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Les adhérents  de la FFB « ne sont pas des climato-sceptiques »
Jacques Chanut, président de la FFB - © Thomas Gogny / Le Moniteur

Les adhérents de la FFB « ne sont pas des climato-sceptiques »

Frédérique Vergne |  le 19/11/2015  | 

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A quelques jours de la COP 21, la Fédération française du bâtiment a consacré, jeudi 19 novembre, son 4e Sommet de la construction à la transition énergétique. Une voie dans laquelle les entreprises du bâtiment doivent s’engager, mais pas sur des objectifs inatteignables.

Pour son traditionnel rendez-vous annuel, la FFB a choisi à travers deux débats de répondre à la question : « comment réussir la transition énergétique ? ». Après une minute de silence observée par l’assistance en hommage aux victimes des attentats terroristes du 13 novembre dernier, Jacques Chanut a planté le décor. « Les divers donneurs d’ordre et l’ensemble des acteurs de la filière du bâtiment font déjà beaucoup en termes de travaux, d’innovation et de progrès. Je pense en particulier à la réglementation dans le neuf, mais aussi aux aménagements dans l’existant. Au final, malgré une progression du parc d’environ 30%, ces efforts ont permis la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2015 ».

Faire plus et mieux


Voilà pour aujourd’hui, mais demain ? Face aux conséquences du changement climatique, le président de la FFB admet qu’il faudra faire plus et mieux. « L’indispensable réduction des émissions, alors que le parc continuera à croître, exigera une mobilisation de tous, des efforts considérables de formation et surtout des montants considérables d’investissement ». Cette recherche de plus d’excellence passera notamment par des diagnostics préalables adaptés aux besoins des habitants avec des préconisations personnalisées, de l’innovation, d’une adaptation des pratiques et de l’expérimentation.

Pragmatisme


Pour autant, cette volonté d’avancer ne doit pas écarter la nécessité de se confronter au monde réel. Et c’est justement sur ce pragmatisme qu’a insisté Jacques Chanut : « sans être aucunement climato-sceptique, il importe que les objectifs fixés soient réalistes, transparents et partagés. En un mot, il faut que les objectifs soient supportables. Faute de quoi, on génèrera déception et démobilisation ».

Le président de la FFB pointe ainsi la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) qui, dans ses recommandations, fixe un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour le seul secteur du bâtiment, de 54% entre 2013 et 2028 et d’au moins 87% à l’horizon 2050 par rapport à 2013 (et de 28% des consommations d’énergie à l’horizon 2030 par rapport à 2010), notamment par le déploiement des bâtiments à très basse consommation et à énergie positive, l’accélération des rénovations énergétiques, la mise en oeuvre de l’éco-conception... Selon la FFB, les hypothèses retenues pour la stratégie bas-carbone supposent un effort supplémentaire de 45 milliards par an d’ici 2020. Un montant que la fédération estime disproportionné et irréaliste au regard des disponibilités financières des acteurs. « Cet objectif de réduction de GES de 54% n’est pas seulement irréaliste, s’insurge Jacques Chanut. Il conduit, d’une part, à exonérer les autres secteurs de tout effort ou presque (ndlr : le transport et l’agriculture sont aussi concernés). Mais surtout, d’autre part, c’est un mensonge. Or le mensonge est une excellente chose… lorsque l’on n’en abuse pas trop. Ce n’est pas en affichant des chiffres magiques ou des buts magnifiques mais sans cesse repoussés que l’on construit la confiance ». Sur ce sujet, le Conseil supérieur de la construction a dénoncé, dans un avis, le caractère inatteignable de certains objectifs et demandé la fixation de nouvelles trajectoires plus réalistes pour le secteur. Une affaire à suivre.

On l’aura compris, la FFB refuse de s’engager dans la voie des promesses non tenues, des annonces sans suite et des règles inapplicables. Sa stratégie sur la transition énergétique est claire : chercher la voie optimale entre la nécessité de faire plus et mieux, car elle reconnaît que la filière n’est pas exemplaire, et l’obligation de ne pas évoluer « hors sol ». Sa position est tout aussi limpide pour le secteur : ne pas tricher pour paraître meilleur qu’il n’est. En deux mots : éviter le syndrome « Volkswagen ».

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