Culture

Les incontournables de la Biennale de Venise 2014 (4/4) : le Pavillon de la Russie

Mots clés : Architecture - Communication - marketing

De passage dans les ruelles de la Cité des Doges cet été? Ne faites pas l’impasse sur la 14e Mostra d’architecture, qui se tient dans les anciennes corderies de l’Arsenal et les jardins de la Biennale jusqu’au 23 novembre. Parmi la soixantaine de pavillons nationaux à voir, dont la France, la rédaction du Moniteur.fr vous en recommande quatre. Aujourd’hui : la Russie et son ironie acidulée…

On ne sait pas si les Russes brillent en ce moment sur la scène internationale par leur sens de l’humour, mais à Venise, c’était encore le cas; au moins dans le Pavillon de la fédération de Russie. Sa proposition, imaginée à la manière un salon professionnel de l’immobilier, hôtesse accorte à bibi rose incluse, comporte une vingtaine de stands fédérés sous la bannière de « Foire aux idées ». Conçu par l’Institut Strelka de Moscou (Anton Kalgaev, Brendan McGetrick, Daria Paramonova), il offre, entre autres réjouissances, une agence de voyage à destination des anciens pays frères (Vietnam, Cuba, etc.), un stand dédié aux Datcha et à leur ironique reconversion pour résoudre le problème du manque de place dont se plaignent les habitants des villes, une pseudo-entreprise de construction promeut un style russe néo-vernaculaire à base de bulbes, une autre entité se propose de « redonner vie à des valeurs architecturales perdues pour pallier les traumatismes de la modernité », etc.

 

Vodka

 

Ni tout à fait cyniques, ni totalement désabusés, ces stands tentent de refourguer au visiteur passablement éberlué par le dispositif, les belles idées du Mouvement moderne à la soviétique, pour résoudre les problèmes de l’architecture contemporaine. Présence du passé, destruction du passé, constructivisme, déconstructivisme, modernisme, historicité pastiche, rien n’est omis. L’absurde le dispute au comique, comme le communisme à l’ultra-libéralisme poutinien. Les plus belles réussites de l’histoire de l’architecture soviétique sont ainsi présentées, qui nous interrogent sur la valeur réelle du patrimoine architectural pour la profession aujourd’hui. L’histoire de l’architecture n’est pas qu’une marchandise… En s’emparant ainsi avec un brio indéniable du sujet imposé par Rem Koolhaas le Pavillon russe a su orchestrer une mise en scène ironique et décalée, saluée à juste titre par une mention spéciale du jury de la Biennale. Ça mérite bien un shot de vodka pour conclure, non? Tu restes au Spritz, toi?

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