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Les aménageurs s'initient à la Haute qualité environnementale

CATHERINE SABBAH |  le 20/08/2004  |  UrbanismeEnvironnementHQEDéveloppement durableAménagement

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Respecter la nature d'un terrain, construire dense pour ne pas miter l'espace, initier une dynamique de qualité environnementale... Les aménageurs français travaillent à une norme « HQE » attendue pour le printemps prochain.

La résidence d'Understenshöjden, à dix minutes du centre de Stockholm, est construite depuis dix ans à peine. Les arbres pré-existants sont toujours là : très peu ont été coupés pendant le chantier et les grues ont dû se frayer un chemin pour glisser les panneaux des façades sans casser de branches. Au sol, des piliers de béton ancrés dans la roche font office de pilotis et isolent les bâtiments. Des appentis en bois bâtis à l'écart servent de caves, les voitures sont reléguées dans un parking extérieur. Les cheminements recouverts de graviers ou de copeaux de bois suivent le relief du terrain. Pas de bordures de trottoir ni de clôtures entre voisins, les terrains de jeux des enfants, communs, sont placés au centre du lotissement. Pour récupérer les eaux pluviales, des noues artificielles, souvent à ciel ouvert, mènent à une retenue ou à des citernes souterraines. Les eaux usées stagnent d'étang en étang où des plantes digèrent leur pollution avant de les laisser dévaler en cascades des vasques en pierres où le mouvement les ré-oxygène.

Une vingtaine d'éco-villages fonctionnent en Suède sur ce modèle de lotissements denses. Ils n'attirent pas seulement des communautés d'écologistes forcenés vivant à l'écart du monde moderne. Si les murs sont en bois massif, les cloisons recouvertes de peinture à l'huile d'olive et les déchets organiques stockés dans des composteurs au fond du jardin, la technologie n'est jamais absente de ces projets. Le chauffage solaire ou géothermique est systématiquement utilisé, doublé d'un appoint électrique - non nucléaire - pour maintenir 20° à l'intérieur lorsqu'il fait - 25°C dehors. Pour des questions d'économie autant que de convivialité, les lave-linge sont utilisés collectivement et rassemblés dans un local public qui sert de salle des fêtes ou de salle du conseil.

Initiés par quelques pionniers - dont l'architecte Asmussens qui développa une ville entière sur ce modèle à Ytterjärna - ces lotissements séduisent aujourd'hui des maîtres d'ouvrage comme le groupe HSB, l'une des plus grosses entreprises de construction en Suède, aménageur du village de Kûllon à Vaxholm : 150 nouvelles maisons, en cours de construction, y sont vendues sur plans, comme un programme de promotion traditionnel.

Des plans masses HQE ?

Les expériences françaises n'en sont pas là. Si le label Haute qualité environnementale (HQE) commence à tinter familièrement aux oreilles des promoteurs, les aménageurs entament à peine le défrichage du sujet. Comment définir la qualité environnementale d'un site? Comment prévoir dans le temps l'évolution et la gouvernance du lieu ? La qualité des bâtiments? Le Syndicat national des aménageurs lotisseurs (SNAL) a tenu en juin son congrès à la Baule sous le signe du développement durable. Son président Dominique de Lavénère prévoit de décerner un label aux opérations exemplaires dès le printemps prochain. Basée à Rennes, la Société d'études techniques urbaines et rurales (Setur) travaille depuis quelques mois à la définition d'une méthodologie. « Si l'on parle d'aménagement, il faut considérer à la fois l'assiette foncière, son rapport avec le bâtiment qui sera construit, et ce qui l'entoure, y compris les services publics, comme par exemple l'entretien ou la collecte des déchets, explique Gwenaelle Carfantan, la gérante de ce bureau d'études. L'aménageur peut exercer une très grande influence sur l'avenir du site simplement par la définition du plan masse». Le respect de la topographie, des circuits hydrauliques et des cheminements naturels, l'attention portée au bruit, aux vents dominants sont des premiers indices pour le dessin des parcelles et l'orientation des bâtiments. La pré-végétalisation du terrain ou le choix de plantes exigeant peu d'entretien constituent d'autres pistes plus ou moins connues des aménageurs, comme l'engagement à mener des chantiers propres, la fourniture d'un éclairage public peu consommateur, le traitement des eaux pluviales par des noues engazonnées... « Ensuite, on peut songer à enlever tout ce qui ne sert à rien et qui coûte cher : les bordures de trottoirs, les tuyaux bouchés en permanence, le tape à l'oeil », ajoute Philippe des Jamonières, maire de Le Cellier (Loire Atlantique), où une opération de 58 maisons a remporté le prix de l'art urbain sur des critères environnementaux. Dans ce lotissement, achevé en 2002, les voies sont constituées de berges engazonnées comme les chemins ruraux voisins. Aux abords des entrées de chaque parcelle, elles sont renforcées par un mélange de terre et de pierres qui supporte le stationnement des voitures.

