En direct

« Les communes peuvent jouer un vrai rôle dans la décarbonisation »
PHOTO - pierret.eps - © Service communication/Mairie de Saint-Dié-des-Vosges

« Les communes peuvent jouer un vrai rôle dans la décarbonisation »

Propos recueillis par Cyrille Emery |  le 12/11/2010  |  VosgesCollectivités localesDéveloppement durableRéglementationEnvironnement

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Vosges
Collectivités locales
Développement durable
Réglementation
Environnement
Valider

Maire de Saint-Dié-des-Vosges, président délégué de la Fédération des maires des villes moyennes (FMVM), Christian Pierret est également vice-président du Cercle Colbert pour une nouvelle gestion publique locale (1). Il porte un regard d’expert sur les enjeux du développement durable au niveau local.

Quels sont les enjeux du développement durable aujourd’hui pour les communes ?

Le développement durable n’était pas une préoccupation il y a encore quelques années. Nous avions alors des préoccupations qui étaient strictement environnementales. Le déve-loppement durable est apparu pour nos communes avec le Grenelle 1 et le Grenelle 2, notamment sous la poussée de média tels que « Le Moniteur ». Il intervient aujourd’hui comme un concept qui nous oblige en quelque sorte, en tant qu’élus locaux, à économiser nos moyens tout en cherchant à servir au mieux nos concitoyens. Il nous amène à économiser les émissions de carbone dans l’ensemble de nos actions. Les communes peuvent jouer un vrai rôle dans la décarbonisation de notre économie. Elles en sont maintenant conscientes, ce qui est assez nouveau.

Peut-on citer des exemples ?

Bien sûr. D’abord, nous demandons aux entreprises de travaux publics d’utiliser de nouveaux revêtements de route qui ont une épaisseur plus faible et une résistante plus grande. Ces matériaux sont économes en dérivés de pétrole, même s’ils coûtent plus cher. Ensuite, nous nous imposons de nouvelles normes d’économie : par exemple, dans une salle d’exposition culturelle, nous avons installé des doubles vitrages et changé les menuiseries. Nous insistons sur l’isolation des bâtiments et l’utilisation de matériaux issus du bois. Nous modernisons notre éclairage public, avec le passage aux LED. Des horloges automatiques réduisent l’intensité de l’éclairage à certaines heures de la nuit. Nos lampes sont garanties onze ans, d’où des économies sur la durée.

Nous avons essayé d’utiliser des véhicules électriques, mais nous y avons renoncé car, au moins dans les Vosges, cela ne convient pas. Ces véhicules sont fragiles et ont trop peu d’autonomie à l’heure actuelle. Mais cela évoluera. En revanche, nos bus sont déjà aux normes européennes qui seront applicables en 2014.

L’ensemble de ces choix peut-il être assumé financièrement ?

Ça coûte plus cher dans l’immédiat, c’est certain. Le retour sur investissement est plus ou moins long. Aujourd’hui, l’état de l’art fait que certains procédés, tels que le photovoltaïque, ont un retour sur investissement un peu long, mais cela évolue très vite. Nous consentons aussi de gros investissements dans le domaine du chauffage. Nous avons dépensé 120 000 euros l’an dernier pour changer douze chaudières. Par ailleurs, nous installons un système de chaufferie au bois qui utilise la biomasse à 80 %, et le MWh va passer de 145 euros à 105 euros en chauffant un quartier d’habitat social, deux lycées, un hôpital, deux écoles et un groupe d’immeubles… Nous obtenons une économie sur le MWh, mais cela nécessite un investissement lourd au départ.

Construisez-vous des bâtiments basse consommation (BBC) ?

Notre office public de l’habitat construit désormais ses bâtiments en BBC, ce qui coûte 15 à 20 % plus cher. L’office a même construit le premier bâtiment de cinq étages à énergie positive d’Europe ! En contrepartie de ce surcoût, les charges locatives ont baissé. Cela permet de libérer du pouvoir d’achat pour les familles qui y logent. Ces actions nous imposent d’exploiter nos 1350 hectares de forêt et cela nous coûte chaque année entre 50 000 et 70 000 euros en entretien. Donc, le développement durable est coûteux. Mais si on peut l’amortir sur une durée raisonnable et si le gain environnemental est suffisant, il n’y a pas à hésiter.

(1) www.cercle-colbert.fr

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Diagnostic, entretien et réparation des ouvrages en béton armé en 44 fiches pratiques

Diagnostic, entretien et réparation des ouvrages en béton armé en 44 fiches pratiques

Date de parution : 03/2020

Voir

Valorisation de l’immobilier d’entreprise par l'externalisation des actifs et autres solutions

Valorisation de l’immobilier d’entreprise par l'externalisation des actifs et autres solutions

Date de parution : 02/2020

Voir

Accessibilité en ville : guide des équipements publics

Accessibilité en ville : guide des équipements publics

Date de parution : 02/2020

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur