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Les chantiers de la prévention

le 14/03/1997  |  France EnvironnementDroit de l'urbanismeSécurité et protection de la santéCollectivités locales

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Les inondations de ces dernières années ont poussé les pouvoirs publics à modifier la loi. -Le risque est mieux appréhendé dans les documents d'urbanisme. -Il reste beaucoup à faire en matière de prévention et d'entretien des cours d'eau.

Nîmes, octobre 1988. En quelques heures, des trombes d'eau s'abattent sur la préfecture du Gard. Neuf personnes périront noyées. Plus de 4 milliards de francs devront être affectés à la réparation des dégâts. Vaison-la-Romaine, septembre 1992. Gonflée par de violents orages, l'Ouvèze se déchaîne. La paisible rivière, soudain furieuse sous l'effet d'une crue torrentielle, emporte tout sur son passage. Bilan : 46 victimes et 3 milliards de francs de dommages. La Camargue, automne 1993 et hiver 1994. Par deux fois, les digues se fissurent, s'entrouvrent et finissent par céder. Par deux fois, le Rhône envahira le delta. Il faudra investir 21 millions de francs pour réparer les brèches les plus voyantes et 300 millions supplémentaires pour restaurer durablement les digues.

Nîmes, Vaison et la Camargue submergées. Trois images fortes gravées dans la mémoire collective du Midi. Trois drames qui, par leur violence et leur répétition dans un temps rapproché, ont provoqué une prise de conscience des pouvoirs publics.

Ces trois inondations, auxquelles on pourrait ajouter celles de Bollène, Béziers, Porto-Vecchio, de la Plaine du Var ou de la vallée de la Siagne, ont contribué à faire changer la loi. Désormais, les documents d'urbanisme doivent intégrer le risque de crue pour prévenir de nouvelles catastrophes. La législation s'appuie sur trois textes essentiels : les circulaires du 24 janvier 1994 et du 24 avril 1996 et la loi du 2 février 1995, dite loi Barnier. Cet arsenal juridique vise à la fois à assurer la protection des personnes et des biens, mais aussi à limiter l'urbanisation dans les zones à risques.

Mise en conformité des POS

« Depuis 1994, l'Etat a fait un gros travail pour définir les zones inondables et pour dresser une typologie des risques, explique Stéphane Brémond, chef du service urbanisme à la DDE de Vaucluse. A présent, cette doctrine doit être prise en compte dans les plans d'occupation des sols. La plupart des municipalités se plient à cette exigence. Celles qui ne le font pas devront en répondre devant les tribunaux administratifs. »

On rencontre en effet sur le terrain certaines résistances. Les usages, les traditions - parfois les intérêts privés - constituent autant de freins à l'application de la nouvelle réglementation.

Dans le Nord-Vaucluse, par exemple, plusieurs maires traînent des pieds devant l'interdiction de construire le long des berges du Rhône. « On a toujours eu les pieds dans l'eau, affirme un élu. Le problème n'est pas d'arrêter de bâtir, mais de pouvoir anticiper la montée des eaux. Lorsqu'une crue est annoncée, il suffit de déplacer les meubles à l'étage, comme le faisaient nos grands-parents. A quoi bon geler toute possibilité de développement d'une commune par crainte d'inondations qui ne se produisent en moyenne qu'une fois par décennie. »

1 033 communes en danger

Un argument que réfute l'association Macif Prévention qui a réalisé, pour le compte de la société d'assurance, un immense travail de cartographie des zones les plus exposées en Provence et Languedoc.

« Nous avons recensé 1 033 communes en situation de danger potentiel et 230 qui devraient faire l'objet de mesures prioritaires, lance Edouard Chalvet, le directeur de l'association. La météo n'explique pas tout. L'homme a une grande part de responsabilité dans les catastrophes. Les cours d'eau sont mal entretenus, les rives ont été déboisées de manière intensive et une urbanisation anarchique a fait le reste. Aujourd'hui, il faut investir davantage dans la prévention. Ce sera autant d'argent économisé sur les réparations et les indemnisations futures. »

Un travail que l'Etat et les collectivités locales ont déjà en partie commencé. En Vaucluse, l'Ouvèze, le Rhône, la Durance, le Calavon et le Lez font actuellement l'objet de plusieurs chantiers. Les cours d'eau sont recalibrés et remembrés, tandis que des champs d'expansion de crues naturelles ont été aménagés. Dans le même temps, des opérations ponctuelles ont eu lieu sur l'urbanisme. A Vaison par exemple, 80 familles ont été expropriées et relogées à la suite de la catastrophe de 1992.

Des marchés à explorer

Dans les grands centres urbains, comme à Nîmes, à Marseille ou autour de l'étang de Berre, les municipalités et les aménageurs tels que l'Epareb ont élaboré des systèmes très sophistiqués de gestion des eaux pluviales. Des organismes publics et privés, comme la Compagnie du Bas-Rhône et du Languedoc (BRL, voir p. VII), la Société des eaux de Marseille ou les agences de l'eau, travaillent à mettre en place de véritables programmes d'ingénierie liés au risque d'inondation.

En aval, ce sont des PME, telles que la société Héritier en Camargue (voir p. VI), qui se sont spécialisées dans la réparation des dégâts et dans l'entretien des digues et des cours d'eaux.

Les chantiers de prévention des inondations constituent bien des marchés à explorer pour les entreprises et les collectivités. « Des marchés qui ne sont pas près de se tarir, car l'aménagement du territoire devra toujours prendre en compte le problème de l'eau », estime Bruno de Carmantrand, le délégué régional de l'Agence de l'Eau. Avant d'ajouter : « Entre la perfection naturelle, qui consiste à laisser aller l'eau où elle veut et quand elle le veut, et l'urbanisation, qui implique de contrarier cette tendance, l'homme doit chercher en permanence un point d'équilibre. Cette recherche sera l'un des principaux défis économique et écologique du siècle prochain ».

PHOTO : Le barrage de Sainte-Cécile sur le Gardon d'Alès (Gard), construit en 1967 et rénové en 1995 pour écrêter les crues.

POUR EN SAVOIR PLUS...

Un guide d'information

Principalement à l'intention des élus municipaux, la DRE et le conseil régional ont publié un guide conçu par l'Agence méditerranéenne de l'environnement, intitulé « Prévenir les inondations en Languedoc-Roussillon ».

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