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Les équipementiers préparent le raccordement des bâtiments au « smart grid »
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Les équipementiers préparent le raccordement des bâtiments au « smart grid »

Jean-Charles Guézel |  le 05/10/2012  |  Smart GridCommunicationTechnique

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Le réseau collaboratif Construction21 (centré sur la construction durable) et le Gimelec (groupement des industries de l'équipement électrique, du contrôle-commande et des services associés) ont organisé le 5 octobre une matinée d’information sur la conception et la gestion des bâtiments « smart grid compatibles ». Il en ressort que si les équipementiers et les bureaux d’études se passionnent pour le sujet, beaucoup de choses restent encore à préciser, notamment en ce qui concerne l'aspect communication des bâtiments.

Faire en sorte que la consommation et la production d’énergie électrique s’équilibrent intelligemment (smart) et en permanence sur le réseau (grid) malgré le caractère intermittent des énergies renouvelables : en théorie, le concept de smart grid est simple. Mais la réalité, malheureusement, est un peu plus complexe. « Les réseaux de chaleur ont-ils eux aussi le droit d’être intelligents ? Et dans quelle mesure l’effacement énergétique, indissociable du smart grid, sera-t-il rémunéré », s’interroge ainsi Jérôme Gatier, directeur de la mission Plan Bâtiment, en préambule à la matinée-débat organisée par Construction21 et le Gimelec sur le thème de l’intégration des bâtiments au smart grid.

Mais la question la plus prégnante touche sans doute aux modalités pratiques du raccordement des bâtiments à ce fameux et futur réseau intelligent concocté par EDF et les agrégateurs d’effacement énergétique (Voltalis, Energy Pool et autres Flexiwatt). « S’il est clair que l’évolution vers le smart grid ne se fera pas sans le bâtiment, la notion de smart-grid ready reste encore à inventer », souligne Cédric Borel, directeur de l'Ifpeb (Institut français de la performance énergétique du bâtiment).

« Si l’on ajoute le résidentiel et le tertiaire, le bâtiment représente pas moins de 60 % de la consommation électrique nationale, précise Marc Petit, enseignant-chercheur à Supélec. Pour qu’il s’intègre au smart grid, et rentre dans le système de l’effacement, c'est-à-dire de baisse de la puissance consommée suite à une sollicitation extérieure, il faut le rendre vraiment pilotable. » Et de citer les cibles visées par cet effacement, notamment les postes CVC (chauffage-ventilation-climatisation) et l’éclairage. « Mais à certains moments, l’équilibrage passe aussi par des consommations à la hausse, ce qui peut être obtenu par la recharge de véhicules électriques, indique Marc Petit. Dans tous les cas, il va falloir installer de nouveaux équipements de contrôle-commande, des compteurs, et surtout envisager la flexibilité énergétique des bâtiments dès le début des projets. »

Nécessité d'un pilotage local par local

En un mot, passer au smart building, la spécialité d’Olivier Cottet, directeur marketing du Programme Homes, piloté par Schneider Electric. Pour ce dernier, le bâtiment smart-grid ready est un bâtiment « optimisé d’un point de vie énergétique, communicant et bien sûr obéissant, c’est-à-dire à même d’exécuter une demande de délestage en l’ayant le cas échéant anticipée par le biais du stockage. » Un délestage qui peut dans certains cas se faire au détriment du confort, mais de façon imperceptible s’il est bien réalisé. « Avec un minimum de progressivité, un éclairage peut être réduit de 10 % et même davantage sans aucune sensation d’inconfort. Ce qui est très important, c’est de pouvoir piloter ce bâtiment le plus finement possible,  local par local (30 m2 ou moins). »

Un point de vue partagé par Laurent Bernard, directeur associé du bureau d'études Barbanel, qui parle quant à lui de smart technologies en évoquant les variateurs de vitesse (sur les ascenseurs notamment), les moyens de production double-énergie (avec possibilité de passer de l’électricité au gaz par exemple), ou encore les matériaux à changement de phase capables de doper l’inertie thermique de certains bâtiments. « Aujourd’hui, insiste-t-il, le problème n’est pas tant dans ces technologies que de savoir comment faire entendre et faire parler ces bâtiments, de définir un point d’entrée, un langage commun... »

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