Paysage

Le verre à moitié plein de la fertilisation durable

A l’issue des Etats généraux de l’alimentation, les promoteurs de la fertilisation durable réunis dans le syndicat Afaia se réjouissent des progrès de leur cause. Mais ils dénoncent le flou règlementaire qui préside à la promotion des digestats agricoles.

Avec 1,3 million de tonnes mises sur le marché au cours de sa première année d’existence, le succès de la marque « Fertilisant durable » encourage ses promoteurs : « L’initiative lancée à la Toussaint 2016 fait partie des projets mis en exergue par l’Union européenne, dans le cadre de la préparation de son futur règlement sur les fertilisants », se réjouit Clotilde Pinet, chargée de mission du syndicat des professionnels du recyclage en agriculture (Syprea), membre de l’Afaia, chambre syndicale des fabricants d’amendements organiques, engrais organiques, engrais organo-minéraux, supports de culture, paillages et biostimulants.

 

Le gisement de l’élevage

 

Aux côtés du Club du retour à la terre, cette organisation avait lancé la marque à l’automne 2016, lors d’un colloque sur l’agriculture circulaire. Une seconde rencontre programmée pour le 29 novembre prochain permettra de mesurer le progrès des solutions préconisées par les promoteurs des fertilisants durables, pour favoriser le retour au sol de la matière organique. Le gisement de progrès reste important : les quantités mises sur le marché en 2017 représentent le quart des volumes produits par l’Afaia. Une évolution des critères de la marque favorisera les composts normés.

Plus gros gisement potentiel, les effluents d’élevage concentrent l’attention du syndicat : « Il nous faut progresser dans le captage et le traitement, pour arriver à des produits de qualité reconnue », insiste son président Benoît Jacques. La reconnaissance passe par la recherche : « Il faut prouver la valeur du carbone, au même titre que celles de  l’azote, du phosphore et de la potasse », poursuit Benoît Jacques. La preuve scientifique de l’utilité de la fertilisation organique passe par le programme OptiFaz : pilotée par l’institut technique de l’horticulture Astredhor entre 2018 et 2021, la recherche porte sur la minéralisation de l’azote organique.

 

Flou réglementaire

 

Satisfaits de la médiatisation des thèmes qu’ils portent, les membres d’Afaia regrettent le flou règlementaire et scientifique qui entoure leur activité. Les Etats généraux de l’alimentation ont nourri leur analyse : « La réflexion sur le retour au sol s’est focalisée sur les digestats agricoles, sans s’intéresser suffisamment aux effluents d’élevage et au compostage. Or, le cadre règlementaire qui entoure la promotion des digestats manque de cohérence : les cahiers des charges pour ce type d’équipement se révèlent plus laxistes que les normes et les autorisations de mise sur le marchés », s’insurge Benoît Jacques.

La même appréhension entoure le projet de règlement européen sur les fertilisants, entré cet automne en phase de trilogue entre la commission, le conseil et le parlement européens dans le cadre du paquet Economie circulaire : « La mise sur le marché, sans remise en cause des étiquetages nationaux, risque de renforcer la complexité et l’hétérogénéité des règlementations en vigueur », craint Benoît Jacques.

 

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