Des cahiers des charges contraignants

« Les collectivités locales nous réclament de la qualité environnementale, explique Jean-Marc Perthué directeur du groupe Ataraxia Aménagement. Notre rôle ne s'arrête pas à configurer le terrain. En tant que vendeurs, nous pouvons imposer aux constructeurs de maisons individuelles ou aux promoteurs, des cahiers des charges assez contraignants ». A Bouguenais, dans l'agglomération nantaise où sa société aménage avec Foncier conseil une ZAC de 300 logements, les acquéreurs de lots s'engageront à atteindre deux ou trois cibles concernant la performance énergétique des immeubles. Dans la Drôme provençale, le syndicat mixte d'aménagement du Rovaltain (53 communes) a lancé plusieurs parcs d'activité sur le même principe : le cahier des charges proscrit par exemple la climatisation - presque systématique dans la région - et le bardage métallique en façade. Ses recommandations : des toits terrasse végétalisés, des murs en bois, en briques ou en pisé... « Nous avons plusieurs permis de construire importants, entre 3000 et 5000 m2, en cours d'instruction explique Michèle Roche, directrice du syndicat. Les investisseurs s'engagent à respecter un management environnemental. S'installer dans un site dont la beauté sera préservée les rassure et leur permet de défendre une image citoyenne» Pour sa part, Dominique Bidou, président de l'association HQE remarque : « L'idéal serait que les aménageurs initient la démarche et que tous les autres acteurs suivent : les constructeurs bien sûr, mais aussi les villes ou les syndicats mixtes amenés à gérer le lieu dans la durée. Car il ne sert à rien de construire des maisons solaires, si à la première panne, on repasse à l'électricité pour toujours. »

PLAN ET DESSINS :

EN PROJET

1. L'EXEMPLE SUEDOIS. La résidence d'Understenshöjden, à dix minutes du centre de Stockholm : pas de bordures de trottoir ni de clôtures entre voisins, les terrains de jeux des enfants, communs, sont placés au centre du lotissement. Pour récupérer les eaux pluviales, des noues artificielles, souvent à ciel ouvert, mènent à une retenue ou à des citernes souterraines. Les eaux usées stagnent d'étang en étang où des plantes digèrent leur pollution avant de les laisser dévaler en cascades des vasques en pierres (à droite sur la photo) pour les ré-oxygèner. Le chauffage solaire ou géothermique est systématiquement utilisé, doublé d'un appoint électrique pour maintenir 20° à l'intérieur lorsqu'il fait - 25° dehors.

2. L'EXEMPLE FRANCAIS. Le Cellier (Loire Atlantique). Dans ce lotissement de 58 maisons, achevé en 2002, les voies sont constituées de berges engazonnées comme les chemins ruraux voisins. Aux abords des entrées de chaque parcelle, elles sont renforcées par un mélange de terre et de pierres qui supporte le stationnement des voitures.

3 ET 4. ROVALTAIN. Dans la Drôme provençale, le syndicat mixte d'aménagement du Rovaltain (53 communes) a lancé plusieurs parcs d'activité sur le même principe : le cahier des charges proscrit par exemple la climatisation, presque systématique dans la région, et le bardage métallique en façade. Ses recommandations : des toits-terrasses végétalisés, des murs en bois, en briques ou en pisé.

5. A BOUGUENAIS, dans l'agglomération nantaise, une ZAC de 300 logements prévoit que les acquéreurs de lots s'engageront à atteindre deux ou trois cibles concernant la performance énergétique des immeubles.

PHOTOS :

1 L'EXEMPLE SUEDOIS

2 L'EXEMPLE FRANCAIS

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