Entreprises de BTP

Les Coulisses du Bâtiment : des collégiens sur le chantier de Jussieu

Vendredi 10 octobre, 9h05, campus de Jussieu (Paris).

Des étudiants en retard se pressent à l’entrée de la faculté. De l’autre côté du bâtiment, un groupe de collégiens piétine, les réflexions fusent : « Ton casque est carrément trop grand », lance l’un d’eux à son camarade, « et toi, tu t’es vu avec ton gilet jaune fluo ? », rétorque l’autre. Ces 22 élèves de troisième du collège parisien Notre Dame de la Gare s’apprêtent à visiter le chantier de réhabilitation du Campus de Jussieu dans le cadre des Coulisses du Bâtiment.

Organisée par la FFB, cette manifestation ouvre, du 9 au 11 octobre, les portes de près de 300 chantiers nationaux au grand public. Objectif : faire découvrir les métiers du bâtiment.
Casque vissé sur la tête, gilet de sécurité sur les épaules, les collégiens écoutent, amusés, les consignes de Sébastien Escladé, conducteur de travaux de Bouygues Construction en charge de la visite : « Faites attention où vous mettez les pieds, ne courez pas, n’enlevez pas vos casques et restez toujours groupés », prescrit-il. Pas de temps à perdre, dans une heure, un nouveau groupe d’élèves prendra leur place. Au programme : sensibilisation aux règles de sécurité, projection d’un film de présentation des travaux et visite du chantier.

En chemin vers la salle de visionnage, les élèves observent, pointent du doigt, commentent discrètement la hauteur de telle façade ou le masque de protection de tel compagnon. Encore un peu intimidés, encore un peu distraits. Durant le film, guère de bavardages. Les élèves commencent à s’impliquer, certains prennent même des notes. A l’écran, la présentation du chantier : sa problématique, ses contraintes, ses difficultés comme la découverte de plomb et d’amiante qui a perturbé l’avancée des travaux. Le film semble capter l’intérêt des jeunes gens. Et bientôt, entrée dans le vif du sujet : la visite du chantier.

Visite du chantier

La découverte des travaux de la rotonde (bloc circulaire qui entoure les escaliers) fait émerger la première question. Quelques dizaines de mètres plus loin, la réalisation des coffrages suscite davantage de doigts levés. Des filles, le plus souvent, s’interrogent sur les risques de chute ou le poids des matériaux. Cédric, 14 ans, est le premier garçon à témoigner sur sa présence: « Je suis là pour découvrir les métiers du bâtiment et leur fonctionnement. Je ne m’imaginais pas qu’un chantier soit aussi grand. C’est intéressant. Surtout l’explication sur la structure gonflable installée au-dessus la cafeteria des étudiants », détaille le jeune garçon.
Au passage des élèves, les compagnons jettent un regard furtif, un brin attendri. L’un deux confie : « C’est sympa d’avoir cette jeunesse sur le chantier, ça change le quotidien. Ils ont l’air impressionnés par nos masques, nos tenues et nos outils ». A mi-visite, Sébastien Escladé donne de la voix. Les bruits du chantier masquent presque ses explications. Il décrit une barre d’accès aux rotondes, partie du chantier quasiment terminée. Bien moins embarrassés, les élèves n’hésitent plus à le questionner sur les formations dans le bâtiment, les difficultés du métier… Roxanne 15 ans s’étonne de la présence féminine sur le chantier : « Je ne pensais pas qu’il y avait autant de femmes qui travaillent sur un chantier. Moi, je ne pense pas m’orienter vers les métiers du bâtiment. Le métier a l’air d’être difficile et physique. », déclare-t-elle.

Impressionnés par la taille des travaux, la plupart de ces collégiens ignorait tout de la réalité d’un chantier. A la fin de la visite, leurs connaissances paraissaient plus précises. L’an dernier, six élèves de leur collège se sont orientés vers une formation dans le bâtiment.

Caroline Arnaud

Focus

Le chantier de réhabilitation du campus de Jussieu en bref



La réhabilitation du campus de Jussieu a démarré en 1998. Combinant désamiantage et rénovation, le chantier couvre 110 000 m2 de surface, 17 000 m2 de façade et 9 niveaux de superstructures et d’infrastructures. Outre leur taille, la complexité du projet repose sur l’occupation des lieux par les étudiants durant les travaux. Autre difficulté : le respect du projet architectural d’ensemble. De style urbain, le site comprend plusieurs œuvres précieuses à rénover comme le sol du patio nord exécuté par le peintre français Victor Vasarely ou le « Gril d’Albert », une œuvre architecturale datant des années 70. Parmi les nouvelles réalisation : une charpente métallique recouverte d’une toiture gonflable de 1 700 m2. La fin de la réhabilitation est prévue pour 2015.

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