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Les filières de recyclage par matériaux

ROLAND KUSCHNER |  le 25/06/1999  |  EnvironnementFrance entièreEurope

Les industriels utilisateurs d'emballages en papier-carton, métal, verre et plastique contribuent à l'un des organismes agréés, qui est responsable de l'élimination des déchets d'emballages. Ces organismes (Eco-Emballages ou Adelphe) ont reçu des pouvoirs publics la mission de valoriser 75 % de ces déchets d'ici à 2002. Ils fournissent des aides à l'ensemble de la filière et soutiennent les cours des matériaux.

MEDICAMENTS

Une chaîne sécurisée

L'association Cyclamed, créée par les professionnels du médicament, valorise les déchets issus des médicaments (DIM) qui regroupent à la fois les médicaments non utilisés (MNU), mais aussi les emballages vides. Ce marché représente environ 70 000 t/an, soit 0,3 % des déchets ménagers et 1 % des déchets d'emballages. La filière Cyclamed, en partenariat avec divers ministères, mais aussi avec l'Ademe et l'AMF, comprend 22 500 pharmaciens, 210 grossistes-répartiteurs et 600 laboratoires. Cette filière, dont les tonnages ne cessent d'augmenter (+ 60 % en trois ans) agit dans trois directions : l'action humanitaire, la valorisation énergétique, la protection de l'environnement et la prévention des risques domestiques. Dans un premier temps, le pharmacien récupère les déchets, les trie en séparant emballages vides (verre, papier-carton, plastique), produits périmés et produits utilisables. Les périmés sont récupérés par le grossiste qui les stocke dans des conteneurs hermétiquement clos, pièce maîtresse d'une chaîne totalement sécurisée, avant de les orienter vers des unités d'incinération équipées de dispositifs de traitement des fumées et valorisant l'énergie. Les médicaments utilisables (1 000 t en 1998) sont confiés à des associations humanitaires.

DECHETS DE SOINS

Hygiéniser avant de détruire

Pour la collecte et l'élimination des déchets d'activités de soins à risques (Dasr), il existe plusieurs possibilités. L'incinération dans des unités dédiées est la mieux adaptée là où la production de ce type de déchets est importante, ou lorsque l'établissement est isolé. L'autre option consiste à désinfecter sur place, une alternative qui s'adapte bien au prétraitement des quantités inférieures à 1 000 t/an. Après broyage, les déchets sont désinfectés à la vapeur et alors assimilés à des déchets ménagers. Une autre solution consiste à traiter ces déchets dans une unité d'incinération des ordures ménagères spécialement équipée, soit par incinération après désinfection, soit par co-incinération.

VERRE

La saturation

Avec une filière organisée depuis plus de vingt ans, 60 % du verre (soit 1,2 million de tonnes) est recyclé et réutilisé. Le tri du verre est de plus en plus sélectif : il existe ainsi un tri par couleurs assuré par une usine en Normandie, seule capable d'effectuer ce mode de tri. Cette filière souffre néanmoins d'une certaine saturation. LAMPES

De nouvelles solutions

Les collectivités et les industriels ne savent que faire des lampes. Le gisement des tubes fluorescents et des lampes à décharge en fin de vie est évalué respectivement à 40 et 3,6 millions d'unités par an, représentant, outre le verre et l'acier, 1 tonne de mercure et 25 tonnes de poudres fluorescentes à recycler (composées, entre autres, de cadmium, de baryum, de plomb, de strontium, etc.). Les procédés de récupération du mercure existent depuis longtemps ; ils excluent l'incinération afin d'éviter la production de vapeur nocive et la mise en décharge. Plusieurs sociétés assurent le traitement de ces produits. Ainsi, Sarp Industrie (tél. : 01.34.97.25.25) collecte des lampes en Rhône-Alpes et les fait traiter en Suisse par la société Recymet. Un autre prestataire, Labo-Service (tél. : 04.72.49.24.24), assure la collecte des lampes, traitées par la suite par un recycleur français. Pour le traitement, Duclos Environnement opère dans la région de Marseille (tél. : 04.91.96.30.00).

Provalor, filiale d'EDF, assure 100 % de la valorisation des tubes fluo, des lampes fluo et des lampes à décharge, à l'aide de camions-usines qui se déplacent lorsqu'une quantité suffisante de lampes a pu être regroupée sur un même site (tél. : 01.53.77.60.72).

INFORMATIQUE ET ELECTRONIQUE

La mise en place d'outils industriels

Suite à une étude de l'Ademe sur les consommables informatiques, un groupe de travail a été formé avec pour objectif d'organiser sur la base des expériences locales ou privées, la collecte et le traitement de ces composants.

Autre piste explorée : la valorisation des appareils électriques et électroniques en fin de vie. Ces produits sont complexes. Ainsi, les tubes cathodiques contiennent des verres de différentes formulations et des métaux lourds. A partir de 2002, la fermeture des décharges imposera la mise en place d'outils industriels spécifiques et la constitution d'une filière organisée.

PILES ET ACCUMULATEURS

Une mobilisation récente

Le 16 mai est paru au « Journal officiel » le décret étendant les obligations de collecte et d'élimination à tous les types de piles et accumulateurs. Plusieurs organismes de reprise de ces composants ont été développés avec Fibat, créé par le Syndicat des piles et accumulateurs à destination des ménages, et la SCRA, lancée par la Fédération des industries électriques et électroniques et de communication (FIEEC). L'Ademe envisage la constitution d'un observatoire des piles afin de suivre les différentes initiatives. PAPIER-CARTON

La surproduction

La filière de recyclage du papier-carton est l'une des plus anciennes. Stimulé par les actions en faveur du recyclage, son marché s'est développé à un point tel que, depuis trois ans, la production dépasse les capacités d'utilisation de l'industrie papetière, entraînant la chute des prix. Aussi cette filière bénéficie-t-elle d'un soutien à 100 % d'Eco-Emballages et d'Adelphe, car il faut aujourd'hui payer pour que ces déchets, hier achetés par les récupérateurs, soient collectés. A moins de disposer d'une papeterie à proximité de son centre de tri, ce marché est essentiellement dominé par des prestataires privés disposant d'un réseau international de commercialisation des produits recyclés.

PROSPECTUS

Des modalités à définir

Un groupe de travail sur les journaux et les publicités, toujours sous l'égide du ministère, a été mis sur pied début mars avec l'ensemble des professionnels.

L'Ademe a proposé un cahier des charges pour la réalisation d'une étude portant sur la caractérisation des flux et leur évolution, sur les différentes formes d'organisation de collecte et sur le coût de telles opérations. Ce travail, qui devrait être effectué avant la fin de cette année, permettra de définir, début 2000, les modalités de la récupération.

PHOTOS :

Aujourd'hui, 60% du verre, soit 1,2 million de tonnes, est recyclé et réutilisé.

Le recyclage du papier-carton possède des débouchés mais souffre d'un effondrement des cours.

Le traitement du matériel informatique demande encore à être organisé.

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