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Les architectes d’Alsace mettent la CAP sur l’innovation
La rencontre d’information et d’échanges sur la loi LCAP a largement rempli les bancs de l’hémicycle du conseil régional du Grand Est à Strasbourg. - © © Christian Robischon

Les architectes d’Alsace mettent la CAP sur l’innovation

Christian Robischon (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 20/03/2017  |  ArchitectureTechniqueInnovationBas-RhinFrance entière

Invitée le 17 février à plancher sur la loi LCAP, la profession a exploré les potentialités du «permis de faire», une disposition du nouveau texte qui est souvent oubliée, à tort.

«Soyez partenaires de l’innovation». L’appel de Lilla Merabet, vice-présidente de la région Grand Est, a été entendu par son auditoire, réuni vendredi 17 mars dans l’hémicycle de la collectivité: les architectes. Le conseil régional de l’Ordre d’Alsace (Croa) les avait conviés à échanger sur la loi «Liberté de création, architecture et patrimoine» (LCAP). Les débats ont procuré aux 160 participants une information fort complète sur les différents aspects du texte (affichage du nom de l’auteur sur le panneau de chantier, patrimoine, instruction réduite des permis, etc.). Mais loin de se circonscrire aux discussions récurrentes sur les seuils de mètres carrés de la réforme des permis de construire et des permis d’aménager, ils se sont longuement élargis à l’innovation, preuve de l’appétence des architectes alsaciens à s’engouffrer dans cette brèche. Ils ont raison, a estimé en substance Patrick Bloche, le député parisien rapporteur de la loi: «Cette thématique-là de la loi est sans doute la plus libératrice de la créativité de l’architecte, elle le remet au cœur du projet», a-t-il lancé.

Cet appel à l’innovation s’organise autour du permis de faire, dont l’esprit a été rappelé: agir sur un certain nombre de champs de la réglementation pour faire évoluer celle-ci vers davantage de souplesse ou d’ouverture… tout en essayant de ne pas épaissir davantage le catalogue des 4 000 normes qui régissent l’acte de bâtir. Ces champs concernent le réemploi des matériaux, les «performances et caractéristiques énergétiques», l’acoustique, la sécurité incendie et les protections d’immeubles ou encore l’accessibilité aux handicapés. Les propositions qui pourront émaner des architectes seront examinées par un groupe d’experts puis soumises à un comité d’évaluation conjoint aux ministères du Logement et de la Culture – ces points d’organisation restent à préciser par des décrets d’application.

Vite mise sur le tapis, la question de savoir si la loi LCAP ouvrira la voie à innover en se passant d’Atex (avis techniques expérimentaux) suscite des réponses encore incertaines et prudentes. «Les assureurs classiques du marché suivraient-ils en matière de couverture des risques des entreprises ? Jusqu’où le décret d’application ira-t-il sur ce point ? Ce sera une grande bataille», a prédit Jean-Michel Savin, directeur du secrétariat général et du développement de la MAF (Mutuelle des architectes français).

En outre, la loi LCAP fixe un certain nombre de conditions au permis de faire et concentre celui-ci sur les projets publics (Etat, collectivités) et ceux des bailleurs sociaux. Ces maîtres d’ouvrage joueront donc un rôle décisif… espéré non bloquant, au stade de l’instruction du permis.

L’architecte, force de proposition

L’innovation concerne l’acte de construire et les matériaux. «Elle s’incarne aussi dans l’architecte citoyen» a souligné Guillaume Delemazure, gérant de DeA architectes, en référence notamment à sa propre démarche d’associé à la société de portage de la cité numérique KMO à Mulhouse dont les travaux démarrent ce printemps sous sa maîtrise d’œuvre. L’architecte mulhousien participe à ce projet «depuis le stade de l’émergence de son idée, bien avant l’enclenchement de la phase programme», a-t-il rappelé.

Plus généralement, les participants au colloque strasbourgeois de vendredi ont compris ce volet de la loi comme un appel à (re)faire de l’architecte une force d’impulsion et de proposition. Sans s’en remettre aux seules écoles d’architecture, «ni se laisser résigner par ceux qui s’empresseront de dire: ce n’est pas possible», a averti Stéphane Helbourg, l’ancien président du Croa d’Alsace, avant de lancer cette comparaison: «Si l’on n’avait écouté qu’eux, le transport par avion n’aurait jamais existé».

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