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Les habits neufs de la chartreuse
PHOTO - 13882_843551_k2_k1_1983178.jpg - © PHILIPPE FRUTIER - ALTIMAGE

Les habits neufs de la chartreuse

Jean-Pierre Ottman |  le 06/07/2018  |  TechniqueChantiersBâtimentPas-de-CalaisFrance entière

Monument historique -

Au terme d'une ample rénovation, un ancien couvent du Pas-de-Calais abritera un hôtel et un centre culturel.

Il s'agit de la plus importante rénovation de monument historique actuellement menée en France. La chartreuse de Neuville-sous-Montreuil (Pas-de-Calais) a été édifiée au XIVe siècle, puis rasée à la Révolution et reconstruite en 1875. L'ouvrage a alors été fondé sur les bases communes à tous les établissements de l'ordre des Chartreux. D'abord, un carré bâti, la « maison basse », réservée aux frères chargés des tâches utilitaires. Puis des parties communautaires (réfectoire, bibliothèque, chapelles, accès aux cloîtres), et enfin, à l'arrière, une « maison haute », espace ceint d'habitations individuelles où les pères chartreux vivaient en ermites. La surface de plancher totale est de 20 000 m² (dont 18 000 m² exploitables), dans un parc clos de 12 ha.

Les religieux ont quitté au début du XXe siècle le somptueux édifice. Celui-ci a ensuite connu divers usages hospitaliers, avant d'être de nouveau délaissé au tournant des années 2000. Depuis dix ans, la chartreuse revit sous l'action d'un partenariat entre une association d'amoureux du site, labellisé « Centre culturel de rencontre », et des investisseurs privés, porteurs d'un projet d'hébergement hôtelier de 105 chambres, sur 60 % de la surface du bâtiment.

Pierre de taille et jupe de plomb. Avant toute transformation, une intervention sur le clos et le couvert, très dégradés, s'imposait. Elle a été lancée en 2016 par les deux parties propriétaires, sous la conduite de l'architecte Nathalie T'Kint, pour un montant de 14 M€ TTC. Les 23 « ermitages » qui accueilleront une partie des appartements hôteliers (les autres se trouveront dans la « maison basse ») ont été désamiantés, débarrassés de la mérule, puis réhabilités selon des techniques traditionnelles. Deux dérogations ont été consenties par l'architecte des bâtiments de France : installer des fenêtres de toit et employer en couverture une ardoise d'Espagne posée sur crochets et non fixée par des clous. La « chapelle des familles », qui menaçait de s'effondrer, a été soutenue par deux énormes étaiements en bois avant réparation de ses façades. Sa nouvelle toiture est composée de 6 000 ardoises de teinte violine, découpées une par une et clouées. D'autres travaux sont en cours sur la charpente, la couverture, les murs et les vitraux de la grande chapelle (ou « église »), cœur du monastère.

Tous ces bâtiments ont pour matériau de base une pierre calcaire. Des centaines de blocs provenant notamment des carrières de Saint-Maximin (Oise) et taillés sur place ont remplacé les moellons abîmés. Autre particularité architecturale : les chéneaux en terre cuite. Ils ont été refaits à l'identique, mais tapissés d'une jupe de plomb garantissant leur étanchéité. Avant la fin de cette première phase, portant sur un quart des 14 000 m² à restaurer, seront engagés les travaux de second œuvre et l'installation des réseaux et du chauffage nécessaires à l'aménagement des espaces artistiques et pédagogiques. L'Association de la chartreuse cherche encore 2,5 M€ de dons et mécénats pour financer cette tranche. Viendront ensuite les équipements hôteliers, dont la réalisation a été décalée du fait des réformes impactant le régime de défiscalisation. Au bout du compte, 33 M€ TTC auront été investis dans ce chantier.

18 000 m² de surface de plancher exploitable sur un site de 12 ha.

105 chambres dans la future résidence hôtelière.

33 M€ seront investis pour l'intégralité du projet.

Maîtres d'ouvrage : L'Association de la chartreuse de Neuville, deux associations syndicales libres de copropriétaires et la société d'exploitation hôtelière. AMO : Urbaviléo. Maîtrise d'œuvre : groupement d'entreprises représenté par l'agence Nathalie T'Kint, avec Creif (études fluides et VRD), SL2EC (économie de la construction), Codess et Socotec. Entreprises pour les travaux de clos-couvert : H. Chevalier Nord et Réatub (restauration des façades) ; Battais Charpente, René Carré (couverture), Ets Charles Delattre et Alisa. D (désamiantage) ; Van Henis et fils (menuiserie) ; atelier P. Brouard (vitraux, serrurerie). Fin prévue du chantier : 2020.

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