Les climaticiens dans les starting-blocks
L'UECF/FFB, l'Union des entreprises de l’énergétique et du génie climatique de France (5 500 entreprises (68 000 salariés; CA cumulé 8,9 milliards - chiffres 2008), toutes membres de la FFB. - © © UECF

Les climaticiens dans les starting-blocks

AXELLE SAADA |  le 25/11/2010  |  ParisEquipementFormation BTPFrance

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Congrès UECF -

Alors qu’elles se réunissent à Paris les 26 et 27 novembre, les entreprises de génie climatique et énergétique se préparent à l’énorme marché de l’éco-efficacité énergétique. Sans renier toutefois leurs activités traditionnelles.

Les résultats de l’étude prospective de l’Observatoire national du bâtiment (ONTSBTP) l’affirment clairement : les métiers de la climatique figurent, avec ceux de l’isolation et de l’installation électrique, parmi les plus fortement impactés par l’émergence du marché de l’éco-efficacité énergétique. Ce que ne contestera pas Jean-François Marty, le président de l’Union des entreprises de génie climatique et énergétique de France (UECF), qui se déclare très « optimiste face à ce marché énorme »…

Pour autant, l’étude révèle que ce marché naissant va mettre du temps à s’installer, et ne se déploiera sans doute pas dans les proportions espérées.
« Il faut être raisonnable et patient », résume Philippe Dresto. Pour le responsable du pôle Etudes de l’ONTSBTP, si le marché de l’éco-efficacité énergétique représente bien un tas d’or sur lequel sont assises les entreprises du secteur, encore leur faut-il creuser au bon endroit - et au bon moment - pour dénicher la pépite… Ainsi, les entreprises qui se sont lancées exclusivement sur un marché de la pompe à chaleur nourri au crédit d’impôt ont dû encaisser une chute d’activité de 30 %. « L’aide de l’Etat doit être structurée et stable, ajoute Philippe Dresto. Si la donne est mouvante, il sera difficile d’asseoir une filière. »

Miroir aux alouettes

Les facteurs exogènes tels que les incitations fiscales ou le prix de l’énergie jouent un rôle essentiel dans la mise en place de ces marchés, comme le montre l’étude de l’Observatoire (voir ci-contre).
Pour autant, les professionnels doivent se mettre en ordre de bataille. A l’instar de l’Union des entreprises de génie climatique et énergétique de France qui se prépare, depuis plusieurs années déjà, à fournir aux climaticiens les outils qui leur permettront de proposer à leurs clients la meilleure solution, qu’elle intègre ou non des énergies renouvelables. Et surtout d’en garantir le résultat, ce que permet désormais l’assurance conçue par le courtier Verspieren (cf. ci-dessous). Cette dernière constituera un véritable outil « commercial » pour l’entrepreneur, très utile dans un contexte économique tendu. Car s’ils ont connu, en 2009, une situation moins difficile que d’autres métiers, du fait notamment d’une activité largement tournée vers la rénovation, et d’un hiver très rigoureux, les climaticiens ont vécu un début d’année 2010 en décroissance sur tous leurs métiers. Cette fin d’année semble toutefois marquer un très léger retournement, avec une croissance à peine supérieure à zéro. Une amélioration qui devrait se poursuivre en 2011 sur un rythme plat.

« Garantir au client des économies d’énergie »

Claude Delahay, directeur de l'activité Construction de Verspieren, courtier en assurances.

- Vous venez de concevoir une assurance à destination des chauffagistes. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un tout nouveau contrat que nous avons bâti avec l’UECF et qui se destine, dans un premier temps, à ses chauffagistes adhérents. Concrètement, il permet au chauffagiste de garantir à son client, dont il remplace la chaudière ou le brûleur, un pourcentage d’économie en kilowatt sur une année ; et s’il n’arrivait pas au résultat escompté, de le dédommager du bénéfice non obtenu. A charge ensuite pour le professionnel de se faire indemniser par son assureur.

- Quelles sont les conditions de cette garantie ?

Il existe trois conditions cumulatives : il faut un contrat d’entretien de l’installation de chauffage ; un désembouage ; un équilibrage. En outre, nous exigeons un suivi de la consommation de chauffage au moins une fois par an, réalisé à partir de l’outil mis au point par le Costic, qui est le centre d’études du génie climatique créé par l’UECF. C’est ce même outil qui indiquera au climaticien le pourcentage d’économie sur lequel il pourra s’engager.

- Combien coûte la garantie ?

Que ce soit sur le logement collectif ou sur la maison individuelle, la garantie s’étalera sur quatre ans, après une première année de réglage. La garantie est plafonnée à 100 000 euros d’économies sur quatre ans pour le collectif, et à 20 000 euros pour la maison individuelle. Quant à son prix, il est fixé, pour les quatre années, à 130 euros par lot chauffé dans le collectif, et à 270 euros pour la maison individuelle. A ce jour, un seul assureur - britannique - a accepté de délivrer ce produit issu de notre gamme Batigreen.

