Immobilier

« Les classes moyennes sont les grandes oubliées du projet de loi Elan », Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Matériel - Equipement de chantier

Dans une interview accordée au Moniteur, la présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), revient sur la stratégie logement du gouvernement. Elle milite pour obtenir un délai pour le retrait du Pinel en zone B2, une solution pour développer le logement intermédiaire et… pour programmer la mixité sociale au niveau du quartier, et non plus à l’échelle de l’immeuble.

Trop chers, ne profitant qu’aux ménages aisés, addictifs pour les promoteurs… Les dispositifs d’investissement locatif de type Pinel ont été pilonné par la Cour des comptes mi-avril…. Que lui répondez-vous ?

Alexandra François-Cuxac : Je partage le constat de la Cour des comptes sur la faiblesse du pilotage de suivi et de contrôle du dispositif, à cause d’une insuffisance de données produites par les services fiscaux. Mais son analyse est très discutable et les recommandations trop partielles.

Les Sages laissent entendre que les plafonds de loyers [des dispositifs fiscaux, NDLR] sont structurellement plus élevés que les loyers de marchés. C’est une assertion excessive et non documentée. Le gouvernement a fixé les plafonds de loyers du dispositif Pinel 20% en dessous des loyers de marchés. Toutefois, il peut arriver que dans certaines communes de certaines zones (B2 notamment, NDLR), les loyers doivent être réajustés. Mais il ne s’agit pas d’un écart structurel.

Par ailleurs, la Cour estime qu’un logement Pinel coûte deux à trois fois plus cher aux finances publiques qu’un HLM. Or, elle n’explique pas son mode de calcul et elle fait référence à des coûts bruts, qui ne tiennent pas compte des recettes fiscales dégagées par le Pinel, notamment la TVA et l’IS.

Enfin, je tiens à rappeler que les promoteurs ont vendu 60 000 logements sous ce régime en 2017, dont plus de 80 % se situent en Ile-de-France et dans les métropoles régionales les plus dynamiques.

 

« Nous avons subi le retrait du Pinel des zones B2, et avons uniquement négocié une sortie la moins brutale possible »

 

Mais faute de rentabilité , le Pinel reste marginal à Paris et dans sa première couronne, où les besoins sont criants…

A.F-C. : Dans ce territoire, les prix sont en énorme tension. Le dispositif Pinel a peut-être besoin d’être remodelé au niveau des plafonds loyers et de la limite des 300 000 € (seuil maximal de calcul de la base de la réduction d’impôt, NDLR).Or ces questions ne sont pas abordées dans le rapport de la Cour des Comptes.

Cette dernière préconise une sortie progressive et sécurisée. Mais on ne peut pas condamner un dispositif dans son ensemble parce qu’il doit être recalibré dans certaines zones !

 

Pourtant, le Pinel en zone B2 a vocation à s’éteindre, et la FPI a négocié sa sortie en sifflet…

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