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Les artisans d’aujourd’hui interpellent le président de demain
Patrick Liébus, président de la Capeb. - © © Capeb

Les artisans d’aujourd’hui interpellent le président de demain

Pierre Pichère |  le 26/01/2017  |  Artisans

Patrick Liébus, président de la Capeb, a présenté les revendications des artisans du bâtiment en cette période électorale. Mot d’ordre : consolider la reprise.

Tout va mieux pour les artisans du bâtiment depuis l’année dernière (voir encadré). Et la Capeb entend bien que cette amélioration dure au-delà de la période électorale qui s’annonce. Elle a rassemblé ses revendications dans un document intitulé « Agenda juin à octobre 2017. 100 jours pour relancer l’artisanat du bâtiment et l’économie française… sans plomber le budget de l’Etat. »

Entreprise, travail, RSI, logement…

Ces mesures sont rassemblées en grands chapitres.

- Soutenir l’entreprenariat et l’emploi : la Capeb remet la pression sur la micro-entreprise, qu’elle souhaite voir transformée en régime transitoire  vers l’entreprise de droit commun, et appelle à poursuivre et amplifier le choc de simplification. Elle appelle aussi les responsables qui seront élus pour la présidentielle et les législatives à pérenniser la TVA à 5,5 % pour la rénovation énergétique, et à passer à ce taux les travaux d’accessibilité. Face à la volonté notamment du candidat Fillon de rehausser les taux de TVA, le président de la Capeb a toutefois proposé un taux unique à 7 % pour l’ensemble des travaux de rénovation, qui simplifierait la vie des entreprises.

- Organiser une concurrence saine et loyale : la Capeb veut la généralisation des marchés publics simplifiés, le respect des règles sur l’allotissement généralisé et plus de volonté sur les offres anormalement basses. Côté travail détaché, les revendications portent sur le traitement des charges sociales entre pays européens, la suppression du détachement via les sociétés d’intérim, l’imposition d’une durée maximale de 6 mois pour le détachement. La Capeb apporte d’ailleurs son soutien à la clause dite « Molière », qui permet au maître d’ouvrage d’imposer l’usage du français sur ses chantiers pour des raisons de sécurité. « J’ai toujours travaillé sur les chantiers avec des personnes venues de l’étranger, explique Patrick Liébus, et ils m’ont beaucoup appris. Mais aujourd’hui, on se retrouve dans une situation où on nous demande d’aller toujours plus vite en respectant des règles de sécurité, mais on ne se comprend plus sur les chantiers, avec des gens qui sont exploités et qui ne s’intégreront pas, car ils sont six mois ici, puis partent ailleurs. »

L'AFP a interrogé Patrick Liébus sur la situation des ouvriers du métro parisien employés par un sous-traitant de Vinci. "Ces conditions de travail sont incompréhensibles", a martelé le président de la Capeb."Quand une entreprise répond à un appel d'offres à la RATP ou sur des marchés publics quels qu'ils soient, on vérifie que ses sous-traitants sont en règle. Là on voit que des personnes ne sont pas déclarées pour certaines par l'entreprise qui les emploie en sous-traitance, sur un chantier où il y a peut-être des risques physiques ou pour la santé", a-t-il poursuivi. "C'est profondément scandaleux". Selon Patrick Liébus, la RATP, "à partir du moment où elle sait qu'il y a sur ses chantiers des salariés de sous-traitants qui sont traités de cette façon-là, devrait s'engager". Il souhaite, "si tout cela est avéré", une sanction "à la hauteur de l'infraction, pour que des entreprises importantes arrêtent de se dire: +pas vu, pas pris+". Selon le président de la Capeb, la nouvelle carte d'identification professionnelle des salariés du secteur du bâtiment et des travaux publics fera reculer les abus car elle nécessitera de vérifier "la légalité d'installation de l'entreprise et des salariés sur le territoire".

- Alléger le coût du travail : la Capeb souligne que les indépendants sont restés à l’écart du CICE,  et souhaite qu’il leur soit appliqué. Elle appelle aussi à rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires.

- Réformer les systèmes sociaux : la Capeb maintient la pression sur le RSI, dont elle veut garantir la relation de proximité avec les entreprises. Elle demande aussi le maintien des dispositifs de départ anticipé à la retraite pour les artisans ayant eu une carrière longue.

- Simplifier le code du Travail : fini le compte pénibilité, des mesures réalistes sur les poussières de bois et de silice… les revendications de la Capeb en ce domaine sont assez ciblées. Elle souhaite aussi rétablir la visite médicale préalable à l’embauche. Capeb reste par ailleurs opposée au prélèvement à la source. Sur le compte pénibilité, toutefois, Patrick Liébus a tenu à préciser qu’il ne croyait pas à sa suppression pure et simple, et que si le prochain Gouvernement devait revenir sur la mesure, elle s’accompagnerait certainement d’un dispositif de solidarité ouvrant aux travailleurs physiques la possibilité de partir plus tôt en retraite.

