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Jacques Roos, président de l'Association des Ingénieurs hospitaliers de France (IHF) - © © IHF

"les hôpitaux sont plus complexes que les centrales nucléaires !", Jacques Roos, président de l'Association des Ingénieurs hospitaliers de France

Propos recueillis par Olivier Baumann |  le 10/06/2014  |  EnergieRéglementationRéglementation des marchés privésTechniqueBâtiment

A l'occasion des 54èmes Journées des Ingénieurs Hospitaliers de France (IHF) qui se tiennent à Toulouse du 11 au 13 juin, Jacques Roos, leur président, revient pour Le Moniteur, sur les grands enjeux du secteur.

Comment définir le métier d’ingénieur hospitalier ?

Jacques Roos : La définition est multiple ! Les hôpitaux font appel à plusieurs types d’ingénieurs, issus de la fonction publique hospitalière ou contractuels, dont les métiers se déclinent en quatre spécialités principales : la recherche clinique, le système d’information, les équipements biomédicaux et la gestion du patrimoine immobilier (exploitation-maintenance technique d’un côté, construction neuve de l’autre). C’est cette dernière spécialité que notre association représente majoritairement.   Ces ingénieurs « patrimoniaux » doivent gérer des ouvrages d’une complexité hors du commun : les quelque 32 CHU que compte la France sont des ensembles de bâtiments hautement techniques, surtout dans les parties médicalisées comme les plateaux techniques et les blocs opératoires.  Certains considèrent même que les CHU modernes sont  plus complexes qu’une centrale nucléaire ! Ils relèvent de la catégorie (type U), la plus contraignante des établissements recevant du public.

La gestion patrimoniale des hôpitaux fera l’objet de la séance plénière des Journées d’études et de formation que vous organisez du 11 au 13 juin à Toulouse. Quels sont les enjeux ?

Le sujet est d’importance. La Cour des comptes a publié en octobre dernier un rapport sur le sujet. Celui-ci considère la gestion patrimoniale comme un levier majeur de l’optimisation des coûts de fonctionnement des hôpitaux. Le rapport pointe du doigt le fait que le suivi du patrimoine immobilier des CHU est encore insuffisant, et formulait 13 recommandations. Nous en débattrons à l’occasion de cette séance plénière. Le patrimoine a subi une forte modernisation depuis une quinzaine d’années, améliorant mais complexifiant les systèmes de sécurité électrique,  de génie climatique, de courants faibles ou de sécurité incendie  Si cette évolution a permis de générer des économies d’énergie –les hôpitaux sont de grands consommateurs d’énergie – les besoins d’entretien et de maintenance se sont accrus et complexifiés à cette occasion, augmentant les coûts afférents. Or les budgets dédiés, définis par chaque  direction d’hôpital en accord avec les tutelles que sont les Agences régionales de santé n’ont pas toujours suivi. La question de l’évaluation des coûts de maintenance reste compliquée.  La difficulté provient notamment du fait qu’un hôpital comporte de nombreuses zones fonctionnelles différentes : par exemple, le coût de maintenance au m² n’est pas du tout le même pour une salle blanche ou un bureau. De plus, nous devons tenir compte de l’évolution rapide des technologies médicales et des multiples et nouvelles exigences réglementaires et normatives.

La maquette numérique, ou BIM, peut-elle justement vous permettre d’optimiser les opérations d’exploitation et de maintenance ?

Oui ! Le BIM sera forcément générateur d’économies. Il est particulièrement adapté à la problématique hospitalière, puisque le gestionnaire est présent sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, depuis les phases de faisabilité jusqu’à la maintenance sur le long terme, en passant évidemment par la conception et la construction de l’ouvrage. Le BIM s’adapte également parfaitement bien à la complexité technique structurelle et fonctionnelle de nos ouvrages. Il me paraît évident que les appels d’offres pour les futurs hôpitaux rendront obligatoires l’utilisation du BIM dès la conception.

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