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Les acteurs de l'immobilier apprennent à travailler avec les start-up [analyse]
La première édition du Mipim Proptech s'est déroulée les 21 et 22 juin, à Paris, attirant environ 1500 visiteurs. - © Compte Twitter Mipim Proptech.

Les acteurs de l'immobilier apprennent à travailler avec les start-up [analyse]

F.M., avec AFP |  le 25/06/2018  |  ImmobilierBIMMipimStart-upVie du BTP

Le Mipim Proptech a montré que, si les interactions entre groupes immobiliers et start-up se multiplient, le mouvement n'a pas encore atteint le secteur dans son ensemble.

L'immobilier a beau être un secteur à cycle long, la plupart de ses acteurs structure une démarche d'innovation auprès des start-up, pour créer de nouveaux services, fluidifier la chaîne de production... Un mouvement apparu nettement lors de la première édition du Mipim Proptech 2018, qui s'est conclue vendredi 22 juin, mais qui peine à atteindre le secteur dans son ensemble en France.

C'est notamment vrai dans le B2C. "En France, quand on cherche un appartement, c'est largement sur le Bon Coin... Cela m'étonne qu'il n'y ait pas eu plus de start-up qui se sont créées pour aller lui faire concurrence: on peut faire tellement mieux avec la technologie qu'on a !", s'étonne Emilie Elice-Label, cofondatrice de la pépite américaine FrontDoor, qui propose aux agents immobiliers d'évaluer l'intérêt de leurs potentiels clients à partir des informations laissés par ces derniers.

 

Investissements faibles des foncières

 

Le Mipim Proptech, il est vrai, est encore sans commune mesure avec son grand frère généraliste de Cannes : alors que plus de 20 000 professionnels étaient présents en mars dans le sud de la France, seules 1500 personnes étaient attendues la semaine dernière à Paris.

"L'immobilier investit peu dans les technologies par rapport à d'autres secteurs", analyse Cyril Aulagnon, fondateur du cabinet de conseil spécialisé Stonup. "Il n'y a pas de foncière qui investit plus de 0,25% de son chiffre d'affaires dans les nouvelles technologies."

Signe du caractère embryonnaire de la tendance, son nom ne fait même pas consensus. Alors que l'on parle communément de "fintech" pour les start-up financières, l'immobilier hésite entre "proptech" - terme retenu par le Mipim - et "real estech", référence à "property" et "real estate".

Le spectre est large. Parmi les startups présentes au Mipim de Paris, certaines s'adressent aux promoteurs comme Vectuel, qui propose de visualiser des projets en 3D, certaines aux grands propriétaires comme Deepki, qui compile les données de parcs immobiliers pour limiter les charges et les dépenses d'énergie, tandis que d'autres facilitent numériquement les démarches juridiques des notaires et des agents immobiliers, telles MyNotary et Legalife.

 

Levées de fonds timides

 

Le BTP dans son ensemble, en revanche, semble avoir amorcé une transformation de plus grande envergure, à la faveur de l'essor du BIM. "La construction est assez en avance sur le sujet: les gros promoteurs ne se passent plus de maquettes numériques. C'est beaucoup plus simple de numériser quand ça n'existe pas encore...", admet Clémence Michel, responsable de la communication chez Deepki.

La jeune pousse, qui compte parmi ses clients des foncières comme Icade ou des grands groupes comme Orange, a levé pour l'heure 2,5 millions d'euros et ne "communique pas" sur sa rentabilité. La somme est plutôt élevée pour un groupe français. Ils sont rares à avoir dépasser les 10 millions, comme le spécialiste du "BIM" Finalcad, ou Habiteo, qui propose de visiter des logements en 3D.

Quant à l'avenir, certains acteurs traditionnels du marché restent sceptiques au-delà du début actuel d'effervescence. "C'est toujours très brillant sur le papier mais (...) de nombreux modèles arrivent sur le marché sans être aboutis et capotent", juge Benjamin Nicaise, qui a participé à sa propre révolution technologique, celle de la fin des années 1990, en créant la plateforme d'investissements immobiliers Cerenicimo et dirige son groupe depuis plus de vingt ans. "Dans notre métier la révolution numérique, c'est très très long", conclut-il.

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