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Les compteurs répartiteurs télérelevés, un marché prometteur
Les compteurs répartiteurs télérelevés, un marché prometteur - © © Guillaume Maincent

Les compteurs répartiteurs télérelevés, un marché prometteur

Guillaume Maincent |  le 14/05/2014  |  BâtimentCôte-d'OrHaute-SaôneAubeTerritoire de Belfort

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Serpent de mer réglementaire dans le logement collectif, la facturation des charges d’eau et d’énergie en fonction de la consommation réelle devient facile grâce aux nouvelles technologies de comptage et de télérelève. À Belfort, les index sont établis au mètre cube près et télérelevés mensuellement. Une belle source d’économies.

Dans le logement collectif, cela fait quarante ans que la loi demande de facturer les consommations de chauffage et d’eau chaude sanitaire en fonction des consommations réelles des usagers. La loi Grenelle 2 et son décret du 23 avril 2012 l’ont répété, au nom des économies d’énergie. En effet, indexer ces frais sur la consommation réelle, logement par logement, au lieu de constituer un pot commun auquel chacun cotise « à la louche » dans les charges, constitue un excellent moyen d’économiser de l’énergie.

La directive européenne de 2012 sur l’efficacité énergétique le prévoit aussi, donnant comme échéance fin 2016 lorsque c’est « techniquement faisable et économiquement rentable ».

130 euros d’économies par an sur la facture de chauffage au fioul d’un 67 m2


Prestataire de pose et de télérelève de compteurs répartiteurs, la société Ista avance le chiffre de 20 % environ de gains potentiels. « Cela représente une économie de 130 euros par an sur la facture de chauffage de l’appartement français moyen, un trois-pièces de 67 m2 chauffé au fioul », a calculé Christophe Conquy, directeur marketing et commercial.

Il est vrai qu’avec une facture individualisée au mètre cube ou au kilowattheure près, le consommateur se sent beaucoup plus sensibilisé aux économies possibles. Ce qui vaut d’ailleurs aux opérations de pose des équipements d’être éligibles aux certificats d’économies d’énergie.

« 90 % des Français vivant en logement collectif n’ont pas de compteur divisionnaire pour l’eau et le chauffage. À 45 euros par an et par logement, le jeu en vaut la chandelle », assure Laurent Sireix, PDG d’Ista France, qui compte équiper cette année 33 000 nouveaux logements en compteurs individuels d’énergie, tant dans le parc social que dans les copropriétés privées. D’autant que le matériel est aujourd’hui facilement télérelevable : le bailleur reçoit d’Ista des index mensuels collectés, logement par logement, par des boîtiers sans fil placés en haut de chaque immeuble. La société assume l’investissement, et se rémunère avec ce loyer de 45 euros par logement demandé au bailleur, que celui-ci répercute dans les charges locatives.

 L’entreprise compte sur l’application de la RT 2012, très exigeante en termes de monitoring, pour doper son activité, et sur le recul de l’électricité comme énergie de chauffage dans le logement collectif neuf, au profit des énergies de réseau avec compteur global en pied d’immeuble. La construction neuve est bien la locomotive, mais il ne faut pas oublier l’ancien : un marché de quelque 4,5 millions de logements !

Pour l’eau aussi

On aurait également tort de privilégier l’énergie en laissant l’eau de côté. Et cela, même si la loi ne demande une facturation assise sur les consommations réelles que pour le neuf, depuis la loi sur l’eau de 2006. Les compteurs répartiteurs télérelevables peuvent en effet être posés sur les colonnes d’eau froide et d’eau chaude sanitaire (quand elle est collective), dans le même esprit : facturer au plus juste, donc inciter aux économies. C’est ce que vient de faire Territoire Habitat, l’office public de l’habitat du Territoire de Belfort, pour 9 000 de ses 11 566 logements sociaux. Quelque 18 000 compteurs mesurent ainsi les consommations réelles d’eau froide et d’eau chaude logement par logement, et envoient leurs index chaque mois au centre informatique d’Ista par le biais de concentrateurs sans fil. Ista restitue les données, en mètres cubes, à l’office, qui facture ses locataires en euros. « L’habitant paie sa consommation réelle le mois suivant. Et nous pouvons l’alerter si le relevé fait apparaître une consommation inhabituelle », apprécie Jacques Mougin, directeur général de l’office public. Une bonne manière de détecter une fuite !

21 euros d’économie par an et par logement sur la facture d’eau

Un an et demi après avoir posé le dernier de ces compteurs communicants, Territoire Habitat en tire un bilan positif : sur l’année 2013, l’opération a généré une économie de 54 000 mètres cubes d’eau, soit 21 euros par logement équipé. « 80 % des locataires ont constaté une baisse, surtout pour l’eau chaude, avec des gains allant jusqu’à 15 euros par mois », détaille Jacques Mougin. La télérelève renchérit la location du matériel d’un euro par mois, soit douze euros par an et par logement. C’est-à-dire un peu plus de la moitié de l’économie moyenne de 21 euros constatée l’an dernier sur le parc de 9 000 logements belfortains équipés. Un coup gagnant, donc, pour Territoire Habitat, qui, par la même occasion, en a terminé avec les relèves manuelles et leur lot de mauvaises surprises (locataires absents, autorelevés fantaisistes, index mal lus, etc.). Fort de cette expérience, Ista a convaincu trois autres offices HLM de faire de même : à Troyes, Dijon et Vesoul, chacun pour 10 à 15 000 compteurs.

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