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Les industriels de la filière plâtre-isolation-plafonds sous le feu des questions des plâtriers
Philippe Caillol est le président de l'Union des métiers du plâtre et de l'isolation (UMPI-FFB). - © © UMPI

Les industriels de la filière plâtre-isolation-plafonds sous le feu des questions des plâtriers

Florent Lacas |  le 21/11/2013  |  Produits et matérielsMise en concurrenceParisConjoncture

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Les adhérents de l'Union des métiers du plâtre et de l'isolation (UMPI-FFB), à l'occasion de leur assemblée générale qui s’est tenue le 7 novembre à Paris, ont posé dix questions aux organisations professionnelles des industriels de leur secteur. Au cœur de leurs préoccupations : la réduction de la pénibilité, la concurrence déloyale et les relais de croissance.

Le 7 novembre, l'Union des métiers du plâtre et de l'isolation (UMPI-FFB) tenait son assemblée générale à Paris. L'occasion pour les adhérents du syndicat de convier quatre responsables d'organisations professionnelles représentant les industries qui les concernent : Hervé De Maistre, président du syndicat national des fabricants en laines minérales manufacturés (Filmm), Renaud Le Martret de la Fédération des industriels et des poseurs de plafonds suspendus (Fips), Frédéric Mercier du Groupement des industriels d'ossature pour la filière sèche (Giofs) et Olivier Guilluy, président des industries du plâtre (Snip).

"Nous avons l'avantage d'être dans une filière puissante, a introduit Philippe Caillol, président de l'UMPI. Aujourd'hui, nous nous rencontrons pour mieux nous connaître, pour tracer ensemble des voies afin de sortir plus rapidement de la crise." L'UMPI avait préparé dix questions pour ses invités, qui se sont relayés pour répondre aux préoccupations des entreprises du plâtre et de l'isolation.

Alléger les matériaux à l'heure du compte pénibilité

Le premier sujet évoqué a été celui de la pénibilité. Les adhérents de l'UMPI observent ainsi une prise de poids des matériaux, du fait des exigences en termes de performance énergétique et d'acoustique. Comment les industriels comptent-ils réagir à cela, dans la mesure où la pénibilité du travail devient un sujet majeur ? "Dans de nombreux pays développés, le poids des matériaux est limité à 25 Kg. Nous avons deux attitudes possibles : soit attendre un changement réglementaire, soit travailler ensemble au sein de la profession à un allégement des systèmes." Tout en rappelant que l'évolution des outils de manutention, avec, sous dix ans, la possible généralisation des exosquelettes, pourra faire partie de la solution.

Autre sujet lié à la pénibilité : les propriétés apparemment irritantes des produits fibreux. Quand ces produits seront-ils vendus ensachés ? Là aussi, les industriels ont évoqué une faible demande de la part des entreprises. "Nous constatons, sur le marché français, que les produits ensachés se vendent de moins en moins, suite aux progrès réalisés par les industriels sur le confort de pose des produits, a exposé Hervé De Maistre (Filmm). Par ailleurs, aucun matériau n'a été plus étudié que les laines minérales dans la construction : elles sont sans danger à manipuler et à utiliser dans les bâtiments."

Une indigestion de normes

Sur le plan des produits et de leur mise en oeuvre, l'UMPI a également pointé l'existence de discordances entre les notices d'utilisation et la réglementation en vigueur. "Les industriels devraient en effet être plus rigoureux dans la rédaction des notices, de manière à simplifier la vie des entrepreneurs, a reconnu Frédéric Mercier (Giofs). Mais, quelque part, c'est un voeu pieux, car en France, l'environnement normatif est devenu trop compliqué. C'est au gouvernement de tirer la sonnette d'alarme. C'est aussi à nous, organisations professionnelles, en tant que participants aux commissions de normalisation, de faire avancer les choses dans le sens de la simplification. Il faut éviter avant tout l’empilement des normes qui dans certains cas vont jusqu’à se contredire. A noter que nous sommes dans un marché de dupes ou les industriels, les entreprises générales ou encore les poseurs pour obtenir le marché n’hésitent pas à proposer des produits ou des systèmes différents des produits prescrits au départ."

"Il faut un moratoire sur les normes pendant cinq ans. Nous n'arrivons plus à les digérer", a appuyé Olivier Guilluy.

Industriels et salariés "low-cost"

Autre grand sujet de préoccupation : la concurrence entraînée par le recours de certaines entreprises à des salariés à bas coût. Les industriels pourraient-ils, par exemple, éviter de former à leurs techniques de pose des salariés "low-cost" ou des entreprises sous-traitant des travaux à de tels salariés ? "Êtes?vous obligés, en tant qu'industriels, de leur apporter votre support technique, a demandé Philippe Caillol (UMPI). Car cela donne une connaissance et une crédibilité techniques à ces intervenants déloyaux."

"Il est très difficile de maîtriser la sous-traitance", a tout d'abord rappelé Frédéric Mercier (Giofs). "De grandes entreprises font peut?être appel à ces salariés. Mais, si c'est le cas, il faut savoir que le temps de formation que nous dispensons auprès d'elles est très faible : nos équipes concentrent leur effort de formation sur leurs clients habituels, a pour sa part affirmé Hervé De Maistre. Je crois que la réception du chantier doit devenir le juge de paix quant à la qualité de l'intervention, et les bureaux de contrôle doivent être irréprochables. La mention « Reconnu garant de l'environnement » (RGE) peut nous aider à aller dans le sens de la qualité. C'est pourquoi nous devons la promouvoir."

Un lot "étanchéité à l'air" pour valoriser cette technique aux yeux du client

Le signe de qualité RGE sera important dans la mesure où tous les industriels présents voient dans le bâtiment vert la croissance de demain. Reste toutefois la question des chantiers de rénovation énergétique : quelle profession va en prendre le leadership ? "Les chauffagistes ont un avantage pour devenir les têtes de file de certains chantiers de rénovation, estime Hervé De Maistre. Nous devons donc nous former pour proposer aux clients des offres combinées de « bouquets de travaux », car sur le développement durable, nous avons beaucoup à gagner. En particulier sur l'étanchéité à l'air, que nous devrions savoir mieux vendre. Peut?être faudrait?il créer un lot particulier pour cette fonction, afin de la valoriser aux yeux des clients ?"

Enfin, l'image des métiers du plâtre a fait l'objet d'une question de la part des adhérents de l'UMPI : comment les industriels pourraient-ils aider les entreprises à faire comprendre aux donneurs d'ordre qu'elles ne sont pas seulement des poseuses, mais aussi des techniciennes ? "Lorsque nous expliquons les systèmes de nos produits, nous insistons toujours sur la qualité de la mise en oeuvre, a rappelé Hervé De Maistre. Et nous le ferons de plus en plus du fait de l'obligation de performance." "Nous ne mettons pas assez en avant le professionnalisme de l'entreprise, a pour sa part reconnu Olivier Guilluy. Mais comme nous allons devoir garantir la performance énergétique des bâtiments, la qualité de la mise en œuvre deviendra un critère discriminant."

Pour Renaud Le Martret (Fips), la révolution du bâtiment vert est en marche, même si elle n’est "pas encore perceptible". "Nous devons chercher à redonner des couleurs aux technologies vertes, encore méconnues, du plafond modulaire, a?t?il affirmé. Il faut réussir à faire en sorte que nos technologies soient reconnues par leurs atouts. Cela passera par la relation entre les différents acteurs de la filière, la connaissance des produits et la formation de nos troupes."

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