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Les chaudières B1 classiques sortent du marché : quelles alternatives ?
- © Pascal Poggi

Les chaudières B1 classiques sortent du marché : quelles alternatives ?

PASCAL POGGI |  le 04/10/2018  |  Artisan chauffagisteChaudière100 % eau et énergie

Les chaudières classiques à coupe tirage – le type B1 – sont remplacées par des B1 « bas NOxs » depuis le 26 septembre 2018.

Tout le monde connaît la directive européenne 2009/125/CE, dite aussi directive ErP pour Energy-related Products ou directive Ecoconception. A propos des générateurs de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire (ECS), elle impose un calendrier d’amélioration du rendement, de réduction du bruit de fonctionnement et, pour les appareils à combustion, d’amélioration de la qualité des fumées.

Rendement et qualité des produits de combustion


A propose des chaudières à gaz, le règlement 813/2013 qui met en musique la directive écoconception demande à compter du 26 septembre 2018 un rendement saisonnier de chauffage ≥ 75% pour les chaudières de type B1 et un taux de NO2 ≤ 56 mg/kWh PCS quel que soit le type de chaudière murale à gaz. Ces deux critères font que les chaudières B1 classiques – définies comme « un dispositif de chauffage des locaux par chaudière à combustible comportant un coupe-tirage antirefouleur, destiné à être raccordé à un conduit à tirage naturel évacuant les résidus de combustion à l’extérieur de la pièce où est installé le dispositif de chauffage, et qui prélève l’air comburant directement dans cette pièce » - ne peuvent plus être mises sur le marché depuis le 26 septembre. Grossistes et installateurs ont cependant le droit d’écouler leurs stocks.

Quel est le problème ?


Environ 2 millions de chaudières B1 classiques sont installées en France, dont, selon Poujoulat, environ 1 million sont raccordées à des conduits individuels maçonnés et un million à des conduits collectifs comme l'alvéole technique gaz, la VMC gaz, le conduit Shunt ou le conduit Alsace. Le problème est simple : que faire en cas de remplacement de ces vieilles chaudières ? Les chaudières B1 classiques ont une température de fumées de l’ordre de 130 à 160 °C, contre 60 à 120 °C pour les chaudières de type B ou C « basse température » et 35 à 80 °C pour les chaudières à condensation de type B ou C. C signifiant chaudière étanche. Les nouvelles chaudières B1 basse température et bas NOx et les chaudières à condensation de type B ou C proposées par les constructeurs répondent au seuil d’exigences du 26 septembre 2018 de la directive Ecoconception, mais elles ne peuvent être installées que sur des conduits collectifs.

Sur conduit individuel, pas de chaudière B1

En effet, comme le rappelle le Synasav (syndicat national de la maintenance et des services en efficacité énergétique), l’arrêté du 22 mars 2017, modifiant l’arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants, interdit les chaudières B1, même conformes à la directive, en raccordement individuel de moins de 10 m de hauteur depuis le 1er janvier 2018, quel que soit le type de conduit : maçonné, VMC gaz, etc. Donc, pour remplacer une chaudière de type B1 sur un conduit individuel, deux solutions existent. Premièrement, tuber les conduits existants pour éviter le risque de condensation des produits de combustion et installer des chaudières à condensation non-étanches (de type B) dans des configurations d’évacuation des conduits de combustion B22, B23, B22p et B23p. Si c’est du chinois, c’est normal. Ces désignations sont rarement utilisées. Les configurations B22 et B23 prévoient le raccordement de chaudières non-étanches de type B, avec prise d’air comburant dans le local où est installée la chaudière, sans coupe-tirage antirefouleur, mais avec un ventilateur en amont (B22) ou en aval (B23) de la chambre de combustion et une évacuation des produits de combustion vers l’extérieur par un conduit simple paroi en dépression. Les configurations B22p et B23p possèdent un conduit d’évacuation en pression.

