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Les entreprises d’ingénierie ont perdu 11% de leur chiffre d’affaires en 2020
40% des ingénieristes souffrent depuis septembre 2020 de l’allongement des délais de paiement. - © Adobe Stock

Les entreprises d’ingénierie ont perdu 11% de leur chiffre d’affaires en 2020

LeMoniteur.fr |  le 04/03/2021  |  IngénierieSyntec IngénieriePierre VerzatFrance Coronavirus

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Selon une étude commandée par Syntec Ingénierie, le redémarrage sera lent et le retour à la normale n’aura pas lieu avant 2022. La fédération professionnelle demande aux pouvoirs publics davantage de souplesse et d’accompagnement dans l’accès aux formations.

Arrêt des chantiers, fermeture des sites industriels, chute des commandes et appels d’offres… Sous l’effet de la crise sanitaire, le chiffre d’affaire des entreprises d’ingénierie a chuté de 11% en 2020.

Selon une étude menée par Kyu Lab et Syntec Ingénierie, un an après le début de la crise, 41% d’entre elles déclarent encore une baisse de leurs prises de commandes.

En parallèle, 40% des ingénieristes souffrent depuis septembre 2020 de l’allongement des délais de paiement, qui s’échelonnent jusqu’à +60 jours pour 5% d’entre elles. Une situation dégradée qui occasionne des difficultés de trésorerie pour plus d’1/4 des sociétés interrogées.

Parmi les autres difficultés rencontrées, les entreprises pointent le manque de visibilité et les problématiques d’organisation du travail.

« Avec 17% de nos collaborateurs en travail sur le site de l’entreprise – soit moins d’un jour par semaine par collaborateur -, les mesures de distanciation ralentissent l’avancée des projets que nous menons, sans compter que nous avons aussi à souffrir parfois de désorganisations chez nos clients », explique Pierre Verzat, président de Syntec-Ingénierie.

Sauvegarder l'emploi

L’étude souligne que malgré les fortes baisses d’activité, les entreprises se mobilisent pour préserver leurs ressources et être prêtes à redémarrer. « La richesse de nos entreprises réside dans nos salariés. C’est pour nos idées, notre matière grise que nos clients font appel à nous. La préoccupation première des ingénieristes est donc de préserver l’emploi. » explique Pierre Verzat.

Les profils juniors apparaissent comme les plus à risque : les jeunes diplômés arrivent sur le marché de l’emploi dans un contexte bien plus concurrentiel. De l’autre côté de l’échiquier, les seniors sont fragilisés car perçus comme moins agiles et moins à l’aise avec les nouvelles technologies.

Ingénieur ICT et chef de projet sont identifiés parmi les métiers les plus à risque.

Pour préserver l’emploi, 45% des ingénieristes ont eu recours à l’activité partielle, 31% ont sollicité des prêts garantis par l’État, et 23% se tournent vers les aides au recrutement d’alternants.

Côté formation, 1/4 des entreprises ont mis ou vont mettre en place des parcours spécifiques pour leurs salariés. Avec pour objectifs : monter en expertise sur les métiers et accroître la polyvalence en même temps que le socle de compétences.

Si les dispositifs de soutien ont largement favorisé le maintien de l’emploi jusqu’à présent, l’étude met en garde contre l’effet retard des pertes d’emplois. Selon les données du Baromètre APEC , les offres d’emplois ont déjà chuté de 32% au cours de l’année 2020. À cela s’ajoutent les 15 000 postes qui étaient créés chaque année avant crise par les entreprises d’ingénierie.

Davantage d’accompagnement dans l’accès aux formations

Syntec-Ingénierie alerte enfin sur l’existence de rigidités dans l’accès aux formations, qui pourraient mettre en risque le maintien de l’emploi sur le long terme et appelle les pouvoirs publics à davantage d’accompagnement, en particulier pour les formations lourdes.

"Il est urgent de comprendre que la préservation des compétences dans l’ingénierie est un enjeu économique global", poursuit Pierre Verzat. "Ce sont nos professionnels qui inventent les ouvrages, bâtiments, infrastructures et industries de demain. (...). Perdre nos compétences, c’est mettre en jeu le redémarrage de notre économie toute entière. Il est impératif de préserver les capacités de rebond des entreprises, partout où cela est possible", conclut-il.

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