l’accompagnement dans la recherche de logement. Par ailleurs, une fois sorti du centre, le jeune sera suivi pendant les six premiers mois.
L’offre de l’EPIDe demeure cependant insuffisante. "Les chargés d’insertion nous appellent lorsqu’ils ont des candidats à nous proposer. Force est de constater qu’ils sont peu nombreux car nos métiers attirent peu", s’exclame Claire Abry, directrice des ressources humaines chez Manei spécialisée dans la maintenance des bâtiments. Elle souligne pourtant le travail réalisé par l’équipe pédagogique du centre de Montry (Seine-et-Marne): "La durée des stages de découverte a été modifiée passant de 15 jours à trois mois. Cela me permet de mieux vendre la démarche auprès des opérationnels", conclut-elle. Le succès de l’insertion repose avant tout sur la motivation de l’encadrement.

Christiane Wanaverbecq

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