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Les enjeux énergétiques modifient le paysage de la baie
Porte d’entrée en aluminium - ©

Les enjeux énergétiques modifient le paysage de la baie

le 02/11/2010  |  Technique

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Le poids économique du secteur est considérable. Suivant les enquêtes du ministère de l'industrie, les portes et fenêtres sont le deuxième poste de dépense du second œuvre (après l'appareillage électrique) avec un peu plus 4 750 millions d'euros facturés.

Au Batimat 2009, plusieurs changements sont intervenus dans le paysage institutionnel des industries de la menuiserie et des fermetures depuis Batimat 2007. Les industriels de la menuiserie bois ont rejoint les fabricants de fenêtre PVC, pour former l'UFME (Union des fabricants de menuiseries extérieures). Un an plus tard, les professionnels de la menuiserie aluminium du SNFA se sont rapprochés de quatre syndicats adhérents de la FFB intervenant dans le domaine des fenêtres, fermetures, vitrages et protection solaire pour constituer un « pôle fenêtre ».

La fenêtre devient capteur d'énergie

Sur le plan thermique, la fenêtre a longtemps été perçue comme une source de déperditions. Aujourd'hui - de plus en plus performante sur le plan isolation - on la considère au contraire, comme un capteur d'apports gratuits de chaleur et de lumière.

Suivant l'enquête Batiétude 2009, ce marché de la fenêtre s'est stabilisé à 12 millions d'unités en 2008, marquant une très légère baisse de 1,1 %. Ce qui met fin à la phase d'expansion dont bénéficiait ce marché (entre 4 et 8 % de croissance annuelle depuis 2000). Il a continué l'an dernier à fortement progresser en valeur ( 20 %). Le PVC domine toujours (63,3 % de part de marché en nombre d'unités) mais perd deux points de part de marché, le bois recule encore : 13,7 % de part de marché contre près de 20 % en 2000. Seul, l'aluminium continue à progresser de 9 % en nombre d'unités. Sa part sur le marché de la fenêtre s'élève à 21 % (en nombre de fenêtres) et même à 34 % (en chiffre d'affaires). La fenêtre mixte représente 3 % du marché, la fenêtre acier est rare (0,2 %) mais elle suscite de l'intérêt pour son esthétique « belle époque ».

Des performances renforcées

Ce marché tend vers des produits de plus en plus haut de gamme. Ainsi, plus de 85 % des fenêtres sont dotées de vitrages de plus en plus épais et à performances renforcées.

Le triple vitrage, émergent il y a deux ans, représente 2 % du marché à présent. L'intérêt de rajouter une vitre supplémentaire était parfois contesté (perte d'apports solaires gratuits). Les verriers en ont tenu compte. Ainsi, Saint-Gobain présente à Batimat un verre à couche permettant à une fenêtre triple vitrage de laisser passer autant de lumière et de chaleur solaire qu'un double vitrage ITR ordinaire. L'intégration d'équipement de ventilation dans les menuiseries peut être une exigence en rénovation (suivant la RT « existant »), d'où certaines solutions compactes (Gimm associe un caisson double flux et une fenêtre).

La protection solaire se développe

L'univers de la protection solaire (stores intérieurs, extérieurs, protection solaire intégrée à la baie) et de la fermeture (volets, persiennes) renvoie à une grande variété de produits, de matériaux (textile, bois, PVC, etc.), de modèles, de procédés mécaniques. Le rôle de ces équipements sur le plan thermique est de plus en plus souligné. Suivant le CSTB, la contribution des fermetures (par leur résistance thermique et leur qualité d'étanchéité à l'air) peut atteindre 25 % dans la performance thermique d'une baie en hiver. Par vocation, les protections solaires permettent de réduire les charges de climatisation et améliorent le confort thermique d'été (on citera par exemple Rayflectiss, proposant un store solaire réfléchissant). Pour tirer le meilleur parti de ces fermetures, les dispositifs d'automatisation et de motorisation continuent à s'enrichir et à se diversifier (asservissement des fermetures à des capteurs mesurant le vent ou l'éclairement).

Des progrès requis dans l'habitat, mais aussi dans le tertiaire où les façades des immeubles de grande hauteur devront intégrer entre autres composants actifs, des capteurs solaires (comme le note CSTB, la surface des toitures est insuffisante dans ces tours pour accueillir des équipements de production d'énergies renouvelables). La communauté européenne vient ainsi de lancer un important programme de recherche baptisé Cost-effectiv sur ce thème. La façade devient décidément un secteur très high-tech, où il est question de « films nano-structurés », de matériaux à changement de phase.

L'étanchéité à l'air relance l'innovation

Rappelons que la chimie du bâtiment trouve dans ce secteur, avec les joints, l'un de ses principaux débouchés. Depuis l'essor du VEC (verre extérieur collé), les progrès en matière de joints de calfeutrement et de conception de façades vont de pair. La compatibilité des vitrages à performance (isolant, autonettoyant, à protection solaire intégrée, etc.) et des joints suscite la vigilance des professionnels, qui sont également attentifs, depuis la RT 2005, à la problématique de l'étanchéité à l'air (un tiers des défauts de l'enveloppe se situe dans la liaison entre le dormant et la structure).

Hors scellement des vitrages, toutes applications confondues, le marché des joints (21 millions de litres par an suivant le SFJF) reste dominé à plus de 50 % par les silicones, suivis des polyuréthanes, mais les mastics acryliques gagnent des parts de marché sur ces deux familles.

La quincaillerie travaille sur sa résistance

En matière de quincaillerie, de ferrure et de serrure, les tendances sont pour une part également liées à l'évolution des ouvertures. Les battants de fenêtres fortement isolées deviennent plus lourds (triple vitrage.), ce qui exige une plus grande résistance mécanique. A ceci s'ajoutent des contraintes esthétiques : le goût architectural pour des cadres très étroits valorise l'emploi de ferrures escomotables ou invisibles. Esthétique minimaliste dans laquelle s'illustrent à Batimat les fabricants allemand (par exemple Karcher Design) ou suisse (Sky Frame).

Enfin, le thème de l'accessibilité des personnes à mobilité réduite, suscite la conception de produits très techniques dans le domaine des poignées de portes (ergonomie, éclairage intégré) à l'usage des collectivités.

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