Environnement

Le WWF mesure « l’empreinte écologique » des villes françaises

Mots clés : Démarche environnementale - Développement durable - Qualité environnementale

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) veut mesurer « l’empreinte écologique » des villes françaises pour tenter de mieux comprendre la pression qu’exerce l’homme sur son environnement. « Il s’agit de mesurer en termes scientifiques l’impact global de l’homme sur la planète, d’établir quelle est la surface dont nous avons besoin pour produire nos biens, puis pour absorber nos déchets », a expliqué le président du WWF-France Daniel Richard.
Cet outil statistique mesure la pression qu’exerce l’homme sur la nature en se basant sur deux éléments: l’utilisation des ressources naturelles et la capacité de la Terre à les régénérer, explique l’organisation écologiste. Cet indice permet anisi d’exprimer en hectares quelle est la surface biologiquement productive nécessaire à une population pour répondre à ses besoins.

Cet indicateur a été élaboré par des chercheurs d’une organisation non-gouvernementale (ONG) américaine, Redefining progress, qui a déjà calculé l’empreinte de plusieurs petites villes californiennes et du Minnesota et doit le faire prochainenement pour les neuf comtés de la baie de San Francisco. Le WWF-France a repris cet outil pour l’appliquer à la plus grande ville française, Paris, et à celle qui vient régulièrement en tête des palmarès des « villes vertes », Besançon.

Selon cette étude, commandée par le ministère de l’Environnement fin 2001, l’empreinte écologique d’un Parisien est de 6 hectares par personne, soit 16% de plus que la moyenne nationale et 313 fois la capacité biologique théorique de la capitale. A Besançon, selon ces calculs, l’empreinte est de 5,2 hectares, soit 1% de moins que la moyenne française mais 26 fois la capacité théorique de la capitale de la Franche-Comté.
Selon l’organisation écologiste, ces estimations sont établies sur des bases prudentes, et n’intègrent pas notamment la pollution de l’eau et le problème des déchets nucléaires « qu’on ne sait pas ramener en termes de surface ».
Encore expérimental, cet indicateur n’est pas suffisamment fiable pour devenir un véritable outil de gestion, reconnaissent les dirigeants du Fonds mondial pour la nature. « Mais il permet de faire le bilan entre actif et passif, comme dans une entreprise, et surtout d’établir des comparaisons dans le temps », selon Daniel Richard.

Sur le plan national, l’empreinte écologique de la France a augmenté de 48% en moins de 40 ans, entre 1961 et 1999, alors que dans le même temps la population n’augmentait que de 27%, a calculé le WWF. « Si le monde entier avait le même impact écologique que la France, il faudrait près de trois planètes pour espérer vivre de façon durable », estime le WWF dans son rapport « Planète vivante 2002 ».
Avec ces indicateurs encore expérimentaux, publiés à quelques jours du sommet de Johannesburg sur le développement durable, le WWF veut modifier progressivement les comportements économiques. « Il faut inventer des indicateurs qui tiennent compte du développement durable, et pas seulement de données industrielles et financières », résume Daniel Richard, qui souhaite que la Banque mondiale prenne en compte ces nouveaux outils.

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