Commande publique

Les achats responsables et la maîtrise des coûts ne sont plus incompatibles

Mots clés : Démarche environnementale

Le surcoût budgétaire qui était un des freins à l’achat durable n’en est (presque) plus un. C’est ce qui ressort du baromètre annuel présenté par l’Observatoire des achats responsables (ObsAR) le 2 février. La meilleure connaissance du sujet et une appétence pour les approches en coût global permettent une nouvelle progression de ces pratiques.

Chaque année, l’Observatoire des achats responsables (ObsAR) diffuse un questionnaire pour appréhender les pratiques d’achats responsables dans les secteurs public et privé. Près de 220 responsables achats (dont 2/3 d’entreprises et 1/3 d’entités publiques) ont répondu pour la 8e édition du baromètre réalisé par OpinionWay et présenté le 2 février. L’achat responsable est bien ancré dans les organisations et entreprises, elles sont 82 % à avoir une bonne connaissance en la matière et ne sont plus que 2% à n’en avoir aucune notion (en baisse de 4 points par rapport à l’année dernière). Cette progression est essentiellement due à la maturité grandissante des acheteurs et à l’effort de sensibilisation impulsé non plus simplement par les services achats, mais aussi par les directions générales elles-mêmes. Elle se traduit par une meilleure diffusion en interne (+ 8 points, à 82 %), associée à la formalisation des objectifs (71 %). La mise en place d’une politique d’achats responsables devient désormais un enjeu pour les entreprises et les entités publiques. D’ailleurs ces dernières sont 73% à avoir nommé un correspondant achat responsable.

 

Les contraintes budgétaires ne sont plus un frein

 

Pour 43% des sondés, les achats responsables sont une priorité. Ce sont surtout les PME qui n’ont pas encore mis en place une politique d’achat responsable ; mais elles projettent de le faire si la demande vient de leurs clients.
Le baromètre souligne aussi l’affaiblissement des freins au déploiement de cette politique, en particulier la contrainte budgétaire, qui a chuté de 20 points depuis 6 ans. Seul 1/3 des acheteurs considère encore le budget comme une contrainte au développement de ce type d’achat. Cette tendance baissière est sans doute le signe de la prise de conscience qu’acheter responsable n’est certainement pas plus cher si la durée de vie des produits, services ou travaux est prise en compte. Et cette propension est visible aussi lorsqu’on interroge les acheteurs sur leurs priorités : en première position, et pour 43% d’entre eux, ce qui prime dans l’acte d’achat c’est la réduction et la maîtrise des coûts à égalité de priorité (43%) avec la mise en œuvre d’une politique d’achats responsables. Il n’y a pas donc pas d’incompatibilité entre achat responsable et maîtrise des coûts. Concernant les autres priorités, l’innovation progresse fortement (+11points) et l’amélioration de la conformité et la qualité notamment pour les entités publiques se positionne a la deuxième place.

Autre information de ce baromètre, l’importance de la lutte contre la corruption qui apparaît cette année, pour près d’un acteur sur deux, comme un des critères importants dans la mise en place d’une politique d’achats responsables.

 

L’approche du coût global ne prend pas assez en compte l’économie circulaire

 

Concernant l’approche du coût global, les acheteurs ont encore des progrès à faire. 71% d’entre eux appréhendent le coût global (en légère hausse de 2 points), mais seulement 18% systématiquement. Il y a une prise de conscience de la complexité de calcul du coût global notamment lorsqu’il faut englober l’ensemble du cycle de vie du produit et notamment la fin de vie du produit. Mais l’économie circulaire n’est pas assez prise en compte dans la politique d’achats responsables. L’ObsAR et le Commissariat général au développement durable mettent d’ailleurs en place un groupe de travail sur l’économie circulaire pour lever les freins et activer les leviers nécessaires. En outre, l’ObsAR sortira prochainement un guide sur le coût global dans les marchés publics. Il permettra aux acheteurs d’avoir une vision globale et à plus long terme de l’ensemble du cycle de vie.

 

L’allotissement prime toujours dans les marchés publics


Le baromètre apporte aussi des informations sur les pratiques plus spécifiques des acheteurs publics : 87 % des acteurs publics facilitent l’accès des PME en allotissant leurs marchés (ce qui n’est pas une surprise puisqu’elles ont l’obligation de le faire) et 61% ont une démarche active pour solliciter les TPE/PME compétentes qui n’ont pas les moyens de se faire connaître.
Autres spécificités, 38% des acheteurs publics déclarent ne pas avoir atteint leurs objectifs en matières d’achats responsables. Il ressort que pour beaucoup, les objectifs sont très ambitieux et les moyens alloués pas toujours à la hauteur. De plus, de nombreux acheteurs publics ne sont pas encore formés aux achats responsables.

 

 

La norme internationale 20400 sera le nouveau référentiel

 

La professionnalisation des acheteurs en matière de développement durable et de responsabilité sociétale des organisations est en marche. La norme internationale ISO 20400 initiée par la France vient d’être approuvée définitivement. Elle devrait être publiée par l’Afnor dans les semaines qui viennent (voir Focus ci-dessous). Elle sera le nouveau référentiel sur lequel les acheteurs pourront s’appuyer pour leurs achats responsables.

 

 

 

Focus

La norme internationale Achats responsables ISO 20400 définitivement approuvée

Dans un communiqué publié le 6 février, le Médiateur des entreprises, le groupe Afnor, le Conseil national des achats et l’ObsAR se félicitent du vote définitif d’approbation de la norme internationale Achats responsables ISO 20400 pour publication et confirment la future convergence du label Relations fournisseur responsables avec cette norme. Avec le « vote positif de 22 pays, intervenu à l’issue de la consultation close le 31 janvier, en faveur de la publication de cette norme d’ici quelques semaines, […] c’est l’aboutissement de trois ans et demi de travail collectif engagé au plan international par des experts de la fonction achats, de la responsabilité sociétale et d’institutions internationales, et coordonné en France par le groupe Afnor et l’ObsAR ».

Les quatre partenaires avaient décidé, dès mars 2016, de coopérer pour veiller à la cohérence entre l’évolution du label Relations fournisseur responsables et la future norme internationale. « Grâce à la mobilisation de toutes les parties prenantes, un groupe de travail a été lancé en septembre 2016, indique le communiqué. Il est composé d’entreprises et d’administrations, d’organismes évaluateurs et un organisme de normalisation international composé de représentants d’organisations nationales de normalisation de 165 pays certificateurs, ainsi que d’organisations professionnelles. Le référentiel du label a été choisi comme base de travail à enrichir pour intégrer toutes les recommandations de la norme ISO 20400. Grâce à cette convergence, le label répondra à des exigences plus fortes qui lui garantiront la légitimité conférée par la norme ISO. En faisant ainsi évoluer le dispositif du label, les organisations labellisées pourront valoriser l’obtention du label à l’étranger. L’objectif est que les labellisations attendues cette année soient réalisées sur la base du nouveau référentiel ».

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