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EDF repousse d'un an la livraison de l’EPR de Flamanville
Le chantier EPR de Flamanville 3. - © © EDF Médiathèque - Alexis MORIN

EDF repousse d'un an la livraison de l’EPR de Flamanville

A.F. |  le 25/07/2018  |  Energie

L'électricien explique le nouveau retard du futur réacteur nucléaire de Flamanville (Manche) par les défauts de qualité détectés dans les soudures du circuit secondaire principal.

 

Le réajustement du planning n’arrange pas les affaires d’EDF, empêtré dans un chantier qui cumule les déboires techniques et financiers. L’électricien a annoncé, ce mercredi, de nouveaux retards et surcoûts pour le réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) à la suite d’anomalies rencontrées sur les soudures du circuit secondaire, le circuit fermé dans lequel la vapeur produite dans le générateur de vapeur est évacuée vers la turbine. « Le chargement du combustible est désormais prévu au 4e trimestre 2019 », indique EDF, alors que cette opération devait intervenir d’ici à la fin de l’année 2018. Ce qui entraîne une hausse de 400 millions d’euros du coût de la construction, évalué désormais à 10,9 milliards d’euros.

Les contrôles menés par EDF ont révélé des défauts de qualité dans les soudures du circuit secondaire principal de l’EPR de Flamanville. Sur les 148 soudures contrôlées, 33 d’entre elles ont présenté des « écarts de qualité » et vont faire l’objet d’une réparation, assure l’électricien. Par ailleurs, 20 autres soudures seront refaites car elles ne respectent pas les exigences dites « de haute qualité » définies par EDF au moment de la conception de l’EPR.

 

Soudures

 

Ce n’est qu’en 2017 que les premiers écarts dans la réalisation des soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur ont été portés à la connaissance de l’ASN. Or, le problème avait été détecté dès 2015 dans l’usine de Framatome, anciennement Areva. Ces tuyauteries sont soumises à une démarche de conception dite « d’exclusion de rupture », ce qui signifie que l'éventualité de leur rupture est exclue.

Selon le gendarme du nucléaire, EDF n’aurait pas spécifié à son sous-traitant (Framatome), en charge de la réalisation des soudures, ces exigences renforcées, faisant porter un risque sur la sûreté des installations. « Les contrôles menés lors de la fabrication en usine ont montré qu’elles ne sont pas toutes respectées pour certaines soudures », rapportait l’ASN dans une note publiée le 22 février dernier.

La semaine dernière, le Réseau Sortir du Nucléaire et Greenpeace France ont d’ailleurs déposé une plainte à ce sujet contre EDF et Framatome pour 10 infractions devant le procureur de la République de Cherbourg.

 

La fermeture de Fessenheim repoussée

 

Ce nouveau retard pris par l’EPR de Flamanville décale donc d’un an l’arrêt de la centrale de Fessenheim, en Alsace. « Ce délai d’un an sera mis à profit pour mettre en œuvre le projet du territoire pour l’avenir de Fessenheim dont la construction réelle a commencé en janvier et dont le calendrier est maintenu », a précisé dans un tweet Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.

 

En janvier dernier, une délégation du ministère s’était déplacée dans le Haut-Rhin pour préparer « l’après-Fessenheim », à savoir un plan de transition énergétique et économique tourné vers les énergies nouvelles et les échanges transfrontaliers. En avril dernier, un appel d’offres a été lancé visant à développer 300 MW d’installations photovoltaïques, dont 100 MW sur des bâtiments et 200 MW au sol.

« Comme à deux reprises depuis janvier, je me rendrai sur place au début de l’automne pour rencontrer les acteurs du territoire et présider la prochaine réunion du comité de pilotage », a indiqué Sébastien Lecornu.

L’annonce par EDF de repousser la fermeture de la centrale alsacienne a suscité de vives réactions chez les opposants à l'atome. Pour les députés de l’EELV, le report de la mise en service de l’EPR « n’est pas une surprise. Mais le gouvernement nous met en danger en refusant la fermeture de la centrale de Fessenheim ».

 

France Nature Environnement rappelle que le coût de la construction avait été évalué à 3 milliards d’euros pour une livraison prévue pour 2012. « Cette centrale nucléaire sans avenir est désormais promise pour 2019-2020 à 10,9 Mds. Stoppons cette course inepte, fermons Fessenheim en 2018 : ça urge ! », presse l’association écologique.

Conçu et développé par Framatone, Ex-Areva, l’EPR de Flamanville (Réacteur pressurisé européen) est une nouvelle génération de réacteurs nucléaire dotés de performances techniques et environnementales élevées : utilisation plus efficace de la consommation, production de déchets radioactifs réduite de 30%, rendement amélioré. Mais l’atteinte de ces objectifs fait débat puisque les retards de construction et les surcoûts se sont accumulés, notamment en France et en Finlande. Livré en juin 2018 après de 4 ans de retard, le réacteur EPR chinois de Taishan 1 est le premier EPR au monde à produire de l’électricité.

 

 

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