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Les distributeurs et les loueurs résistent mieux que les fabricants

Sabine Ganansia |  le 14/02/2014  |  France entièreInternational

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Alors que leurs clients et leurs fournisseurs affichent des baisses d’activité, les distributeurs et loueurs de matériels ont plutôt bien résisté en 2013. Pourquoi ?

Malgré une année 2013 qui a vu baisser l’activité du bâtiment de 2,6 % (selon la Fédération française du bâtiment), et celle des travaux publics de 3 % (selon la Fédération nationale des travaux publics), les loueurs et distributeurs de matériels semblent avoir résisté à la crise. Selon les chiffres de la Fédération nationale des loueurs, distributeurs et réparateurs de matériels de bâtiment, de travaux publics et de manutention (DLR) au troisième trimestre 2013, l’activité location a connu une hausse de + 5 %, et la distribution un petit + 1 %. Leur chiffre d’affaires reste stable : autour de 4 milliards d’euros pour les loueurs, un peu moins de 5 milliards pour les distributeurs. Dans le même temps, à l’autre bout de la chaîne, les fabricants et les importateurs d’engins annoncent une baisse.

Variable d’ajustement

Comment expliquer ce décalage ? « C’est une stabilité mécanique, explique Bertrand Carret, président de la commission location du DLR. Quand il n’y a pas de visibilité dans les TP et le bâtiment, il n’y a pas d’investissement car les banques ne financent plus. Donc, les entreprises qui travaillent louent leurs machines faute de les renouveler. Le revers de la médaille, ce sont les risques financiers, qui passent des banques aux loueurs, et l’érosion des marges des loueurs, qui se poursuit depuis des années. » Importante variable d’ajustement en temps de crise, la location devrait poursuivre sa courbe positive en 2014, comme en témoigne Paul-Henri Dubreuil, PDG du groupe Dubreuil, qui compte sur une hausse de 5 % à 10 % de son activité location d’engins de chantier : « Nous sentons une vraie demande de nos clients pour la location, y compris de courte durée. On leur livre le matériel sur le chantier, on l’entretient… Tout cela a un coût, mais c’est une souplesse et une maîtrise des frais variables. La location n’a pas fini de se développer ; le marché est loin d’être arrivé à maturité. C’est un secteur que nous avons bien développé depuis deux ans. C’est grâce à cette diversification que nous sommes bénéficiaires en 2013. Heureusement que nous ne sommes pas restés simple concessionnaire ! » se félicite celui dont l’activité liée aux engins de travaux publics a dégagé un chiffre d’affaires de 147 millions d’euros en 2013. Là encore, ce sont les services annexes qui sauvent les distributeurs, comme la vente de pièces détachées, les prestations d’atelier ou le négoce de machines d’occasion. Car, en ce qui concerne les pures livraisons de matériels neufs, c’est bel et bien une baisse qu’enregistrent les fabricants. Les importateurs de matériels étrangers finissent l’année 2013 avec 5 % en unités, mais seulement 11 % pour les gros matériels de terrassement tels que les niveleuses et les tombereaux articulés, qui ne dépassent pas 6 500 unités. Les industriels français, dont les usines sont sur le territoire, s’en sortent mieux ( 2 %) car ils bénéficient d’une reprise des exportations, notamment vers l’Amérique du Nord.

Marché durablement morose

Et 2014 ? Les carnets de commandes restent faiblement garnis mais l’activité pourrait repartir. En effet, bien que les entreprises de bâtiment et de travaux publics aient peu investi depuis 2008, le renouvellement de leurs matériels est devenu une nécessité. Autre point positif : si le bâtiment neuf est en net recul ( 8,9 % en 2013, FFB), il faut le dissocier de la rénovation qui, elle, se porte mieux. Et certains secteurs comme le paysagisme résistent bien. Quant aux grands chantiers, qui ont amorti la chute du marché en 2013, ils se poursuivront en 2014. On ne peut donc pas parler de catastrophe, même pour les industriels dont les restructurations engagées après la crise de 2008 ont perduré. Avec pour conséquence des entreprises redimensionnées, dont les coûts de production se sont adaptés à des conjonctures entre 5 % et +5 %. « Je ne vois pas d’amélioration de la conjoncture en 2014 par rapport à 2013, mais pas de dégradation non plus, conclut Paul-Henri Dubreuil. Nous nous sommes durablement installés dans un marché morose. Il faut faire avec. On s’habitue à la médiocrité de marchés contractés. L’environnement est différent. Nous ne sommes plus face à une crise mais à un changement d’époque. Il y a moins de constructions neuves, moins d’usines à construire. Mais, pour les plus agiles et les plus réactifs, il reste des solutions à trouver. »

(*) ventes des pelles sur chenilles, pelles sur pneus, minipelles, chargeuses-pelleteuses, chargeuses sur pneus.

PHOTO - 773298.BR.jpg
PHOTO - 773298.BR.jpg - © Source : Eole/Le Moniteur
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PHOTO - 773284.BR.jpg - ©

Les ventes en France de matériels de BTP en unités
(Source cisma/seimat - EOLE)

MATÉRIELS

2013

2012

2013/2012

Tracteurs sur chenilles

136

209

- 35 %

Chargeuses sur chenilles

47

47

0 %

Chargeuses sur pneus > 5,5 t

888

950

- 7 %

Chargeuses sur pneus < 5,5 t

1 282

1 230

4 %

Pelles sur chenilles

2 971

3 028

- 2 %

Pelles sur pneus

1 332

1 520

- 12 %

Tombereaux articulés

259

296

- 13 %

Tombereaux rigides

31

53

- 42 %

Niveleuses

40

70

- 43 %

Chargeuses-pelleteuses

710

1 000

- 29 %

Minipelles

7 635

7 905

- 3 %

Rouleaux à guidage manuel

972

971

0 %

Rouleaux autoportés

1 584

1 376

15 %

Chargeuses compactes

592

764

- 23 %

Chariots télescopiques

6 523

5 950

10 %

Nacelles

3 858

4 873

- 21 %

Finisseurs

125

159

- 21 %

Grues mobiles

186

170

9 %

Bétonnières portées

586

713

- 18 %

TOTAL

29 757

31 284

4,9 %

30 000 unités par an

Depuis trois ans, le marché français des engins de chantier s’est stabilisé autour de 30 000 unités. Avant la crise de 2009, les ventes étaient plus volatiles, avec des cycles beaucoup plus marqués à la hausse comme à la baisse. La linéarité actuelle traduit un marché mature, porté essentiellement par le renouvellement du parc existant.

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