- Débloquer le financement des TPE : il serait temps, estime la Capeb, que les banques tiennent compte des carnets de commande et pas seulement de la trésorerie ! Par ailleurs, la Capeb veut des solutions de trésorerie plus adaptées aux TPE / PME.

- Concourir à la qualité des logements : sur les politiques du logement, la Capeb appelle la future majorité à maintenir ce qui marche (CITE, éco-PTZ, PTZ +…). Elle met l’accent sur l’accessibilité, dont il faut renforcer les moyens.

- Favoriser la visibilité des TPE : la place des petites entreprises reste trop peu visible dans les études, enquêtes et mesures politiques. Une situation que la Capeb entend voir évoluer.

Agenda

La Capeb a inscrit ces mesures dans un agenda précis, pour que l’ensemble soit adopté dans une période de 100 jours suivant l’élection. A noter, les grandes réformes sociales ont été placées au cœur de l’été, une période jugée plus propice pour éviter trop de contestation.

Patrick Liébus a indiqué avoir déjà rencontré François Fillon, et prévoit de dialoguer avec les différents candidats dès qu’ils seront tous connus, pour porter les revendications  de son organisation et de l’artisanat du bâtiment.

L’activité des TPE repart dans le bâtiment Les données établies par I+C pour la note de conjoncture trimestrielle  de la Capeb montrent une réelle amélioration de la santé des entreprises de moins de 20 salariés au quatrième trimestre 2016. L’activité globale sur la période a crû de 2 % par rapport à la même période en 2015, soit le même taux qu’au troisième trimestre. Une croissance portée davantage par le neuf (+ 3 %) que par l’entretien-rénovation  (+ 1 %), même si les travaux d’amélioration de la performance énergétique (Apel) tirent leur épingle du jeu (+ 2 % au dernier trimestre 2016). Le neuf pesant toutefois moins que la rénovation dans l’activité de ce secteur (41 % contre 59 %), la croissance annuelle des TPE du bâtiment se situe en 2016 à 1,5 %, première année de reprise après quatre années consécutives de recul. « La régularité de la croissance sur les quatre trimestres de 2016 annonce une continuité de la croissance », estime Patrick Liébus. En ce début d’année 2017, les carnets de commande se situent à un niveau inédit depuis au moins trois ans, puisqu’ils se situent en janvier à 82 jours, contre 72 jours en janvier 2016. L’emploi continue de baisser en 2016 dans les TPE du bâtiment, mais de 0,3 % seulement. Concernant l’année 2017, la Capeb estime que la croissance des TPE du bâtiment devrait se situer entre 1,5 et 2 % au global, avec toujours une prédominance du neuf (entre 3 et 3,5 %) sur la rénovation (entre 0,5 et 1 %). La reprise de l’activité pourrait conduire à renouer avec la création nette d’emplois, qui se situerait entre 2 000 et 3 000 cette année. Les besoins de trésorerie des TPE restent évalués par la Capeb à 16 000 euros en moyenne, un niveau jugé élevé et préoccupant dans un contexte où l’activité repart, mais où les prix restent bas.

Les données établies par I+C pour la note de conjoncture trimestrielle  de la Capeb montrent une réelle amélioration de la santé des entreprises de moins de 20 salariés au quatrième trimestre 2016. L’activité globale sur la période a crû de 2 % par rapport à la même période en 2015, soit le même taux qu’au troisième trimestre. Une croissance portée davantage par le neuf (+ 3 %) que par l’entretien-rénovation  (+ 1 %), même si les travaux d’amélioration de la performance énergétique (Apel) tirent leur épingle du jeu (+ 2 % au dernier trimestre 2016). Le neuf pesant toutefois moins que la rénovation dans l’activité de ce secteur (41 % contre 59 %), la croissance annuelle des TPE du bâtiment se situe en 2016 à 1,5 %, première année de reprise après quatre années consécutives de recul. « La régularité de la croissance sur les quatre trimestres de 2016 annonce une continuité de la croissance », estime Patrick Liébus.

En ce début d’année 2017, les carnets de commande se situent à un niveau inédit depuis au moins trois ans, puisqu’ils se situent en janvier à 82 jours, contre 72 jours en janvier 2016. L’emploi continue de baisser en 2016 dans les TPE du bâtiment, mais de 0,3 % seulement.

Concernant l’année 2017, la Capeb estime que la croissance des TPE du bâtiment devrait se situer entre 1,5 et 2 % au global, avec toujours une prédominance du neuf (entre 3 et 3,5 %) sur la rénovation (entre 0,5 et 1 %). La reprise de l’activité pourrait conduire à renouer avec la création nette d’emplois, qui se situerait entre 2 000 et 3 000 cette année.

Les besoins de trésorerie des TPE restent évalués par la Capeb à 16 000 euros en moyenne, un niveau jugé élevé et préoccupant dans un contexte où l’activité repart, mais où les prix restent bas.

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