Environnement

Les « canyons urbains » de Strasbourg sous surveillance

Mots clés : Innovations - Politique européenne

Depuis une dizaine de jours, les turbulences d’air chaud qui agitent les rues de Strasbourg, ou « canyons urbains », sont placées sous la surveillance des scientifiques qui cherchent à leur arracher leurs secrets climatiques. Une batterie d’instruments (pyrgéomètre, pyranomètre, diffusomètre, anémomètre sonique ou pyrhéliomètre) hérissent un échafaudage de 26 mètres de haut, un mât de 32 mètres et les toits d’un immeuble. Ces instruments livrent, toutes les secondes, jusqu’à dix mesures de températures, d’humidité, de vitesse du vent ou de rayonnements solaires, tout au long de la journée, et cela pendant une durée prévue d’un mois au moins.

Ces mesures, enregistrées et traitées par ordinateurs, vont constituer une base de données dans laquelle plusieurs équipes de scientifiques français et allemands vont puiser dans les années à venir pour alimenter leurs recherches. « Nous voulons arriver à étudier les échanges entre la zone de la canopée urbaine (la couche d’air qui va du sol jusqu’au toit des immeubles) et la couche d’air qui se trouve au-dessus, appelée couche limite », explique Georges Najjar, responsable du projet « Reclus » (Rayonnement, énergie dans la couche limite urbaine de Strasbourg). L’étude porte en particulier sur les modifications affectant le rayonnement solaire, conditionnées par les surfaces bâties et la géométrie à trois dimensions des immeubles et des rues. Elle est d’une importance capitale pour mieux comprendre l’impact d’une zone urbaine sur la circulation dans les basses couches de l’atmosphère, les mécanismes à l’origine des pics de pollution d’ozone, et plus généralement les changements climatiques et le réchauffement de la planète, indique le Pr Najjar.

Les recherches au sol ont été complétées par un deuxième volet très de télédétection par avion financé par l’Union européenne, explique le Pr Marc-Philippe Stoll, responsable de l’équipe de télédétection et radiométrie de l’université Louis Pasteur de Strasbourg (ULP).
Equipé de « capteurs-imageurs », un bimoteur Dornier de la Deutsches Zentrum für Luft und Raumfahrt (DLR), établissement spatial allemand, a récemment quadrillé le ciel strasbourgeois pour prendre des clichés notamment infra-rouges de la ville. Les images, qui maillent finement la ville, doivent révéler le rayonnement solaire et la chaleur réfléchis et absorbés par les surfaces des immeubles. Ces mesures aéroportées seront ultérieurement confrontées aux mesures réalisées au sol et à la topographie de la ville, pour aboutir finalement à une modélisation des résultats, applicables à d’autres quartiers ou d’autres villes.

Une dizaine d’institutions se sont associées au CNRS et à l’ULP pour réaliser ce projet (l’Ecole centrale et l’Ecole d’architecture de Nantes, l’Université de Rouen, l’Institut de météorologie de l’université de Karlsruhe, l’Inra de Bordeaux, Météo-France et l’Ensais de Strasbourg pour la topographie.

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