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Les cinq points à retenir de la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie
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Les cinq points à retenir de la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie

Augustin Flepp |  le 25/01/2019  |  Ministère de la Transition écologique et solidaireEnergieEnergies renouvelablesPanneau photovoltaïqueRénovation énergétique

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Très attendue par les professionnels du bâtiment et de l’énergie, la nouvelle PPE a (enfin) été dévoilée par le gouvernement. Cette feuille de route établie pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028 constitue l’un de deux leviers de l’Etat français – avec la stratégie nationale bas carbone – pour tenir les objectifs de l’accord de Paris, et atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Le bâtiment mis à forte contribution

Premier consommateur d’énergie en France, le bâtiment va être mis à rude épreuve. L’action du gouvernement repose sur trois piliers : la nouvelle réglementation environnementale 2020 dans le neuf, le plan de rénovation énergétique des bâtiments lancé en avril 2018 et l’accélération des énergies renouvelables dans le bâtiment.

L’Etat veut faire appel aux professionnels du bâtiment de l’immobilier, aux ONG, aux collectivités territoriales et aux entreprises de l’énergie pour mieux identifier les solutions de rénovation et améliorer la connaissance des aides existantes auprès des ménages. Le ministère de la transition écologique a déjà lancé une campagne d’information (FAIRE) qui vise à réunir tous les acteurs publics et privés autour de la rénovation énergétique et des énergies renouvelables. Un site d’internet a été créé pour l’occasion.


Un déploiement massif des EnR électriques


Pour le gouvernement, l’un des principaux piliers de la décarbonation du mix énergétique repose sur « l’électrification » des usages. Son plan vise à porter la part des énergies renouvelables électriques à 40% dans la production nationale en 2030 (objectif de la LTE), contre 17% en 2017 (source : RTE). Dans son scénario, le ministère de la transition écologique mise sur le déploiement massif du solaire photovoltaïque (20,6 GW, +136% en 2023), de l’éolien terrestre (25,7 GW en 2023, +80% par rapport à 2018) et dans une moindre mesure de l’éolien offshore (2,4 GW). Pour accélérer le développement de ces filières, des mesures de simplification administrative seront prises afin de raccourcir les délais de livraison, indique le texte sans plus de précisions.


Dans l’éolien terrestre, le gouvernement a l’attention de rendre obligatoire d’ici 2023 le recyclage des matériaux constitutifs des éoliennes lors de leur démantèlement et de favoriser la réutilisation des sites éoliens en fin de vie. L’exécutif espère ainsi limiter l’emprise au sol des parcs éoliens qui ont fait l’objet de nombreuses contestations au niveau local. Car l’installation de mâts est amenée à se multiplier sur le territoire, passant de 8000 mâts fin 2018 à environ 14 500 en 2028, soit une hausse de 6500 mâts.


Dans le solaire, le gouvernement prévoit un développement plus important des grandes centrales au sol car ce segment se présente, selon lui, comme la plus compétitive, en comparaison avec les petits systèmes sur les toitures. Les projets devront privilégiés l’utilisation de friches industrielles, les terrains militaires et les grandes toitures des bâtiments.
Dans l’éolien offshore, le gouvernement annonce que trois appels d’offres posés et trois appels d’offres flottants totalisant un volume de 3,25 GW seront lancés dans la première période la PPE.
Pour la géothermie et la biomasse produisant de l’électricité, les aides publiques à ces deux filières seront réservées à la production de chaleur, précise la PPE.

La sortie des énergies fossiles

La sortie progressive des énergies fossiles se dessine chez le gouvernement. Dans le scénario dévoilé par le ministère de la transition écologique, la consommation primaire de charbon, pétrole et gaz naturel diminuera d’environ 30%, de 1412 TWh en 2017 à 940 TWh en 2028. Le charbon qui est utilisé par 20 000 français pour se chauffer sera mis à forte contribution. En effet, sa production reculera de 80% pour atteindre 27 TWh.

Le gouvernement affiche régulièrement sa volonté de fermer les dernières centrales à charbon d’ici 2022. Mais dans un courrier du 11 janvier adressé aux représentants de la centrale de Cordemais, François de Rugy a fait savoir que la cession de cette activité devra tenir compte de la sécurité d’approvisionnement, et notamment de la date de mise en service de l’EPR de Flamanville. RTE a également étudié la possibilité de maintenir une centrale à charbon au-delà de 2022.
Pour le reste, la PPE entend diminuer de 35% la part des produits pétroliers (fioul) et de 19% celle du gaz naturel.


Un fonds chaleur renforcé


Dans la chaleur, le gouvernement veut doper la contribution des énergies renouvelables qui ne représentait que 21% de la production finale en 2016. La PPE vise à augmenter de 40 à 60% la production de chaleur renouvelable par rapport à 2016, soit entre 35% et 39% de la consommation total en 2028. Le ministère de la transition écologique a confirmé le renforcement du Fonds chaleur. Piloté par l’Ademe, le dispositif qui a connu plusieurs coups de rabot ces dernières années voit son budget porter à 307 millions d’euros en 2019, à 350 M€ en 2020 et à 339 M€ en 2022.

Par ailleurs, une des mesures envisagées par l’exécutif dans le cadre de la future réglementation environnementale serait de rendre obligatoire un taux minimum de chaleur renouvelable dans tous les bâtiments neufs (résidentiel et non résidentiel) dès 2020. Pour les ménages modestes, le CITE intègre désormais les coûts de main d’œuvre pour l’installation de chaleur renouvelable.
Hormis la biomasse qui représente 80% de la production de chaleur renouvelable en 2016, la PPE a pour ambition de doubler la production des pompes à chaleur aérothermiques et géothermiques, de multiplier par six le biogaz et par trois le solaire thermique. La trajectoire affichée par le gouvernement penche pour un rééquilibrage du mix énergétique : la part de la biomasse passerait ainsi de 80% en 2016 à 68% en 2028 (scénario haut), les PAC aérothermiques de 14% à 18% et le biogaz de 2% à 7%.


Une hausse limitée du gaz renouvelable


La PPE entend remplacer progressivement le gaz par du biogaz ou des gaz de synthèse comme l’hydrogène ou le Power to gas. A l’horizon 2023, la consommation de gaz s’élèvera à 470 THW, et 420 TWh en 2028. Le gouvernement se montre prudent dans le développement du biogaz avec un objectif de porter à 7% la part du gaz vert dans la consommation en 2030. Il explique que les coûts de production sont aujourd’hui environ quatre fois supérieurs à ceux du gaz naturel. Le développement de capacités de production accrues pourrait permettre de réaliser des économies d’échelles. La trajectoire s’ajustera au rythme de construction de nouvelles capacités en fonction de la baisse des coûts réellement observée.

Un projet soumis à consultation 

Ce projet va maintenant être discuté au sein de plusieurs instances (autorité environnementale, conseil national de la transition écologique, conseil supérieur de l'énergie...) et des états voisins qui vont rendre un avis, demandé par la loi. 
Le public sera invité à donner son avis sur la PPE par internet à l’issue de l’avis rendu par l’Autorité environnementale. Il disposera également de cet avis pour éclairer ses positions.

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