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Les Ardoines: un morceau du Grand Paris où concilier habitat et économie

Aline Gillette |  le 18/04/2013  |  Grand ParisVal-de-MarneConjonctureMaison individuelleParis

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Le territoire des Ardoines, 300 hectares situés à 3 km de la capitale, sur la commune de Vitry-sur-Seine, est mis à l’honneur dans une exposition au Pavillon de l’Arsenal à Paris jusqu'au 19 mai. L’occasion de revenir sur les enjeux d'un ambitieux programme d'aménagement (deux ZAC prévoyant 1,6 million de m² d’ici à 2020): concilier sur un même site activités productives et habitat et construire en zone inondable.

Partagé entre des emprises industrielles, des quartiers d’habitat et un front de Seine à valoriser, le site des Ardoines est considéré comme un territoire stratégique du Grand Paris. A la suite de la création de l'Opération d’intérêt national (OIN) et de l’EPA Orly Rungis-Seine Amont en 2007, il a fait l’objet d’un plan-guide sur 300 hectares, élaboré par les urbanistes de l'agence Seura.

Le projet évolue à présent vers sa phase opérationnelle. Deux groupements d'architectes-urbanistes ont été désignés pour les deux ZAC créées en 2012, qui couvrent ensemble près de 100ha (voir portfolio). L'EPA Orsa affiche pour ces secteurs plusieurs objectifs : s'appuyer sur la desserte en transports, conserver des activités économiques, et réfléchir à de nouvelles formes d’habitat pour gérer le risque inondation.

Miser sur la desserte

Début 2013, la précision du calendrier de réalisation du métro automatique du Grand paris Express (GPE) a confirmé l’ouverture de la ligne 15 pour 2020, qui traversera le territoire d’est en ouest en s'arrêtant dans le futur pôle multimodal des Ardoines. Le RER C (deux arrêts, l'un à Vitry-sur-Seine, l'autre aux Ardoines) verra aussi sa fréquence multipliée par quatre. Deux nouvelles lignes de transports en commun en site propre seront enfin créées: le TZen 5 (Paris-Choisy-le-Roi) et le Tramway (Paris-Orly).

Les périmètres des ZAC viennent logiquement accompagner ces dessertes.

La première, la ZAC Seine-Gare-Ivry (37ha, architecte-urbaniste mandataire: Atelier Germe et JAM) se développera ainsi autour de trois secteurs: le front de Seine (7 ha) à l'est, envisagé dans «son épaisseur» avec un développement résidentiel fait de constructions perpendiculaires au fleuve et de hauteur modérée (R+2/R+4); au nord-ouest, le secteur autour de la gare de Vitry-sur-Seine, aujourd’hui «gare villageoise insuffisamment reliée vers l’est et le sud», à partir duquel s’étirera un «cours de la gare» jusque l’avenue Allende; et au sud, l'avenue Allende, élargie pour faire cohabiter les usages et ajouter de l’espace public.

La seconde, la ZAC Gare-Ardoines (49ha, architectes-urbanistes: Star stratégies + architecte & FAA-Floris-Alkemade Architect), qui se déploie sur des emprises plus hétérogènes encore – infrastructures ferroviaires, centre technique de maintenance du RER C, prochainement celui du GPE,  nombreuses industries – s’organisera autour du pôle multimodal (RER C et station du GPE). Elle a pour ambition d’être «l’un des fleurons du Grand Paris, tout en créant une nouvelle cohérence à l’échelle du sud de la commune», peut-on lire sur les panneaux de l’exposition. Ils s'agira notamment de relier le pôle de transports au quartier Balzac et à d'autres quartiers pavillonnaires.

Ne pas évincer les activités économiques

Sur les deux ZAC, l’enjeu est aussi de faire coexister les activités économiques avec un habitat de qualité. «9000 emplois sont présents sur ce territoire. Nous devons tout faire pour ne pas évincer ces activités», a rappelé Jacques Touchefeu, directeur général de l’EPA Orsa. L’exposition illustre d'ailleurs, par une palette de photos récentes et anciennes, ces fleurons industriels et technologies de pointe (chaudronnerie Air Liquide, centre de recherche de Sanofi, etc.).
 
Jean-Marc Bichat, architecte de l’atelier Germe & JAM, détaille cet objectif de «ville mitoyenne»:  «Sur la ZAC, où sont prévus 4200 logements et 120 000 m² d’activités, il n’y aura pas qu'une seule réponse, en termes de formes urbaines, pour intégrer les logements aux activités économiques. Typiquement, on n’est pas obligé de tomber dans le macro-lot, qui intègre de façon radicale les logements au tertiaire. Nous réfléchissons à d’autres formes qui puissent répondre aux besoins industriels et logistiques».
 
Leur proposition d'un «démonstrateur», sorte d’hôtel industriel (15 000 m²) proposant différents produits à plusieurs utilisateurs, prévu en tranche 1 sur l’avenue Allende, devrait être l'une de ces réponses.
 
Dans un second temps, l’EPA Orsa s’attaquera au gros morceau de la centrale thermique EDF, au centre des deux ZAC. Une convention signée avec EDF en 2013 précise les modalités de reconversion de la centrale, qui va progressivement fermer entre 2015 et 2020, «allant vers le sens d’une poursuite des activités, mais sur une emprise réduite, afin de laisser de la place pour l'aménagement urbain» a précisé l’EPA Orsa.

Construire en zone inondable

La commune de Vitry-sur-Seine étant inscrite en périmètre PPRI (plan de prévention du risque inondation, qui ne rend pas les terrains inconstructibles, mais impose un certain nombre de dispositifs de prévention), les concepteurs ont du s'adapter à ce contexte. Côté sud, dans la ZAC Gare-Ardoines, l’un des principes d’aménagement proposés par l’équipe Star & FAA est le «système + 36», qui vise à sécuriser le fonctionnement du nouveau quartier en cas de crue.
 
«Ce système consiste en la réalisation d’une nouvelle côte de référence à +36 et à amener à ce niveau la totalité des fonctionnalités urbaines, y compris les circulations et les entrées», précise l’équipe. Concrètement, on ne laisserait au niveau 0 que des parkings ou des espaces publics inondables. Au-dessus, un système de passerelles permettrait la circulation en cas de crues. Des stockages et des dispositifs de traitement anti-alluvionnaires seraient aussi intégrés en sous-sol. 
 
«Nous devons repenser les quartiers et infrastructures de façon à améliorer leur résilience, résume Jean-Marc Bichat. Ces pistes sont essentielles pour répondre à l'enjeu de densité, qui serait ici à la fois urbaine et économique».

Fiche technique

Plan-guide (100 ha):

Agence Seura, urbaniste.

ZAC  Seine-Gare-Vitry (37 ha):

Atelier Germe & JAM, architecte-urbaniste mandataire; Mageo, BET VRD et hydraulique; Agence Hilaire, paysagiste; Zoom, écologue.

ZAC Gare Ardoines (49 ha):

Star Stratégies Architecture et FAA – Floris Alkemade Architect, architectes-urbanistes mandataires; B+B, paysagiste; Iris conseil, BET VRD hydraulique.

Informations pratiques

Exposition «Les Ardoines, territoire émergent du Grand Paris», jusqu'au 19 mai 2013, au Pavillon de l’Arsenal, 21, boulevard Morland, 75004 Paris, www.pavillon-arsenal.com

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