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"Les espaces verts, ça rapporte", déclare l'économiste Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet conseil Asterès. - © © Asterès

"Les élus locaux sous-investissent dans leurs espaces verts", Nicolas Bouzou, économiste

Propos recueillis par Laurent Miguet |  le 10/01/2017  |  EntreprisesBâtimentEtatAménagements extérieurs

Fondateur d’Asterès qui a fêté ses 10 ans en 2016, l’économiste Nicolas Bouzou s’installe dans les espaces verts : le cabinet conseil  réalisera en 2017 une étude prospective sur la filière du végétal et du paysage, après avoir publié en mai dernier la première étude française sur la rentabilité des espaces verts. Lemoniteur.fr publie des extraits de l’interview à paraître dans la prochaine édition de Paysage Actualités.

Pourquoi Asterrès a-t-il répondu aux commandes des entreprises du paysage en 2016, puis de l’interprofession du végétal cette année ?

Nicolas Bouzou : L’économie doit servir à quelque chose : je me définis comme un courtier plus que comme un chercheur ou même qu’un enseignant, même si je donne quelques cours. Cette ligne directrice s’applique de deux manières chez Asterès : la plus connue concerne le conseil dans les politiques publiques – celles de l’Etat, mais surtout celles des collectivités locales – en quête de leviers de croissance créateurs d’emplois. Mais nous conseillons aussi le secteur privé, domaine que beaucoup imaginent réservé à des consultants internationaux. La commande de l’Unep se situe au carrefour entre les deux, puisqu’il s’agissait de démontrer aux collectivités locales la rentabilité de leurs espaces verts.  Celle de Val’hor, plus large, intéresse l’avenir de toutes la filière, y compris dans sa dimension B to C (NDLR : de l’entreprise vers le consommateur). Elle servira notamment à guider les investissements en marketing, dont certains n’ont pas produit l’impact attendu.

Quelles leçons principales retenez-vous de votre travail pour l’Unep ?

N.B. : Les élus locaux souffrent de myopie face à leurs espaces verts, qui restent en dehors de leur champ de vision économique. L’esthétique et les attentes des populations restent les seuls motifs de leurs projets, ce qui entraîne un sous-investissement. La valorisation des externalités positives se heurte à un obstacle de taille : personne ne paye ce service, contrairement à celui d’une piscine, dont le gestionnaire identifie et comptabilise facilement sa clientèle. On ne sait rien des parcs, sauf qu’ils coûtent. Or, ils rapportent, et pas seulement à vos lecteurs !

D’autres acteurs, comme le lobby du patrimoine, tiennent depuis longtemps ce discours, avec un succès mitigé…

N.B. : Jusqu’à la publication de notre étude, les entreprises du paysage ne pouvaient pas entrer dans ce débat à armes égales. Nous avons scanné les travaux existants sur ce sujet dans le monde, et adapté les résultats à la France, peu coutumière de cette culture de la valorisation des externalités, très répandue dans les pays anglo-saxons.

Ce thème de la rentabilité du vert nourrit de nombreux débats dans d’autres organisations de la filière. N’y-a-t-il pas un risque de dispersion ?

N.B. : Il ne faut pas craindre cette diversité qui contribue à une prise de conscience générale, au moment où l’investissement public revient. Après la priorité à la réduction des déficits creusés par des dépenses tous azimut qui ont suivi la crise de 2008, des stratégies affinées et sélectives réorienteront à la hausse des investissements porteurs de croissance économique, et ceci à très court terme, car nous vivons peut-être les derniers mois d’argent bon marché. L’enjeu de coordination que vous soulevez concerne plutôt le financement : des réalisations d’ampleur appellent des efforts conjoints de l’Etat, des régions, des métropoles, du secteur privé… Les espaces verts doivent prendre toute leur place dans ces projets qui conditionnent l’attractivité des territoires, et qui amènent les entreprises spécialisées au-delà de leur périmètre traditionnel. Sujet de longues discussions que nous avons eues avec l’Unep, les pistes cyclables offrent un bon exemple, compte tenu du déficit français en sites propres pour le vélo.

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