Culture

Les incontournables de la Biennale de Venise 2014 (2/4) : le Pavillon du Japon

De passage dans les ruelles de la Cité des doges cet été? Ne faites pas l’impasse sur la 14e Mostra d’architecture, qui se tient dans les anciennes corderies de l’Arsenal et les jardins de la Biennale jusqu’au 23 novembre. Parmi la soixantaine de pavillons nationaux à voir, dont la France, la rédaction du Moniteur.fr vous en recommande quatre. Aujourd’hui : le Japon et l’invraisemblable bric-à-brac de son Pavillon…

« Un entrepôt d’architecture », c’est ainsi que l’architecte Ota Kayoko et l’historien Nakatani Norihito, définissent leur roborative proposition pour le compte de la Japan Foundation à Venise. Répondant au thème fédérateur de la manifestation pour tous les pavillons nationaux – « Absorbing Modernity : 1914‐2014 » – celui retenu pour le Japon, intitulé « In the Real World », tient dans son résultat autant d’un capharnaüm délirant, que d’un souk oriental ou de la caverne d’Ali Baba. Livres, affiches, maquettes, mobilier, échafaudages, cônes de chantier, photos, plans crayonnés, etc. se disputent le lieu.

 

Acmé

 

La raison d’être d’un tel bric-à-brac? Le choix de la sédimentation/accumulation d’histoires et de parcours individuels qui raconteraient, par leur somme, l’Histoire – avec un grand « H » – du pays et de sa relation à la modernité. Le Corbusier a construit au Japon. De même que Frank Lloyd Wright et son épigone, Antonin Raymond, qui y a fait souche. Charlotte Perriand y a également longuement séjourné. Le Pays du soleil levant s’est très tôt ouvert aux influences de l’architecture moderne occidentale. Yoshizaka Takamasa lui-même, auteur du Pavillon du Japon des Giardini (1956), a grenouillé dans les années 1950 chez le maître de la Chaux-de-Fonds, aux côtés de Maekawa Kunio et Sakakura Junzô. Bref, l’influence du Mouvement moderne dans un archipel figé dans ses traditions, n’est plus à démontrer, influences dont l’exposition universelle d’Osaka (1970) constituera une acmé.

 

Spritz

 

Jusqu’à la scène contemporaine qui n’est pas absente de la présentation orchestrée à Venise, laquelle reflète, loin des bannières qui fédéraient autrefois les anciennes gloires, « Métabolistes » en tête, un éclatement de l’approche du sujet par les jeunes professionnels. Ce dont témoignent leurs recherches et leurs expérimentations sur d’autres catégories de projets : habitat d’urgence, micro-programmes, revival néo-vernaculaire, etc. Un sympathique décrochez-moi-ça dont le visiteur ressortira vaguement médusé et étourdi à défaut d’être complètement séduit. On va boire un Spritz pour s’en remettre?

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