Les industriels du ciments appellent Sylvia Pinel à "redoubler d'efforts" sur le logement

le 04/04/2014  |  Produits et matérielsBâtimentOpération de constructionEtatIndustrie

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Le syndicat français de l'industrie cimentière anticipe une nouvelle baisse de la consommation en 2014 (-2,5%), portant les volumes à un niveau historiquement bas depuis 30 ans.

Inquiétude et mobilisation: les industriels du ciment abordent 2014 avec des sentiments partagés. Inquiétude parce que la consommation devrait connaître une nouvelle année de baisse, la sixième consécutive depuis 2008 si l'on excepte la brève reprise de 2011. Et mobilisation puisque dans ce contexte sinistré, le syndicat français de l'industrie cimentière (SFIC) multiplie les actions en direction des pouvoirs publics pour défendre le dispositif industriel de ses adhérents et relancer l'activité. La conférence de presse annuelle du SFIC, tenue ce 4 avril à Paris, a été l'occasion d'adresser un premier message à Sylvia Pinel, tout juste promue au Logement dans le gouvernement Valls: "Nous appelons la nouvelle ministre du Logement à redoubler d'efforts, a plaidé le nouveau président du SFIC, Jean-Yves Le Dreff. Nous sommes pleinement en capacité à répondre à l'objectif de 500 000 logements: il est temps que le gouvernement passe de la structuration à la concrétisation de cette ambition."

Stabilisation en trompe-l'oeil sur les TP

Côté bilan, l'année 2013 s'est conclue sur une contraction de la consommation de ciment de 3,8%, à 19,2 millions de tonnes. "Un point bas depuis 1998, alors que dans le même temps la population française a augmenté de 5 millions d'habitants", a souligné Jean-Yves Le Dreff. La chute du logement neuf, et particulièrement de la maison individuelle (-8,1%) a été le principal point noir, le non-résidentiel limitant les dégâts. Les travaux publics ont connu une stabilisation que le président du SFIC juge plus technique que pérenne: "L'effet du cycle électoral s'est fait ressentir sur le quatrième trimestre 2013 grâce aux travaux engagés à quelques mois des municipales, mais nous comprenons les inquiétudes de la FNTP quant à l'activité en 2014".

Côté perspectives en effet, peu de signaux positifs en vue. Concernant les travaux publics (un tiers des débouchés des cimentiers), les chantiers de ligne à grande vitesse touchent à leur fin et les financements sont fragilisés par la baisse des dotations et la remise en cause de l'écotaxe. Pour le bâtiment, le SFIC reprend à son compte les estimations de la FFB pour 2014: -0,2% pour le logement et -0,9% pour le non-résidentiel. L'organisation anticipe donc une nouvelle baisse de la consommation, aux alentours de -2,5%. Cela situerait les volumes à 18,7 millions de tonnes, un niveau historiquement bas puisque il faut remonter à 1985 pour trouver des chiffres comparables.

Electricité, un risque de renchérissement des coûts

Le SFIC continue donc son action de lobbying auprès des pouvoirs publics et de la filière bâtiment. Un premier dossier concerne les importations de ciment et clinker, sur lesquelles le syndicat avait alerté le ministre Arnaud Montebourg l'an dernier. Le SFIC a choisi de sensibiliser particulièrement les autorités portuaires et le ministère des Transports: "Nous plaidons pour une approche socio-économique plus large que ce qui se fait aujourd'hui, permettant de mesurer l'impact de ces unités d'importations sur l'ensemble du bassin d'emploi et pas seulement la hausse du trafic portuaire", a indiqué Jean-Yves Le Dreff. La signature prochaine d'un contrat de filière, au sein du groupe de travail "Industries extractives et de première transformation" instauré par le ministère du Redressement productif, sera une autre occasion de promouvoir le ciment "Made in France". Prévue pour le 17 avril, cette signature pourrait être décalée en raison du remaniement.

Autre cheval de bataille, le coût de l'électricité. Les industriels du ciment identifient deux menaces: la suppression du plafonnement de la contribution au service public d'électricité (CSPE), pour un coût de 40 M€, et la hausse du prix régulé de l'électricité (dispositif ANREH) de 42 €/MWh à 50 voire 55 €/MWh, pour un coût minimal de 20 M€. L'addition se chiffrerait alors à 60 M€ par an soit "entre 15 et 20% de dégradation des marges opérationnelles pour la profession", estime Jean-Yves Le Dreff. Le SFIC demande donc que le décret sur les coûts de l'ANREH ne soit pas publié avant le vote de la loi sur la transition énergétique, alors que le calendrier gouvernemental semblait privilégier une hausse des prix avant la fin de l'année.

Repères

Le syndicat français de l'industrie cimentière:

- 5 adhérents: Ciments Calcia, Ciments Lafarge, Kernéos, Holcim, Vicat

- 40 sites industriels, 5000 salariés

- 2,5 Md€ de chiffre d'affaires en 2013

- Production 17,5 millions de tonnes (sur une consommation de 19,2 MT)

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