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Les européennes du BTP: la transition écologique
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Décryptage

Les européennes du BTP: la transition écologique

S.V. |  le 13/05/2019  |  BâtimentImmobilierElectionsUnion européenneRénovation énergétique

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SERIE [1/5]. Le Moniteur décrypte les programmes des principales listes aux élections européennes. Pour ce premier numéro, cap sur la transition énergétique, thématique récurrente des candidats au Parlement européen.

C’est le grand sujet des élections européennes, qui se dérouleront le 26 mai 2019 en France. La transition écologique s'est imposée comme la priorité de certaines listes candidates, comme Europe Ecologie-les-Verts, La République en marche (LREM), ou encore la France Insoumise (FI).

« Au moins 1000 milliards d’euros sont nécessaires d’ici 2024 pour développer les énergies et les transports propres, rénover les logements et accompagner la reconversion des travailleurs des secteurs en transition », annonce LREM dans son projet. La liste menée par Nathalie Loiseau veut consacrer 40% des dépenses européennes à la transition écologique. D’autres partis, comme Les Républicains, rappellent la nécessité d’adapter les politiques européennes pour répondre à l’objectif « zéro carbone » à l’horizon 2050.

Alors que la France doit envoyer 79 eurodéputés au Parlement européen, Le Moniteur reprend les principales propositions des listes susceptibles d’avoir des élus à Strasbourg.

► Des outils de financement innovants

« De la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat », écrivait Emmanuel Macron dans sa Lettre aux Européens, diffusée début mars. LREM a repris l'idée dans son programme pour les européennes. Le parti présidentiel propose ainsi la création d’une banque européenne du climat et la réorientation de l’épargne des Européens vers la croissance verte.

Cette proposition est inspirée du « Pacte Finance-Climat », élaboré par le climatologue Jean Jouzel et le fondateur de Nouvelle Donne, Pierre Larrouturou, qui soutient le mouvement Place publique. Ce Pacte prévoit d’affecter 400 milliards d’euros par an à la transition énergétique, dont 300 à 350 via une banque du climat, pour accompagner les travaux de performance énergétique ou la mise au vert des infrastructures de transport. Cette banque serait accompagnée d’un budget européen dédié de 100 milliards d’euros par an.

La tête de liste d’EELV, Yannick Jadot, veut lui aussi une « banque européenne du climat et de la biodiversité ». Celle-ci doit financer, un « New deal écologique », un plan d’investissement de « 100 milliards d'euros par an pour la sobriété, l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la mobilité durable ». « Nous nous battons pour que budget européen soit conditionné à la lutte contre le dérèglement climatique », a tenu à rappeler la tête de liste, lors d’un Grand Oral des candidats aux élections européennes, organisé au Medef le 25 avril dernier. Le parti vert veut par ailleurs instaurer « un budget carbone de l’UE », pour réduire les émissions d’au moins 55% d’ici à 2030, et d’ « un prix plancher élevé du carbone ».

Loin d’être marginale, l’idée d’un plan d’investissement pour la transition écologique parcourt les programmes des Républicains, de Génération.s ou encore de France Insoumise.

Ainsi, du côté de la liste menée par François-Xavier Bellamy (LR), on prône la mise en place d’un Plan européen pour le climat, piloté par un « haut-commissaire européen pour le climat et la biodiversité », favorisant notamment les prêts à taux zéro de la Banque européenne d’investissement (BEI) aux Etats-membres, aux collectivités, aux entreprises et aux particuliers. Pour autant, le parti n'en précise pas davantage les contours. Chez France Insoumise, il s’agirait d’un plan d’investissement public dans les économies d’énergies et les énergies renouvelables.

Génération.s revendique « le lancement d’un Green New Deal doté de 500 Mds € par an afin de permettre un vaste plan de transition écologique et sociale […]. Cela concerne en premier lieu la rénovation des bâtiments et la résorption de la précarité énergétique ». Même proposition pour la liste du Parti socialiste – Place Publique, qui compte également plaider pour un plan d’investissement de 500 milliards d’euros sur 5 ans.

Si le programme du Rassemblement national reste timide sur le sujet, la liste menée par Jordan Bardella rappelle tout de même « l'urgence climatique » et défend une forme de souverainisme des Etats au niveau européen. « Seul un état en pleine possession de son territoire peut assurer la vie de son système vivant », a défendu Hervé Juvin, 5e de liste devant le Medef en avril dernier.