« Nous devons rester des généralistes »

Jean-François Marty, président de l'Union des entreprises de génie climatique et énergétique de France (UECF)

- Vous êtes à l’origine de l’étude menée par l’Observatoire du BTP sur les marchés de l’éco-efficacité énergétique. Quels enseignements en tirez-vous ?

Ils sont de trois ordres. L’étude a d’abord révélé que le marché de l’amélioration de l’efficacité énergétique devait être aidé sous peine de rester un marché de remplacement : les clients ne remplaceront leur chaudière que lorsque celle-ci cessera de fonctionner, mais pas avant, ce qui ralentira inévitablement son émergence. Ensuite, elle nous conforte dans l’idée que l’entrepreneur de génie climatique ne doit pas abandonner son métier « traditionnel » au profit d’activités soutenues par des crédits d’impôt. Enfin, nous devons veiller à ne pas faire de contre-performance avec de mauvaises installations sous peine de tuer ce marché porteur.

- Pourquoi ce travail avec le courtier Verspieren ?

Remplacer une chaudière classique par une solution intégrant par exemple du solaire entraînera pour nos clients un surcoût évident. Pour l’accepter, ils ont besoin de savoir quelle économie d’énergie ils pourront réaliser, et de disposer d’un certificat de performance énergétique qui leur garantisse une économie réelle. C’est ce qui nous a amenés à travailler avec ce courtier.

- Quel message souhaitez-vous adresser à vos adhérents ?

Nous devons rester des généralistes, capables à la fois de délivrer le meilleur conseil à notre client, de mettre en œuvre n’importe quelle technique, et de lui garantir le résultat produit. Un résultat qui ne peut plus être seulement climatique (prise de température) mais énergétique (consommation d’énergie).

Quatre scénarios pour l’avenir

Réalisée avec l’ensemble des acteurs de la filière bâtiment et des experts organisés en groupes de travail, une grande étude prospective, menée pendant plus d’un an par l’Observatoire national du bâtiment, a permis de déterminer les avenirs possibles du marché de l’éco-efficacité énergétique (EEE) à horizon 2020.
Quatre grands scénarios se dégagent ; ils sont fonction de l’évolution de six données essentielles que sont le contexte économique et la croissance, la réglementation du marché de l’énergie, la réglementation thermique, la politique d’incitation gouvernementale, le prix de l’énergie et la position des banques.

Scénario A

Une situation proche de celle d’aujourd’hui

Dans cette hypothèse, la tendance économique est similaire à celle que nous connaissons aujourd’hui : une croissance molle, un prix de l’énergie qui ne décolle pas, un Etat endetté qui ne dispose pas forcément des moyens nécessaires pour développer la filière et limite donc les incitations fiscales. Et compte tenu du contexte économique, les banques se montrent extrêmement frileuses et ne sont pas enclines à jouer le jeu.

conclusion

Le marché ne peut se développer que très modérément.

Scénario B

Le marché a les moyens de s’installer

Il s’agit du plus optimiste de tous les scénarios : dans cette configuration, tous les indicateurs sont au vert. L’Etat a de l’argent et dispose donc de moyens suffisants pour mener une politique incitative. C’est le retour de la croissance. En outre, avec un prix de l’énergie plus élevé, le marché de l’éco-efficacité énergétique s’impose comme une nécessité. Enfin, les banques se dégèlent et se montrent plus audacieuses.

conclusion

Objectifs du Grenelle atteints : le marché de l’EEE va tripler sur les dix prochaines années.

Scénario C

Le prix de l’énergie pousse l’EEE

Ce scénario met en scène l’hypothèse selon laquelle il n’y a toujours pas de reprise conjoncturelle forte, les incitations étatiques demeurent insuffisantes. La croissance, molle, équivaut à celle d’aujourd’hui. En revanche, l’énergie, qui se raréfie, coûte plus cher. Le marché s’impose donc davantage comme une nécessité pour les donneurs d’ordres. Il s’agit, selon l’Observatoire national du bâtiment, du scénario le plus probable.

conclusion

Le marché de l’éco-efficacité énergétique va doubler à l’horizon 2020.

Scénario D

La naissance se fait dans la douleur

Ce scénario catastrophe est celui que tous les experts redoutent : il faut imaginer une grave crise à la fois économique, sociale et énergétique. Les acteurs économiques n’ont pas les moyens de mettre en œuvre le marché de l’EEE et doivent en outre payer l’énergie au prix fort, fragilisant encore davantage leur santé financière. Dans un tel contexte, les banques refusent en outre d’injecter de l’argent.

conclusion

Ce nouveau marché est vécu comme une contrainte et n’émerge pas véritablement.

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