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Les architectes face aux enjeux législatifs de 2018
Denis Dessus, président du Cnoa (à gauche) et Régis Chaumont, président de l'Unsfa (à droite). - © © Cnoa et Bruno Lévy / Le Moniteur

Les architectes face aux enjeux législatifs de 2018

Marie-Douce Albert |  le 19/01/2018  |  ArchitectureLoi ElanLoi Elan et architectes

Lors des cérémonies de vœux successives de l’Ordre national des architectes et de l’Unsfa, les 17 et 18 janvier, les représentants de la profession ont évoqué les grands dossiers qui les attendent au cours des prochains mois. Avec en tête de liste de leurs préoccupations, le projet de loi Elan sur le logement et l’aménagement.

Les cérémonies de vœux servent aussi à dire ce que l’on souhaite pour soi-même. Le Conseil national de l’ordre des architectes (Cnoa) et l’Union nationale des syndicats français d'architectes (Unsfa) ont respecté cette part de la tradition et se sont saisis de cette occasion pour exprimer leurs souhaits mais aussi certaines inquiétudes, en particulier au sujet du texte de projet de loi sur le logement, dit Elan (pour Evolution du logement, de l’aménagement et de la transition numérique).

Ainsi le 17 janvier, le nouveau président de l’Ordre, Denis Dessus, a bien reconnu certaines qualités au texte et notamment l’attention qu’il porte à la revitalisation des centres villes. En revanche, il a estimé que « ce projet de loi, en l’état, ne répond pas à la demande de construire plus et mieux. Des sujets n’y sont pas abordés et d’autres points sont inacceptables. » Le président du Cnoa s’est d’abord inquiété du volet consacré à la réforme du secteur HLM. Le projet de loi entend ainsi simplifier les règles régissant les bailleurs sociaux et la commande publique. L’Ordre craint que cela aboutisse à la disparition de l’obligation de concours. Elle est pourtant présente dans la loi Liberté de création, architecture et patrimoine (LCAP) de 2016 pour les maîtres d’ouvrage soumis à la loi MOP. « Certains bailleurs sont ennuyés par ce renouveau de l’obligation de concours et l’Union sociale pour l’habitat (USH) veut sortir de la MOP, a déploré Denis Dessus. Or la maîtrise d’ouvrage publique n’est pas un frein. Le concours est un outil qui permet de faire mieux et encore plus vite. Les bailleurs ont le devoir d’être exemplaires en matière de production de logements. »

 

Critique

 

Un autre point critique pour l’Ordre est le projet de faciliter le recours à la préfabrication. « Réinventer la politique des modèles serait revenir à ce que l’architecture a pu faire de pire », a estimé Denis Dessus, qui faisait sans doute, là, référence, notamment, à la production des grands ensembles des années 1960-1970 qui s’est appuyée sur la répétition et le chemin de grue avec des résultats souvent contestables.

C’est aussi l’analyse que fait Marie-Françoise Manière qui, à l’Unsfa, se charge du suivi de l’élaboration du texte Elan. Selon elle, le texte entend, sans pouvoir le spécifier officiellement, favoriser le développement de la filière bois. «Mais tel qu’il écrit aujourd’hui, il fait la part belle aux constructions modulaires. Or, elles ont autrefois produit des architectures très standard comme les collèges Pailleron. Le risque est d’abaisser la qualité de l’habitat. Un logement n’est pas qu’une construction, c’est aussi un lieu où l’on vit. D’ailleurs toute la filière de la construction est opposée à cette proposition », a-t-elle observé le 18 janvier, en marge des vœux du président de l’Union des syndicats d’architecture, Régis Chaumont.

 

Lettre ouverte

 

Quelques instants plus tôt, ce dernier avait d’ailleurs, lui aussi, émis quelques souhaits et en particulier celui de voir émerger une véritable politique de l’architecture. « Ai-je été outrancièrement provocateur lorsque, au Congrès de Metz [qui s’est tenu en octobre 2017, NDLR], alors que nos ministres avaient délaissé la plus grande réunion annuelle de la profession, je disais : '' Aujourd’hui, il n’y a pas de grand dessein pour l’architecture, on ne fait que gérer le quotidien au pas de charge '' ? », a-t-il ironisé. Le président de l’Unsfa en appelle donc à Emmanuel Macron : « nous lui proposons de faire de l’architecture ''une cause nationale'', au même titre que l’emploi, la solidarité ou la sécurité ». Régis Chaumont a donc adressé une lettre ouverte en ce sens au président de la République, dans son édito du numéro de janvier 2018 de la revue de l’Unsfa « Passion architecture ».

 

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