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« Les grands travaux ne sont pas la seule solution contre les inondations »

nathalie bougeard |  le 02/02/2001  |  Collectivités localesSécurité et protection de la santéDroit de l'environnementInnovationFrance

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MICHEL ALLANIC, Directeur de l'Institut d'aménagement de la Vilaine

Le secteur de Redon a souffert de crues impressionnantes. Comment arrive-t-on à cette situation ?

On a battu tous les records de pluviométrie. Par exemple, sur l'Oust, en soixante-douze heures, il est tombé le septième du total annuel. Et les mêmes causes produisent les mêmes effets, à savoir que les rivières sortent de leur lit mineur pour envahir leur lit majeur. Comme nous sommes en plaine, il n'y a pas de dégâts dus à l'entraînement, mais seulement à la durée d'immersion.

Nombreux sont ceux qui disent que rien n'a été fait sur ce secteur sensible. Que répondez-vous ?

Depuis des années, nous travaillons sur la maîtrise hydraulique du fleuve. Nous sommes face à un estuaire de 40 km, quasiment sans pente. Et il ne faut pas oublier que le bassin versant de la Vilaine couvre quasiment un tiers de la Bretagne. Avant la construction du barrage d'Arzal en 1970, il existait un risque annuel d'immersion. Avec cet ouvrage, nous avons descendu ce risque à la décennie, sauf crues exceptionnelles comme celles que nous venons de vivre.

Par ailleurs, à la suite de la crue de décembre 1995, un PPR (1) a été mis en place. Il interdit toute construction sur la zone du lit majeur. Cela concerne, entre autres choses, 10 000 ha de marais.

Reste que cela ne semble pas suffisant.

Peut-on aller plus loin ?

On peut toujours aller plus loin. La seule solution pour diminuer le niveau des très grandes crues passe par des travaux colossaux. Soit on construit un canal de dérivation pour la rivière, soit on procède en aval à un élargissement du lit de la rivière. Mais, dans les deux cas, il s'agit d'une enveloppe de 400 à 500 millions de francs (2) de travaux. Avant de s'y lancer, il faut mettre cet investissement en rapport avec le montant des dégâts des crues et envisager, par exemple, de déplacer les zones industrielles.

Attention à la solution des grands travaux qui donnerait par la suite un blanc-seing aux décideurs.

Pour l'heure, des aménagements plus modestes peuvent être entrepris. Ainsi, le conseil d'administration de l'Institut vient de décider de supprimer les restes d'un barrage construit en 1936 qui gênent l'écoulement de l'eau. Les travaux de démolition de cet ouvrage - de 3 à 4 millions de francs (3) - devront démarrer l'été prochain. Les résultats attendus sont modestes puisque la présence des quatre piles et du radier contribue à augmenter de 10 cm le niveau de l'eau sur 200 m. Mais, pour les riverains, c'est important.

(1) Plan de prévention des risques.

(2) De 61 à 76,2 millions d'euros.

(3) De 460 000 à 610 000 euros.

PHOTOS :

Michel Allanic : « Des aménagements modestes, mais importants pour les riverains, peuvent être entrepris ».

Le secteur de Redon (ici, la zone artisanale) a battu tous les records de pluviométrie.

Une mission interministérielle

Coordonnateur local de la mission territoriale d'inspection sur les inondations en Bretagne, Jacques Guéllec devrait rendre son rapport en avril. « Nous devons rechercher les causes des inondations, examiner de façon critique les mesures qui avaient pu être prises et aussi envisager d'autres solutions », résume cet ingénieur des Ponts, dont l'équipe est constituée de neuf représentants venant de quatre ministères (Equipement, Agriculture, Environnement et Intérieur). Le secteur qu'il a en charge comprend les quatre départements bretons, mais aussi la zone de Redon qui dépend territorialement du département de Loire-Atlantique. Les experts vont donc étudier les bassins versants de la Vilaine et de l'Oust, de l'Odet ou encore de la Laïta.

« Nous allons également nous intéresser à des rivières comme l'Elorn (Landerneau) ou le Queffleuth (Morlaix) qui n'ont pas provoqué d'inondations cette fois-ci mais pour lesquelles des mesures de prévention peuvent être prises. »

Contact, tél. : 02.99.78.17.34.

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