► La rénovation énergétique des bâtiments

Le combat pour la rénovation énergétique des bâtiments pourrait se jouer au niveau européen. En France, alors que le plan lancé par Nicolas Hulot a fêté sa première année, nombres d’associations déplorent que l’ambition du gouvernement soit désormais « au point mort ». Un manque d’efficacité au niveau national qui donne des idées pour les nombreuses listes candidates aux européennes. L’Union des démocrates et indépendants (UDI) propose ainsi la mise en place d’un livret E, « comme Environnement, comme Europe, sur le modèle du livret A qui finance le logement social ». Il financera de grands projets environnementaux, parmi lequel la rénovation thermique des passoires énergétiques.

« Nous souhaitons que soit mis en place un système de “prêts intelligents” pour permettre aux citoyens européens d’effectuer des travaux de rénovation, souligne la liste menée par Jean-Christophe Lagarde au Moniteur. L’Europe serait amenée à prêter les fonds nécessaires à la réalisation des travaux de rénovation énergétique puis serait remboursée via les économies réalisées sur la facture d’énergie que les travaux auront apportées. »

De son côté, Yannick Jadot d’EELV le rappelle : l’Union européenne doit investir dans l’isolation des logements. « Il s'agit de créer des métiers d’artisans, d’ouvriers, d’ingénieurs, d’architectes sur l’ensemble de nos territoires, notamment pour les PME », a insisté la tête de liste lors de son Grand Oral au Medef, en avril dernier. Dans son programme, le parti écologiste milite pour « le renforcement des dispositifs existants pour la rénovation des bâtiments (éco-prêt à taux zéro, crédit d’impôt développement durable, TVA réduite, subventions ciblées pour les logements sociaux) » et « la mise en place de fonds de garantie et de systèmes assurantiels pour faciliter les investissements de long terme et l’émergence de nouveaux modèles économiques ».

Le Parti communiste français (PCF) propose, de son côté, « la constitution d’un service européen pour la rénovation énergétique des logements pour aider les collectivités territoriales à mener à bien ces opérations indispensables ». France Insoumise plaide, quant à elle, la création d’un institut européen public de recherches sur la transition énergétique. Plus largement, la liste menée par Manon Aubry défend un « aménagement écologique et social du territoire ».

► Les outils de planification urbaine

Parmi les mesures en faveur d’une protection de la biodiversité, EELV propose de « favoriser une gestion foncière régionale de zones industrielles en déshérence pour les affecter à des projets locaux de revitalisation territoriale. » La liste veut également « rendre opposables les schémas d’aménagement et de protection de la nature. »

Dans le cadre des règlements d’urbanisme, elle plaide pour la création d’un PLU-Energie (prescriptions énergétiques renforcées, économie de la consommation et production d’énergies renouvelables) et d’un PLU-Circulaire (implantation des activités et écologie industrielle, gestion des déchets, etc.), visant à respecter le rythme de renouvellement des ressources.

► Accélérer sur le développement des énergies renouvelables

« Nous devons amorcer la transition vers les énergies renouvelables d’ici à 2050. C’est un objectif ambitieux », a rappelé Manuel Bompard, numéro 2 de la liste FI aux européennes, lors du Grand oral du Medef en avril dernier. Parmi les différentes listes, le PCF propose d’agir pour un « mix énergétique diversifié, prenant en compte le niveau de maturité des différentes technologies, leur bilan énergétique et écologique sur tout leur cycle de vie - fabrication, utilisation, démantèlement, recyclage - et privilégiant les moins émettrices de CO2. »

De son côté, l’UDI, veut ajouter, dans le cadre de son livret E, « le développement des énergies renouvelables ». « L’Europe doit se développer en matière d’énergie solaire et d’éolien bien sûr mais aussi développer la production de biogaz issu des méthaniseurs et autres système de valorisation des matières organiques », souligne la liste centriste au Moniteur.

Génération.s, comme EELV, en appellent à des investissements massifs dans les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, géothermie, récupération d’énergie, etc.). La liste menée par Yannick Jadot propose notamment une simplification du cadre réglementaire. Elle milite pour que soient insérées des clauses circulaires et renouvelables dans les nouvelles constructions, mais également pour la recherche sur le stockage et l’efficacité énergétique.

[Méthodologie : Le Moniteur a étudié les programmes des principales listes aux élections européennes, annoncées comme les plus hautes dans les sondages d’intention de vote.]

A suivre: Les européennes du BTP : la lutte contre le dumping social (2/5)

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