Industrie/Négoce

Les cessions d’actifs plombent les résultats de LafargeHolcim

Le cimentier franco-suisse a bouclé le dernier exercice 2017 par un chiffre d’affaires en recul de 2,9%, à 22,7 Mds d’euros, lié principalement à de multiples cessions d’actifs et à des retards dans des projets d’infrastructures en Asie. La multinationale dirigée par Jan Jenisch a présenté un nouveau plan de bataille pour les cinq prochaines années.

 

2022 « Building for Growth », c’est le nom de la nouvelle stratégie dévoilée par LafargeHolcim lors la présentation des résultats annuels. Sous l’impulsion de Jan Jenisch, qui a pris la direction en septembre dernier suite à la démission d’Eric Olsen, le cimentier franco-suisse entend accélérer sa croissance, réduire ses coûts et simplifier son organisation afin de devenir « une entreprise internationale de tout premier rang » sur le marché des matériaux de construction. Plusieurs grands travaux ont déjà été lancés en 2017. Les fonctions corporate « performance et coûts » et « croissance et innovation » ont été fusionnées, tandis que la direction du groupe a été réduite à 9 membres. Le groupe a également procédé à une revue détaillée de son portefeuille d’actifs, en particulier du risque par pays, qui s’est traduite par de lourdes dépréciations. Le cimentier franco-suisse a conclu l’exercice 2017 avec une perte de 1,39 milliards d’euros, contre un bénéfice de 1,56 Mds d’euros en 2016. La dette du groupe a enregistré une baisse de 347 millions d’euros par rapport à l’année précédente.

Son chiffre d’affaires a reculé de 2,9%, à 22,7 Mds €, en tenant compte de l’impact des cessions (-6,5%) et des effets de change (-1,1%). Le groupe issu de la fusion entre Lafarge et Holcim a notamment cédé le cimentier irlandais CRH d’une valeur d’entreprise totale de 6,5 milliards d’euros. 2017 ne restera pas une bonne année pour ses trois branches d’activités : le volume de ciment livré a reculé de 10,2%, celui du béton prêt-à-l’emploi de 7,9%.

Sur le continent asiatique (28% de son chiffre d’affaires), le groupe franco-suisse a vu son activité perturbée (-9,5%) par des retards dans des projets d’infrastructures (Philippines) et une pression sur les prix.

En Europe (27% de son chiffre d’affaires), LafargeHolcim a réalisé de meilleurs résultats (+2,1%) grâce à un contexte de marché plus favorable au 4e trimestre. Les ventes de ciment (+6,9%) et de BPE (+3,6%) sont reparties à la hausse. Le cimentier observe que la contribution de la France s’est améliorée au cours du dernier trimestre, le marché de la construction s’est redressé et la réorganisation de son réseau industriel a porté ses fruits.

En Amérique du Nord, l’activité du groupe a observé une légère hausse (+1,4%). Dans l’ouest du Canada, la reprise des forages de l’industrie pétrolière a permis au cimentier franco-suisse de réaliser de meilleurs résultats. Aux Etats-Unis, les volumes de matériaux livrés ont chuté. En 2018, LafargeHolcim anticipe une hausse de son chiffre d’affaires de 3 à 5%.

 

Se concentrer sur les marchés performants

 

Au cours des cinq prochaines années, le géant des matériaux de construction espère réaliser une croissance annuelle de 3 à 5%. Sa nouvelle stratégie 2022 « Building for growth » repose sur quatre piliers : la croissance, la simplification & performance, solidité financière et vision & collaborateurs. Le groupe s’attachera à cibler les marchés les plus performants tout en se montrant plus sélectif sur les autres marchés. La direction entend mettre en œuvre des stratégies « plus agressives » dans les granulats et le béton prêt-à-l’emploi, en parallèle de son activité dans le ciment. Par ailleurs, la compagnie va développer un quatrième segment d’activités, « Solutions & Produits », par des acquisitions ciblées dans certains pays. Cette division qui regroupe actuellement les produits préfabriqués, les produits en béton, l’asphalte, les mortiers génère un chiffre d’affaires annuel de 1,82 milliards d’euros.

 

Nomination de responsable de compte

 

Ce plan se porte également sur une politique de réduction des coûts. La direction entend mener une responsabilisation accrue des équipes locales, notamment en termes de résultats. Des responsables de compte de résultat seront nommés localement pour les 4 segments d’activités. Ce programme qui doit s’achever au 1er trimestre 2019 devrait permettre au groupe d’économiser 347 millions d’euros par an.

« Cette stratégie est soutenue par de nouveaux objectifs centrés sur la croissance, visant à améliorer la rentabilité et la génération de cash et à offrir des rendements plus attractifs et plus durables pour les actionnaires », a déclaré Jan Jenisch, directeur général du groupe.

 

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