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Les ISO 9 000 à leur place

GERARD BLACHERE, PRESIDENT DE SECTION HONORAIRE AU CONSEIL GENERAL DES PONTS ET CHAUSSEES |  le 12/12/1997  |  ImmobilierRéglementationNormesTechniqueQualité

Nous avons publié dans cette rubrique la réaction de Michel Platzer à l'interview de Gérard Blachère sur les normes ISO 9 000 (voir « Le Moniteur » du 19 septembre 1997, p.14). Gérard Blachère répond à son tour.

Il y a deux qualités :

celle de la gestion des acteurs en vue de plus de profit ; celle du produit favorable au client. Elles ne sont que faiblement liées. Les ISO 9 000 ne les distinguent pas.

- La qualité des ouvrages, souci de toujours, était obtenue par la qualification des acteurs et les contrôles a posteriori.

Les améliorations actuelles consistent en : l'introduction d'instructions et constats écrits ; les mesures de prévention des non-qualités et leur contrôle plutôt que le contrôle a posteriori et leur correction.

Ce deuxième point n'apparaît pas dans les ISO 9 000.

- L'industriel décide de créer un produit. Après étude par le bureau d'étude et celui des méthodes, son atelier exécute. Enfin il essaie de vendre.

Dans les travaux le client décide de construire, confie à l'architecte le projet, qu'il approuve, puis à l'entrepreneur l'exécution.

C'est le contraire de l'industrie.

Les ISO 9 000 ignorent, et pour cause, cette distinction essentielle.

- Dans le bâtiment, des acteurs qui n'ont pas travaillé ensemble jusqu'ici, doivent réaliser ensemble un projet. Il est absolument indispensable à un travail de qualité de disposer d'un délai de préparation et d'établir un programme d'opérations, tel le SDQ des recommandations T1.87 et T1.89 de la CCM. Les ISO 9 000 n'en soufflent pas mot.

Voilà les points essentiels qui font que les ISO 9 000 ne conviennent pas au BTP.

Que les constructeurs et les clients veuillent améliorer la qualité de leur gestion pour mieux gagner leur vie, qu'on souhaite améliorer la capacité de fournir des bâtiments de qualité, c'est normal.

Que des gens se consacrent à fournir les bases pour cela, ou conseillent, ou auditent ou certifient, c'est normal et louable.

Mais, que ces efforts et ce zèle soient dépensés sur des bases créées pour tout autre chose, c'est dommage. Et l'on dessert la cause que l'on croit servir.

Les ISO 9 000 ne sont pas la Bible, on peut les rejeter sans craindre le bûcher, ne pas essayer d'en bricoler des variantes, et utiliser des textes adaptés d'origine (les demander à l'Auxirbat, 8 rue des Saussaies, Paris 75008).

Ceux qui sont actuellement impliqués dans la qualité n'y perdraient rien, au contraire. Et les constructeurs et clients en tireront, enfin, bénéfice.

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