La ventouse, c’est plus facile

La seconde solution, c’est l’abandon du conduit de fumée individuel et la pose d’une chaudière à condensation étanche à ventouse. Toutes les configurations de chaudières étanches sur conduits individuels sont possibles. Les plus courantes sont C12 ou C13 : tube concentrique à sortie horizontale, la ventouse classique. C33 associe des conduits d'amenée d'air et d'évacuation de fumées concentriques à un terminal vertical en toiture. Plus rare, C5 prévoit deux conduits séparés. Le premier conduit assure l'admission d'air entre la chaudière et l'extérieur. Le second prend en charge l'évacuation des produits de combustion à l'extérieur du bâtiment. La sortie des gaz brûlés s’effectue le plus souvent en toiture, mais peut aussi traverser le mur horizontalement. La configuration C93 consiste en la réutilisation d’un boisseau maçonné existant : un tube introduit dans le boisseau assure l’évacuation des fumées, l’espace annulaire entre ce tube et la paroi intérieure du boisseau apporte l’air comburant, sortie des produits de combustion verticale en toiture. A part C12 et C13, les autres configurations B et C sont sous Avis techniques. Les fabricants de chaudières indiquent quelles configurations peuvent être associées à leurs générateurs.

Deux solutions en collectif


Pour changer une chaudière B1 classique raccordée à un conduit collectif, il y a également deux solutions. La première consiste à remplacer d’un seul coup le conduit collectif et toutes les chaudières qui les sont raccordées. Il existe de nombreuses solutions de conduits collectifs – 3CE, etc. – sous Avis technique, adaptés à des chaudières à condensation. Cette manœuvre doit néanmoins être prévue et étudiée longtemps à l’avance. Elle est tout à fait impraticable lorsqu’il faut remplacer une seule chaudière B1 tombée en panne dans un immeuble collectif : il faudrait des semaines de délai dans un bâtiment appartenant à un propriétaire unique et des mois pour convaincre une copropriété. Pendant ce temps, un logement demeurerait sans chauffage, ni eau chaude. La seconde méthode s’impose : remplacer la chaudière B1 classique en panne par une nouvelle B1 basse température et bas NOx.

Quantités de nouvelles chaudières B1

Face à l’échéance du 26 septembre, les constructeurs français se sont préparés et proposent de nombreux modèles de nouvelles chaudières B1, conformes à l’échéance. Les modèles destinés à un raccordement sur VMC gaz doivent être associés à une bouche d’extraction spécifique. Aldès a développé pour cela la bouche d’extraction BAZ Pilot. Frisquet propose la chaudière Hydromotrix Tradition Visio, une murale mixte de 23 kW et seulement 407 mm de largeur, dont la température de fumées ne descend jamais en dessous de 110 °C. Elle possède un rendement saisonnier > 75%, qui monte même à 78% si la chaudière est associée à la régulation sans fil Ecoradiosystem Visio. Pour remplacer les chaudières sur VMC gaz, Frisquet propose le modèle Hydromotrix Evolution Visio VMC de 25 kW avec production d’ECS instantanée ou par accumulation dans un ballon de 80 l associé, associé à la bouche Aldes BAZ Pilot. elm leblanc a développé deux modèles acléis mixtes (chauffage + ECS). Le modèle NGLM 24-7XN (24 kW, 1 796 € HT prix public avec dosseret) à tirage naturel est destiné au remplacement des chaudières sur conduit collectif Shunt ou Alsace, sans modification des conduits. Le modèle NGLM 23-7XN5 (23 kW, 1 832 € HT, dosseret compris) remplace les chaudières B1 raccordées à une VMC gaz. Atlantic propose deux modèles Tweetie Micro 24 (23,1 kW) et 28 (27,5 kW), compatibles avec le thermostat connecté « Netatmo for Atlantic », et destinés à un raccordement sur conduit de fumées, pas en VMC gaz. Chez, De Dietrich, c’est le modèle Zena EcoNOx – MSN 24 MI CF. Chappée met en avant le modèle Luna St Blue  CF2.24, destinée à un raccordement sur conduits Shunt ou Alsace. Chez Chaffoteau, les modèles Inoa, Mira C, Urbia, Serelia et Niagara C, tous bas NOx et basse température ont été rendus compatibles avec les exigences de la Directive.

Ce n’est peut-être pas fini

Parmi les fabricants français, seul Vergne Innovation ne se lance pas dans le bas NOX et se focalise sur la condensation. Ce n’est pas forcément une mauvaise stratégie. En effet, le Règlement européen 813/2013 prévoit son propre réexamen. C’est en cours et pourrait aboutir fin 2018 ou début 2019. Si d’aventure, une nouvelle version du règlement 8013/2013 ajoutait de nouvelles échéances d’amélioration des rendements, les chaudières basse température pourraient elles aussi disparaître du marché européen à terme. Le suspens est insoutenable : nous vous raconterons la suite dès qu’elle sera connue.

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